« Une dizaine de lycéens qui n’ont pas eu le bac et qui n’ont toujours pas de lycée pour redoubler se réuniront mardi matin devant la DSDEN (l’inspection académique à Evry) » fulmine ce lundi le SNES, syndicat majoritaire dans les collèges et lycées du 91, pour rappeler que, malgré une rentrée présentée comme « réussie » par les services de l’Education nationale en Essonne, il existe des situations tendues dans le département.

Dans un dossier publié la semaine dernière, nous faisions état d’une rentrée scolaire plutôt paisible sur le département (lire l’article). Néanmoins quelques établissements tiraient déjà la sonnette d’alarme sur des situations pour le moins délicates. Une semaine après la rentrée, voici le point sur quelques établissements du département.

Emplois du temps en carton

C’est pour le moins monnaie courante à chaque rentrée scolaire que les problèmes d’emplois du temps. Le lycée Blaise Pascal d’Orsay n’a pas échappé à la règle selon les dires de ses professeurs alors que ces derniers se sont mis en grève ces mardi 5 et mercredi 6 septembre derniers. « Des aberrations ont été constatées dans la construction des emplois du temps », racontait l’un d’eux le jour de la rentrée. La situation a bien évolué depuis puisque les cours ont repris peu à peu depuis le 7 septembre dernier au sein de l’établissement. « Le DASEN a envoyé des renforts, on a des emplois du temps présentables mais on aura sans doute pas l’emploi du temps de nos rêves cette année », se résigne Didier Missenard, professeur de maths à Orsay depuis 1991. « On a quand même des collègues qui viennent travailler 6 jours sur 7. D’autres qui viennent seulement pour une heure alors qu’ils habitent Paris », précise-t-il alors que des parents d’élèves sont montés au créneau. « On espère qu’ils vont prendre le relais ».

Cas similaire du côté de Palaiseau et de son lycée Henri Poincaré où les « emplois du temps sont hallucinants », à en croire Anne-Laure Semenou, professeure du lycée. « Il y a des classes qui ont trop d’heures, d’autres qui manquent d’heures. Des classes à 22 élèves, d’autres à 30. Des classes dans lesquelles il manque des tables, des chaises. Des élèves qui ont deux cours en même temps… », énumère-t-elle, elle qui aurait même été prof principale d’une classe qu’elle n’avait même pas. Ajoutez à cela des relations compliquées avec la direction de l’établissement, et vous obtenez une belle mascarade. Les professeurs ont en tout cas assuré ne pas vouloir reprendre les cours avant que tout ne soit correctement rentré dans l’ordre. « On (ndlr, comprendre la DSDEN) nous a dit qu’on faisait du bruit pour rien », s’offusque Anne-Laure Semenou.

Pressés par le temps, les enseignants ont tenté de mettre la main à la patte pour tenter d’établir des emplois du temps dignes de ce nom. Des emplois du temps qui devaient leur être retournés en ce dimanche soir afin de procéder à la reprise des cours. Ce lundi, force est de constaté que le dialogue a refait son apparition au sein du lycée Henri Poincaré. « On a vu notre chef en lui demandant ce qu’elle proposait, et si elle souhaitait notre aide. Elle l’a acceptée, et a accepté de nous recevoir tout au long de la journée », se satisfait Anne-Laure Semenou alors que les emplois du temps des pros (ndlr; comprendre Bac pro) sont toujours « très problématiques ». « On a trouvé ça très positif, donc on a repris les cours à 9h20 ». Une journée très productive donc du côté de ce lycée où la situation pourrait être totalement réglée en cette fin de journée.

Trop/Peu d’élèves

A Saint-Michel-sur-Orge, où le nombre d’élèves a grimpé dû à l’ouverture d’une nouvelle classe, les professeurs n’ont pas tardé à réagir. Débrayage et grève ont occupés les journées du 5 et du 6 septembre dernier, avant que la Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale (DSDEN) ne réagisse. « On aurait obtenu un demi poste de conseiller principal d’éducation (CPE) supplémentaire. On en demandait un », lâchait Michel Galin ce jeudi après-midi. Un renfort par ailleurs confirmé par la DSDEN, qui ne satisfait néanmoins qu’à moitié les professeurs de l’établissement. « On enregistre des avancées, mais le compte n’y est quand même pas ». Ce jeudi, après une dernière journée de grève effectuée la veille, les cours ont finalement pu reprendre au sein du lycée Léonard de Vinci de la ville. Le préavis de grève un temps évoqué pour le 14 septembre prochain n’a finalement pas été déposé.

Et si le lycée Léonard de Vinci doit faire face à une augmentation du nombre d’élèves, c’est une situation totalement contraire qui inquiète les professeurs du collège Rosa Parks de Villabé. Ces derniers grognent contre la carte scolaire redessinée par le Conseil département qui les ampute, dès cette rentrée, de 3 classes de 6e. « Le Conseil départemental a choisi de reporter les élèves du Coudray-Montceau à Champcueil. On va se retrouver à moitié moins d’élèves d’ici 4 ans », résume Benoit Barrail, représentant syndical SNES, et professeur au collège depuis 8 ans. « On nous dit qu’il y a un programme de construction sur Villabé pour justifier ça, mais ce programme n’apporterait pas assez d’élèves », poursuit-il évoquant l’absence de concertation publique au préalable et la situation délicate de certains de ses collègues. « Il y aura des suppressions de postes. Et c’est souvent ceux qui viennent d’arriver qui doivent repartir. Des profs qui souvent enseignaient en ZEP et qui ont joué beaucoup de points de mutation pour venir ». 

Visé par les représailles, le Conseil départemental essonnien assure être « mobilisé » afin d’améliorer cette situation. S’il dit de pas avoir encore entendu parler de suppression de postes, il explique que le collège Rosa Parks « a atteint dès septembre 2016 sa limite en matière de capacité d’accueil avec près de 630 élèves scolarisés ». Il ajoute ensuite pour justifier ce bouleversement, comme l’évoquait notamment Benoît Barrail, que « les études prospectives réalisées démontraient en outre la poursuite de l’augmentation du nombre de collégiens, due notamment aux nombreux programmes de logement en cours de réalisation dans cette zone ». « La sectorisation de la rentrée 2017 n’est qu’une première étape. Il est étudié différentes solutions afin d’équilibrer les effectifs des différents collèges du bassin de vie », tente ensuite de rassurer le département. Et si les professeurs du collège souhaitent des actions plus rapides de la part du Conseil départemental, des réunions de travail sont prévues en cette fin du mois de septembre afin de trouver des solutions. A noter que, si les cours ont finalement repris, un courrier déposé au Conseil départemental par les professeurs en ce jeudi 7 septembre est quant à lui, toujours sans réponse.