C’est devenu en un peu plus de 15 ans un des lieux phares de l’été en Essonne. La petite commune de Janvry – 600 âmes – met à disposition de ses habitants et des villes avoisinantes son ‘bar de la plage’, ce chaque jour de juillet et août. Dans la cour de la ferme, propriété de la commune où se tient aussi chaque année le marché de noël, transats, sable fin, terrasse et piscine gonflable sont mis à disposition jusqu’au soir, pour le plus grand bonheur des familles et personnes âgées.

Le tarif d’entrée est une adhésion de 5€ au comité des fêtes, qui permet à chaque personne de bénéficier tout l’été de ce site dédié à la détente. Ce ‘prix’ d’entrée est l’argument massue choisi par la préfecture, qui a pris la décision de faire fermer « temporairement » l’espace baignade, assimilé à une piscine publique. La préfète Josiane Chevalier a publié un arrêté en date du vendredi 4 août, dans lequel elle relate un contrôle de la Direction départementale de la cohésion sociale sur place. Selon les services de l’Etat, « plusieurs manquements ont été constatés » au Bar de la plage de Janvry.

Le 24 juillet, une mise en demeure était envoyée à la municipalité de Janvry, lui intimant l’ordre de se conformer à la règlementation en vigueur en matière de baignade aménagée. Il lui est ainsi reproché pêle-mêle, des « qualifications non requises en matière d’encadrement ou de surveillance de natation », des « normes d’hygiène et de sécurité applicables aux piscines non respectées » ainsi qu’une « obligation de déclarer les personnes d’encadrement non conforme ». La préfète précise enfin que la fermeture restera en vigueur « jusqu’à la mise en conformité avec les obligations règlementaires ».

Une décision qui n’a pas manqué de surprendre du côté de la commune, Christian Schoettl la comparant à « un gag ». C’est un maire « un peu enervé », que nous retrouvons au téléphone depuis son lieu de villégiature, mais qui a suivi à distance ce dossier ô combien sensible pour sa petite commune. « On a eu une visite d’un inspecteur de la DDCS qui nous a dit venir ‘par hasard’, mais qui est revenu ensuite nous dire qu’il requalifiait le Bar de la plage en bassin type piscine, avec une liste longue comme le bras d’obligations » relate-t-il. Selon lui, l’espace baignade correspondait jusque là à une piscine d’hôtel, « sans entrée payante », d’où l’adhésion proposée aux visiteurs.

Selon Christian Schoettl, « on est dans l’absurde » avec une telle décision, rappelant qu’il s’agit « d’un bassin de 80 cms de profondeur et 4 mètres de large ». Celui-ci conteste ainsi l’arrêté et a envoyé un recours gracieux à la préfète. Il affirme que le changement de qualification du bassin de baignade « serait un abus de pouvoir » des services de l’Etat, et se montre décidé à ne pas accepter la fermeture. Il assume ainsi laisser ouvert pour le moment le ‘Bar de la plage’, « à nos risques et périls comme on nous l’a dit ». En attendant la réponse à son recours gracieux, il précise qu’il n’hésitera pas à déposer un référé, et si cela ne marche pas, « il n’y aura plus de bar de la plage » lâche-t-il.