Après plus d’une heure de négociations, la délégation sort enfin de la mairie de Massy. Constituée notamment d’un responsable municipal, d’un délégué syndical central CGT, ou encore des responsables des ressources humaines des entreprises de nettoyage, STEM et d’ESP, cette délégation avait pour but de statuer sur le sort de 8 travailleurs tout juste virés de leur emploi.

Alors que le ménage des écoles, des gymnases, et des centres de loisirs massicois était assuré par la société STEM, la mairie a récemment décidé de changer de prestataire. Une passe d’armes effectuée le 15 août dernier avec ESP (Europe Service Propreté) qui n’a pas été sans conséquence pour Bakary, Cissé, et six de leurs compagnons. Ces derniers, sans papiers, ont vu les portes des établissements de la ville se refermer devant eux après un petit jour de travail sous leur nouvelle tunique. « ESP a demandé à STEM de les virer pour manque de papiers », précise Didier Sollier de la CGT. « On travail avec la STEM depuis des années. Ils savent très bien qu’on n’a pas les papiers, et du jour au lendemain ils veulent nous mettre dehors, c’est inacceptable », peste Cissé, chez STEM depuis 2013. « Tout le monde est satisfait de notre travail. On n’a jamais eu aucune réclamation. On veut juste être régularisés. Comment on va vivre si on nous met à la porte », ajoute Bakary, lui aussi chez STEM depuis 4 ans.

Rapide et efficace

Arrivés sous les coups de 9h30, les membres de la CGT étaient donc venus pour tenter de mettre d’accord les deux entreprises concernées, ainsi que la municipalité, donneuse d’ordre dans cette affaire. Pour eux la solution est simple : « que les CERFA* soient réalisés le plus vite possible ». « Dans le code du travail, quand une entreprise reprend le marché, il y a une continuité pour les salariés », explique Jean-Claude Augun, membre de la CGT, mandaté pour accompagner les travailleurs sans papiers à la préfecture pour leurs démarches. « Il y a même une circulaire qui leur permet de continuer de travailler pendant l’examen des dossiers ». Ne restait donc plus qu’à convaincre les décideurs de trouver un accord. « On compte sur l’arbitrage du maire pour qu’il fasse pression sur les entreprises », poursuit Didier Sollier.

Force est de constater que cette mobilisation a porté ses fruits. « ESP s’engage à reprendre aux mêmes postes tous les salariés dès leur régularisation », se satisfait la CGT. « Et STEM s’engage à leur donner du travail pendant l’instruction des dossiers ». Une belle satisfaction pour ces 8 travailleurs alors qu’une réunion avec STEM est prévue ce mardi « afin de compléter les 8 dossiers préparés par l’Union Locale, des documents nécessaires à l’obtention de titres de séjour ».

*Documents administratifs officiels