Près de 280 000 élèves pour 20 000 enseignants dans les quelques 1 000 établissements (840 écoles, 100 collèges, 50 lycées) que comptent le département : voici les chiffres clefs de cette rentrée 2017. « Pour cette rentrée, nous avons 3 000 élèves supplémentaires par rapport à 2016, informe Lionel Tarlet, le directeur académique de l’Essonne (DASEN). Nous avons un solde naturel et migratoire très fort, l’un des plus forts de la région d’ailleurs. Cela nous a demandé de faire quelques ajustements par endroits, mais au final, cette rentrée s’est très bien déroulée ». Vendredi dernier, les services du DASEN prenaient ainsi les dernières dispositions concernant les créations et/ou maintiens de classes. « Il y a eu 26 classes créées ou maintenues », commente alors ce dernier. Hormis ces points qui demeurent l’apanage de chaque rentrée, quelques nouveautés sont venues bouleverser les habitudes des milliers d’écoliers essonniens.

Des nouveautés et un grand retour

Des nouveautés, mais aussi devrait-on dire un retour en arrière. En effet, suite à la parution d’un décret fin juin autorisant un retour à la semaine de 4 jours, plusieurs communes du département ont souhaité franchir le pas dès cette rentrée 2017. Au total, elles sont 105 sur les 180 communes de l’Essonne possédant au moins une école. Parmi elles figurent de nombreuses communes rurales du sud du département, mais aussi certaines grandes villes comme Etampes, Draveil ou encore Corbeil-Essonnes. Mais pour le moment, il est encore trop tôt pour faire un premier bilan concernant « ce retour aux sources » comme aiment à le dire certains maires essonniens. Sur ce point le directeur académique ne se fait cependant pas trop de souci. « Le décret a été tardif, mais nous avons travaillé ensemble avec les municipalités par rapport à ce qui pouvait être prévisible », souffle Lionel Tarlet. Des propos repris par le maire de Villebon-sur-Yvette, Dominique Fontenaille. « Dès que nous avons eu vent d’un retour à la semaine des quatre jours, nous avons entamé les discussions avec l’ensemble des acteurs au niveau communal. Le but pour nous était qu’il n’y ait aucun licenciement, notamment chez les animateurs. Et il n’y en a pas eu », se félicite l’édile villebonnais.

Vraie nouveauté cette fois : les classes de CP dédoublés. Ce dispositif voulu et mis en place par le gouvernement d’Edouard Philippe doit permettre aux enfants scolarisés dans les écoles des quartiers placés en réseaux d’éducation prioritaire (REP+), de bénéficier d’un encadrement de meilleure qualité. « 12 enfants par classe, c’est bien mieux que 24, souligne Lionel Tarlet. Il y a plus de places dans la classe pour circuler, chaque professeur peut mettre en place un aménagement spécifique, comme une bibliothèque par exemple. Cela permet aussi aux professeurs de passer deux fois plus de temps avec les élèves, ce qui facilite la transmission du savoir ». Ainsi, près d’un millier d’écoliers sont concernés par ces classes de CP dédoublés en Essonne. « Un millier sur 18 000 CP », renseigne le DASEN. L’ensemble des classes de CP de la commune de Grigny ont dû adopter ce dispositif et quelques écoles de Corbeil-Essonnes et d’Evry. Au total, cela représente 72 classes. Afin de faire en sorte que le dispositif soit le plus efficace possible, l’Education nationale a choisi de donner ces classes à des professeurs chevronnés. « Il n’est jamais facile de faire cours à des groupes aussi restreint. Il y a une pédagogie à avoir, ça ne s’improvise ni ne s’apprend comme ça », explique Lionel Tarlet, qui assure que des formations continueront d’être prodiguées aux enseignants dans les prochaines semaines.

Enfin, nouveauté aussi, plus symbolique cette fois-ci, les écoliers ont débuté leur nouvelle année en chanson. Il s’agissait d’une volonté du nouveau Président de la République, et ce lundi 4 septembre fut le moment de la mettre en application. « C’est une vertu de joie qui permet de désinhiber la timidité », lance le DASEN. Dans l’une des écoles de Villebon-sur-Yvette, les écoliers ont ainsi repris les chansons qu’ils avaient apprises l’an dernier. « On reprend les chansons de l’année dernière et ça va faire comme s’il n’y avait pas eu de coupure cet été », expliquait alors une enseignante à l’ensemble des écoliers.

Quelques fritures sur la ligne

« Sur les 5 dernières années, cette rentrée restera l’une des plus ‘faciles’ pour nos services », se réjouit Lionel Tarlet. Pourtant, par endroits, il y a eu tout de même quelques couacs. Outre les quelques cent élèves encore sans lycées – « nous faisons des propositions chaque jour aux familles », affirme le DASEN – certaines équipes pédagogiques sont déjà montées au créneau. C’est le cas du lycée De Vinci de Saint-Michel-sur-Orge. Cet établissement qui a vu ses effectifs grimper avec la création d’une nouvelle classe ne possède plus assez de personnel encadrant. « Le lycée atteint la saturation et la sous-dotation en moyens humains et matériels », indique Emmanuel Dreyfus, professeur d’histoire-géographie et membre du SNALC. « Depuis le mois de juin, nous demandons à l’académie de nous ouvrir des postes de conseiller principal d’éducation (CPE) et d’assistants d’éducation notamment. Mais pour le moment, rien ne bouge », regrette Michel Galin, membre du SNES-FSU. Une délégation était reçue ce lundi midi. A défaut d’avoir une réponse favorable, le corps enseignant du lycée menace de mettre en application le préavis de grève qu’il a déposé dès ce mardi 5 septembre. Pour sa part, le DASEN avance qu’une solution va leur être proposée d’ici la fin de semaine. « Nous les avons entendu, nous allons leur proposer des choses », certifie Lionel Tarlet.

Le corps enseignant du Lycée De Vinci ont manifesté ce lundi matin devant l'inspection académique (JL/EI)

Le corps enseignant du Lycée De Vinci ont manifesté ce lundi matin devant l’inspection académique (JL/EI)

La grogne a aussi perturbé une classe à Vert-le-Grand. Dans cette école, il était peut-être question de fermer une classe. « Pour le moment, la décision n’est pas prise. Il doit y avoir des recomptage et si les effectifs sont là, la classe sera maintenue. Nous nous réunirons ce jeudi en comité technique pour prendre la décision », reprend le DASEN.

Quelques inquiétudes aussi au niveau du lycée Blaise Pascal d’Orsay. Certains professeurs ont fait remonter des problèmes organisationnels en cette rentrée, comme des emplois du temps fournis à la dernière minute, ou de nombreuses « aberrations constatées dans la construction des emplois du temps ». Mais pour Lionel Tarlet, il s’agit d’un « non-événement ». « Tout était fait en temps et en heure. Il y avait quelques incohérences dans les emplois du temps, mais tout a fini par rentrer dans l’ordre en fin de matinée ». « Faux ! », lancent quelques professeurs qui dénoncent le travail de l’administration du lycée.

A Villabé, c’est durant ces journées de pré-rentrée que la grogne monte chez le corps enseignant, qui prépare une action jeudi matin. « Cela fait quelques mois qu’on a appris que le Conseil départemental a changé la sectorisation, pour l’heure nous avons une moitié d’élèves de Villabé, une moitié du Coudray, soit 300 et 300, cette année ils changent le secteur, et les 300 de Coudray vont aller à Champcueil, sur 4 ans » décrit Marie Chardonnet enseignante et membre du Snes. Selon elle, dès cette année, « on perd 3 classes de 6ème » et à terme, sans révision plus vaste de la carte scolaire sur ce territoire, cela reviendrait à « sacrifier un collège », pourtant vieux de seulement 10 ans.