A l’heure où les villes se bousculent pour embellir leurs quartiers, attirer des « street-artistes », et favoriser l’art sous toutes ses formes, il existe des lieux imprégnés d’oeuvres presque tombés dans l’oubli. La ville nouvelle d’Evry, bâtie dans les années 70, a depuis sa conception attiré un grand nombre d’artistes, plasticiens, sculpteurs ou architectes de renom. C’est particulièrement le cas dans le quartier des Pyramides d’Evry, ex-Evry 1, où se trouve notamment le fameux déambulatoire de Gérard Singer.

Une partie des grandes Pyramides, du côté du secteur du Dragon, ont été conçues par l’architecte Michel Macary. Cet urbanisme totalement novateur à l’époque, pour ce quartier voulu à l’échelle humaine, est devenu le symbole de la ville nouvelle. Il est aujourd’hui en rénovation avec plusieurs transformations d’espaces publics en cours, aux Miroirs comme du côté de Jules Vallès. Il subsiste toutefois de nombreuses traces de ces expérimentations architecturales, à l’image du travail sur les façades réalisé par Bernard Lassus.

Rendre belle la ville

Cet architecte, paysagiste et plasticien compte parmi ses projets menés à terme la construction de jardins urbains, l’aménagement de quais, ou des colorations d’édifices, dans de grandes villes de province comme certaines capitales européennes. Entre 1973 et 1974, il se penche avec Michel Macary sur les façades d’immeubles d’un lot en construction aux Pyramides, tout au sud du quartier. Il y met au point des motifs rappelant la nature et la végétation, pour ces logements qui ont la particularité d’avoir de larges terrasses.

Ses prototypes et compositions pour les Pyramides, en image ou en testant les effets de la matière, font partie de l’exposition temporaire proposée cet été par le centre Pompidou consacrée à Bernard Lassus. A côté de l’exposition permanente du musée national d’art moderne, Beaubourg offre ainsi un « focus » sur cet « art de la transformation : le paysage ». Outre ses travaux d’Evry à Istres ou Rochefort, un jardin artificielle sur la terrasse du 5ème étage permet de s’immerger dans l’univers poétique de Benard Lassus. Un voyage intéressant dans l’univers de l’architecte paysagiste, qui rappelle qu’il y’a plusieurs façons de concevoir la beauté dans la ville.

  • « Le paysage est une question de regard, un regard qui relie, un regard qui instaure des continuités et organise de possibles relations entre les hétérogénéité du monde visible » présente le centre Pompidou
  • « Bernard Lassus, un art de la transformation : le paysage », jusqu’au 28 août au Musée national d’art moderne (les infos sur le site de Beaubourg)
Les prototypes de Bernard Lassus des façades d'Evry présentés à Beaubourg jusqu'à fin août

Les prototypes de Bernard Lassus présentés à Beaubourg jusqu’à fin août (JM/EI)