LeBel, ex-membre du PQ, a dit à l’accusatrice qu’il ne se souvenait pas de la nuit de l’agression sexuelle présumée.

QUÉBEC – Un ancien politicien provincial du Québec jugé pour agression sexuelle a dit à son accusatrice dans un courriel qu’il n’avait aucun souvenir des événements présumés parce qu’il avait trop bu cette nuit-là, a entendu un jury.

Le courriel a été déposé en preuve mercredi, au deuxième jour du procès de l’ancien député du Parti Québécois Harold LeBel, au palais de justice de Rimouski, au Québec.

LeBel’s écrivait en réponse à un courriel du 21 février 2020 de la plaignante qui l’accusait de l’avoir agressée sexuellement en octobre 2017.

« La lecture de vos mots m’a retourné à l’envers. Je n’ai aucun souvenir de tout cela ….. Je me souviens m’être réveillé à côté de toi et m’être demandé ce que je faisais là. C’est une nuit de beuverie que j’aimerais ne jamais avoir vécue », a écrit LeBel dans son courriel.

Dans un autre courriel, envoyé à la plaignante quelques minutes plus tard, il l’invite à dîner et lui dit :  » Votre lettre m’a bouleversé, mais je vous remercie. Comme je n’avais aucun souvenir, je comprends maintenant ».

La victime présumée, qui ne peut être identifiée, a déclaré au jury qu’elle a essayé pendant des mois d’oublier l’agression et de garder ses distances avec LeBel.

Elle a témoigné qu’elle préférait « mettre cela de côté, dans une petite boîte dans mon cerveau », pour se concentrer sur sa carrière florissante, surtout parce qu’elle savait à quel point LeBel était apprécié.

« J’avais peur d’être celle qui vivrait avec les conséquences de cette affaire. Il avait une grande réputation. Tout le monde était ami avec lui », a-t-elle déclaré.

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Ce n’est que lors de l’arrestation de l’ancien chef péquiste André Boisclair qu’elle a réalisé que les victimes présumées d’agression sexuelle pouvaient cacher leur identité, a-t-elle dit. Après l’arrestation de Boisclair, elle a encouragé les gens à dénoncer les abus dans des messages sur les médias sociaux. C’est à ce moment-là qu’elle a commencé à penser à se manifester.

 » Si vous savez quelque chose et que vous ne dites rien, il pourrait y avoir d’autres victimes « , se souvient-elle avoir pensé. Elle a déposé une plainte auprès de la police le 24 juillet 2020, et LeBel, 60 ans, a été arrêté le 15 décembre 2020. Il a plaidé non coupable à un chef d’accusation d’agression sexuelle.

La plaignante était catégorique sur le fait que LeBel n’était pas ivre la nuit de l’agression présumée, affirmant qu’il avait bu trois ou quatre gin tonics.

« Harold semblait très normal. Nous avions des discussions sérieuses … un discours très cohérent. Ce n’était pas quelqu’un qui était intoxiqué », a-t-elle témoigné.

Elle doit être contre-interrogée par l’avocat de la défense Maxime Roy mercredi après-midi.

Ce reportage de La EssonneInfo a été publié pour la première fois le 9 novembre 2022.

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