Sur les 2500 salariés du site de Nokia à Nozay, 500 pourraient quitter l’entreprise d’ici 2 ans : c’est l’annonce massue faite par un porte-parole de Nokia, au sujet de sa filiale Alcatel-Lucent, rachetée il y a deux ans. Au total, ce sont 597 postes qui sont amenés à disparaitre dans les deux ans, sur le site essonnien et celui de Lannion (22).

Le plan sera présenté officiellement aux représentants du personnel lors d’un comité central d’entreprise le 18 septembre prochain, mais on connaît déjà les principales mesures concernant l’emploi dans le groupe. Justifiées par la maison mère pour un besoin de « dégager 1,2 milliards d’euros d »économies » d’ici l’an prochain, ces suppressions d’emploi n’impacteraient pas les services Recherche et développement (R&D).

Après son rachat en 2015 par Nokia, le groupe Alcatel-Lucent avait déjà connu un plan de suppression d’emplois, le site de Nozay lui-même ayant connu plusieurs plans sociaux. Le site de Villarceaux, à Nozay qui comptait quelques 3200 salariés en 2013, aura ainsi perdu un tiers de ses emplois en l’espace de 5 ans. Le groupe Nokia annonce un recentrage de ses activités en France, où ses effectifs actuels s’élèvent à 5260 salariés, vers un « pôle d’excellence en matière de recherche-développement sur trois technologies clé : la 5G, la cybersécurité et l’internet des objets ».

Gouvernement et députée saisis

Un énième plan de licenciement que les salariés de Nozay ont appris cette semaine. Une AG du personnel a eu lieu sur le site, et l’intersyndicale (CGT, CFDT, CGC) a décidé de s’opposer aux suppressions d’emploi. « Ils doivent respecter les accords passés lors du rachat, Nokia s’était notamment engagé à faire des embauches en R&D, et aujourd’hui, on est très loin du compte » juge Claude Josserand, délégué syndical central (CGT), qui compte bien profiter du CCE du 18 septembre pour « demander beaucoup plus d’explications ».

Le gouvernement a aussi été saisi, « nous avons un contact avec le cabinet de Bruno Lemaire (ministre de l’Economie), ils vont nous recevoir » indique le représentant du personnel. La nouvelle député (EM) de la circonscription Marie-Pierre Rixain s’est pour sa part déclarée « déterminée à préserver les emplois du site de Nozay et à renforcer l’attractivité de notre territoire » et assure avoir pris contact avec les différentes parties prenantes. « Déterminée? On jugera aux actes » note, incrédule, Claude Josserand.