Pour eux, c’est bientôt la dernière ligne droite. Ce vendredi 8 septembre coïncide avec la fin des dépôts de listes pour ceux qui souhaitent candidater aux élections sénatoriales. La quasi-totalité des grandes formations politiques envoient leurs champions dans l’arène à l’image du duo Jean-Raymond Hugonet-Laure Darcos pour Les Républicains ou encore Carlos Da Silva pour le Parti socialiste. Certains, à l’image de Vincent Delahaye briguent une réélection au sein de celle qu’on appelle la Chambre haute.

Parmi ces différentes listes, deux veulent s’inscrire dans les valeurs de la majorité présidentielle, en soutien à action du gouvernement et Emmanuel Macron. Chacune a présenté ses membres et ses arguments, avant le dépôt de leur candidature.

Etre dans le camp des « progressistes »

Une seule de ces listes a obtenu l’investiture du mouvement de La République en marche (LREM). Il s’agit de la liste composée par Pascal Fournier. L’ancien maire d’Arpajon et ancien vice-président du Conseil général de l’Essonne a obtenu ce précieux sésame fin août après avoir candidaté quelques mois auparavant. « J’ai reçu l’investiture En Marche pour constituer la meilleure liste possible. Une liste plurielle de différents horizons du département et avec des personnalités de la société civile »,  commente ce dernier. Sur sept personnes, cinq sont encore aujourd’hui élus (dont deux maires) et deux sont issues de la société civile. « A la base, l’objectif fixé était d’ouvrir la moitié des postes à des personnes issues de la société civile, mais finalement nous avons pu en conserver qu’un tiers du fait de cette élection particulière », explique Pascal Fournier. Et la tête de liste de cette équipe est finalement revenue, non pas à Pascal Fournier, mais à Anne Pelletier-Le Barbier, la maire de Bièvres. « Au fur et à mesure de nos discussions, il nous a paru naturel qu’elle en soit la tête de liste, de par son parcours, ses qualités et son ouverture d’esprit », insiste Pascal Fournier. « J’ai accepté la demande de Pascal Fournier pour mener une politique différente, pour faire progresser notre pays et repenser en profondeur les défis de notre territoire », reprend alors Anne Pelletier-Le Barbier, avant d’affirmer « soutenir pleinement Emmanuel Macron » et « vouloir appliquer son programme ».

Du côté de cette liste, on souhaite donc incarner le camp des « progressistes » et faire partie intégrante de la majorité présidentielle une fois élu au Sénat. Ce discours est également partagé par une autre liste. Celle conduite aujourd’hui par le maire de Sainte-Geneviève-des-Bois, Olivier Léonhardt (ex-PS). Ce dernier a d’ailleurs sollicité l’investiture du mouvement du Président de la République. « Nous avons dit au comité d’investiture En Marche que nous étions disponibles et partant pour travailler avec eux. Mais nous ne l’avons pas revendiquée », tient à préciser Michel Berson, sénateur sortant du parti d’Emmanuel Macron, présent en dernière position sur la liste. « Nous visons pourtant de faire partie de la majorité progressistes au Sénat pour soutenir le Président Macron », poursuit celui qui arrêtera sa carrière politique fin septembre.

La liste 'dissidente' En marche, de soutien à la majorité présidentielle (JL/EI)

La liste ‘dissidente’ En marche, de soutien à la majorité présidentielle (JL/EI)

Alors, où se situe la différence entre ces deux listes ? « Nous sommes des élus qui veulent être utiles au pays, renchérit le tête de liste Olivier Léonhardt, qui défend une Essonne forte, juste et respectée. Nous voulons sortir du dogme des appareils politiques. Nous désirons soutenir le président, mais pas que. Nous resterons libres et indépendants, car nous pourrons être aussi dans la contestation. Mais si nous en arrivons là, nous ferons des propositions ». Le maire de Sainte-Geneviève fera donc équipe avec d’autres maires du département, comme Grégory Courtas (Pussay), ou encore Francis Chouat d’Evry.

Un risque qu’elles se marchent dessus ?

A ce rythme, ces deux listes peuvent-elles, sans mauvais jeu de mots, se marcher dessus ? « Nous avons des points en commun, certes, mais je doute fortement que nos programmes soient totalement similaires, note Pascal Fournier. Notre équipe est vraiment composée dans le but de porter sans équivoque le projet d’Emmanuel Macron et pas par intérêt personnel. Nous avons une équipe en capacité de gagner, quand d’autres tentent l’aventure individuelle », pique ce dernier. Du côté de l’équipe d’Olivier Léonhardt on monte aussi au créneau. « Les sénatoriales sont des élections particulières. Qu’En Marche en prenne conscience », lançait alors Francis Chouat. « Ne pas avoir d’étiquette n’est pas un inconvénient pour nous, rajoute Michel Berson. Les Essonniens ne croient plus en ces clivages politiques. Grâce à cela, nous pouvons proposer le rassemblement le plus large possible, avec des gens qui ont l’expérience du terrain. C’est une liste gagnante !  ».

Les frontières entre les deux listes sont donc mouvantes, si bien que certains partis semblent divisés quant à leur positionnement. C’est le cas du MoDem. Deux lignes locales font jour chez les élus et responsables centristes du département. Daphnée Ract-Madoux (MoDem) – candidate estampillée LREM aux législatives en juin – figure en deuxième place de la liste d’Olivier Leonhardt (apparentée En Marche). Une démarche appuyée par le nouveau président du Modem 91 Sourya Zinnoury : « On a commencé à travailler avec Michel Berson sur la constitution de cette liste, c’est une démarche ouverte sur les principes de la majorité présidentielle ». S’il reconnait avoir également été contacté par Pascal Fournier, le responsable Modem assume cette stratégie d’alliance. Un choix qui ne fait pourtant pas l’unanimité au sein de sa fédération. Plusieurs élus du parti de François Bayrou, regroupés autour de l’ancien président du Modem 91 et élu grignois Serge Gaubier « contestent » ce choix de liste dissidente, et annoncent qu’ils appellent à « soutenir la liste officielle LREM » conduite par Anne Pelletier-Le Barbier. Ils entendent ainsi respecter « les travaux et les votes du Conseil départemental du Modem 91 » qui prévoyait, sans accord de parti, de monter une liste autonome. « Je suis avant tout MoDem, confirme Daphnée Ract-Madoux. Il y a une certaine liberté dans cette liste qui me motive et qui conduit mon action ».