Au départ de Düsseldorf le 1er juillet dernier, ils étaient 198. A l’arrivée à Paris trois semaines plus tard, les effectifs ont légèrement dégraissé pour atteindre le nombre de 167. Voici donc le total de ceux que nous pouvons appeler les « rescapés » du Tour de France 2017. Entre les Froome, les Bardet, les Aru, les Uran et autres stars du sprint comme Sagan, Cavendish et Greipel, figurent notamment deux Essonniens qui ont pris le départ de la dernière étape à Montgeron (Lire notre article).

Gallopin le dur au mal

Le premier n’est pas un novice, loin de là. En effet, l’Angervillois Tony Gallopin, coureur de l’équipe belge de la Lotto-Soudal, concluait ainsi son septième Tour de France. Une épreuve qu’il a d’ailleurs bien mieux terminée qu’il ne l’avait commencé. Pour rappel, le coureur du Sud-Essonne avait fait partie des malchanceux de la première étape. A l’instar de Valverde ou d’Izagirre, celui-ci avait violemment tâté le bitume avant de s’encastrer dans les barrières en bordure de la chaussée. Relevé avec une entorse à la cheville, il avait pourtant conclu le contre-la-montre inaugural à la dernière place avant de galérer à l’arrière du peloton dans les premières étapes de ce Tour. Mais l’important pour lui était de finir. « C’est sans doute le Tour qui a commencé le plus difficilement pour moi », reconnaît le coureur de 28 ans, avant de ponctuer : « Mais c’est aussi celui que je finis le moins épuisé », remarque-t-il un sourire aux lèvres, lui qui terminé à la 21e place du général.

Et pourtant, vu les derniers jours de course, il peut être difficile de croire que l’Essonnien ne soit pas épuisé. Durant la dernière semaine, il était quasiment tous les jours à l’avant. « Dès que je me sentais bien, je partais à l’attaque », confie celui qui aura passé plus de 500 km dans les échappées.

« C’est dommage qu’il n’y ait pas eu trop d’étapes réservées pour les baroudeurs cette année. Une fois je ne suis pas passé trop loin de la victoire », rappelle Tony Gallopin, c’était sur les routes d’Auvergne au Puy-en-Velay, où il a pris la troisième place de l’étape. Le lendemain, celui-ci effectuait un nouveau top 10 sur une étape dite de sprinteurs, avec une inattendue septième place.

Le voyage intérieur d’Offredo

Le second Essonnien comptait parmi les néophytes du Tour, comprenez ceux qui n’avaient encore jamais participé à la Grande Boucle. Yoann Offredo en fait partie. Le coureur de 30 ans, originaire de Linas-Montlhéry découvrait ainsi ce que cela faisait de passer un mois de juillet entier sur un vélo. Et cela ne l’a pas laissé indifférent. « C’est une expérience très singulière et particulière, affirme ce dernier. J’ai connu des moments magiques sur ce Tour. Je suis passé par différents états entre mes échappées en début de Tour et la maladie en fin de compétition. J’ai même perdu des kilos. J’étais parfois à deux doigts de de mettre pied à terre. C’est une victoire pour moi d’en être arrivé jusque-là », assure le coureur de Wanty-Groupe Gobert. Mais à en voir la photo de ses proches scotchée sur le cadre de son vélo, il est plus simple de voir où le grand Yoann Offredo a trouvé sa motivation dans les moments les plus durs. « Cette course vous permet d’en apprendre beaucoup sur vous, sur qui vous êtes vraiment. Ça a permis de lever des barrières », dit-il sur un ton très réfléchi.

Yoann Offredo est ressorti "grandi" de son premier Tour de France (JL/EI)

Yoann Offredo est ressorti « grandi » de son premier Tour de France (JL/EI)

Le retour au bercail

Et pour cette dernière étape, nos deux Essonniens ont eu la chance de revenir sur leurs terres et parfois même sur leurs routes d’entrainement. « Ça fait toujours plaisir de revenir ici. On emprunte la N20 et la N6, on ne passe pas très loin de l’aéroport d’Orly, ce sont des repaires que je connais bien », assure Tony Gallopin qui se rappelle être venu plusieurs fois à Montgeron dans sa jeunesse. « J’ai dû faire quelques courses de jeunes dans le coin, mais surtout, je me rappelle de Montgeron car j’y ai fait des chantiers de couvreur dans ma jeunesse avant de commencer ma carrière », sourit celui qui habite désormais du côté d’Angerville.

Pour sa part, Yoann Offredo a dû profiter aussi du moment. Le coureur de Linas-Montlhéry s’est arrêté sur la route entre Epinay-sur-Orge et Longjumeau pour saluer des proches qu’il n’avait sans doute pas vus depuis près d’un mois. Quoiqu’il en soit, le coureur essonnien arrive à faire la part des choses et semble savoir ce qu’il veut : « Maintenant, il va être difficile pour moi de passer le mois de juillet autre part que sur le Tour de France ».

Dans la roue des rescapés du Tour