Vous ne pourrez pas le rater, tant ses 2,03 m ne passent pas inaperçus. À moins qu’il ne soit déjà dans la voiture officielle, auquel cas vous n’entendrez que sa voix. Originaire de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne), où il a notamment été coureur puis président le La Pédale Combs-la-Villaise, le club de cyclisme de la ville, Antoine Poncet marche doucement mais sûrement sur les traces de Daniel Mangeas, illustre voix du Tour pendant près de 40 ans. « La première fois que j’ai été testé pour savoir si j’allais pouvoir commenter sur le Tour de France, c’était d’ailleurs avec lui, se souvient le Seine-et-Marnais. C’était sur le tour de Picardie en mai 2014 ». Mais c’est bien un autre speaker qui lui a mis le pied à l’étrier : « En 2011, lorsque j’ai raccroché le vélo, Gilles Dondelinger, mon président, m’a proposé de commenter les courses du club. Par la suite, j’ai rencontré Jean-Paul Sénéchal, un ancien speaker, qui m’a proposé de le remplacer. J’ai trouvé que c’était un moyen sympa de rester dans le vélo ». Une nécessité pour celui qui a notamment avaler les kilomètres aux côtés de coureurs professionnels comme Jimmy Turgis (Cofidis) ou Kenny Elissonde (Sky).

Depuis, il a roulé sa bosse, enchaînant les courses, qu’elles soient départementales, régionales, et bientôt nationales. Si sa première épreuve commentée remonte à ses 19 ans, lors d’une organisation de son équipe à Chaumont-en-Brie (Seine-et-Marne), celui qui va en avoir 26 dans quelques semaines affiche aujourd’hui à son CV plusieurs courses professionnelles de haut standing : Paris-Nice, le Tour de Picardie et bien sûr, cerise sur le gâteau, le Tour de France : « Lorsque j’ai appris que les organisateurs cherchaient des speakers pour remplacer Daniel Mangeas, j’ai postulé, explique-t-il. Et après avoir été retenu dans une liste de 20 speakers et testé, j’ai finalement été sélectionné ». 

« Le Tour ? Une véritable chance de pouvoir faire ça ! »

En 2014, il fait donc ses premiers pas sur la Grande Boucle, à l’occasion de deux étapes : « En lien avec Radio Tour, j’étais à bord de la voiture info Vélo magazine, chargé d’informer le public massé au bord de la route, raconte-t-il. J’ai couvert la 4e étape entre Le Touquet et Lille, puis la 5e entre Ypres et Arenberg Porte du Hainaut. C’était une véritable de chance de pouvoir faire ça ! ». Une première marquante puisqu’il assiste à l’abandon de Christopher Froome. 
L’année suivante, il ne sera pas retenu, mais fera son retour en 2016 et 2017, toujours dans la voiture information, avec cette année le privilège d’officier pour la première fois durant les trois semaines du Tour :
 « C’est plus sympa, on voit la course dans son ensemble, on mesure le privilège qu’on a, reconnaît-il. Nous avons l’avantage d’être au cœur de la course, au contact des coureurs et du public qui attend ça depuis des mois. On sent l’ambiance générale, et je peux vous dire que Christopher Froome n’a pas la côte ! (rire) ». 

Conscient que personne n’est installé et qu’il faut sans cesse faire ses preuves, le jeune homme n’hésite pas à diversifier ses animations : « J’essaie de faire autre chose, de commenter des évènements différents pour ne pas m’enfermer dans le vélo même s’il ne reste jamais bien loin », confie celui qui travaille par ailleurs pour une société de production de travaux publics. Au programme notamment : VTT, course à pied, téléthon, mais aussi des animations communales comme la Fête du vélo organisée à Montgeron le 4 juin dernier. Un événement qui l’a une fois de plus amené sur les terres essonniennes qu’il connaît si bien pour y avoir déjà commenté plusieurs épreuves : nocturnes de Brunoy et Vigneux, cyclo-cross de Fontenay-les-Briis, Les Biscornes de Montlhéry ou encore le Prix du Conseil municipal de Montgeron.

Alors, à quelques jours de la dernière étape de la Grande Boucle 2017, qui partira justement ce dimanche 23 juillet de la commune de la célèbre auberge du Reveil-Matin, l’animateur s’attend à vivre un moment particulier : « D’abord, parce que c’est de là que c’est élancée la première édition du Tour de France, en 1903, précise-t-il. Ensuite, parce que c’est à quelques kilomètres de la maison. Il y aura donc des proches et de la famille. Ce sont des moments qui vont rester ». Si les coureurs traverseront notamment  Athis-Mons, Juvisy, Viry-Châtillon, Morsang-sur-Orge, Villemoisson, Epinay-sur-Orge, Longjumeau, Chilly-Mazarin et Massy avant leur arrivée sur les Champs-Élysées (consultez notre carte), Antoine Poncet, lui, sera très vite de retour en Essonne. Le 31 juillet, il sera au micro du critérium professionnel de Longjumeau. Une épreuve sur laquelle il devrait retrouver le maître en la matière. Un certain… Daniel Mangeas.

Le Souvenir Laurent Fignon 

Outre sa casquette de speaker, Antoine Poncet est également à l’initiative de la création du « Souvenir Laurent Fignon », une course en l’honneur du célèbre cycliste français décédé en août 2010. « Après sa mort, j’ai proposé au président du club de l’époque de mettre en place un évènement en sa mémoire, explique-t-il, il ne faut pas oublier qu’il a pris sa première licence en 1976 à la Pédale Combs-la-Villaise ». Organisé tous les ans en septembre, le Souvenir Laurent Fignon constitue l’une des courses régionales les mieux organisées d’Île-de-France.