Les traits sont marqués chez certains, l’air grave domine, et quelques uns arborent des lunettes de soleil pour ne rien laisser échapper de leur émotion. Ce mercredi soir, sur le parvis de la gare de Brétigny, plusieurs dizaines de personnes assistent à la cérémonie commémorant les 4 ans de l’accident ferroviaire de Brétigny. Les officiels sont réunis devant l’entrée de la gare, ce qui interroge les usagers sortants de leur RER C en cette fin d’après-midi. Guillaume Pepy, le président de la SNCF, est présent tout comme la nouvelle secrétaire d’Etat aux transports Elisabeth Borne. A leurs côtés, les maires de Brétigny et des communes proches, la préfète Josiane Chevalier ou encore la nouvelle députée Laetitia Romeiro-Dias.

Dans l’assistance, outre de nombreuses forces de police disséminées, les proches des victimes, plusieurs blessés lors de l’accident ou encore des habitants de Brétigny qui ne peuvent pas oublier le drame. Les représentants de l’association ‘Entraide et solidarité’ des victimes de l’accident prennent la parole. Des déclarations qui en disent long sur l’amertume ressentie par ces accidentés. « Malheureusement les conséquences de ce drame sont toujours là » lâche une personne qui porte toujours sur elle les séquelles de l’accident, « il n’y a plus de considération, de respect pour les usagers ». Même critique à peine voilée envers la compagnie de chemin de fer pour une autre victime : « il y a eu un problème d’entretien des voies, ça aurait pu arriver ailleurs », regardant le président de la SNCF présent, qui réagit en baissant la tête.

Quatre ans après le drame, les circonstances de l’accident interrogent toujours autant ces familles, qui attendent que la justice boucle la procédure et condamne les responsables. Plusieurs rapports sont en effet venus confirmer le défaut de maintenance des voies comme cause probable du déraillement. La responsabilité de la SNCF est également engagée dans le cadre de l’enquête, avec d’éventuelles dissimulations d’éléments vis-à-vis de la justice révélées par la presse (lire notre articleabonnés). « Les années passent, la douleur reste » a ensuite développé Nicolas Méary, le maire de la commune, « nous attendons la décision de justice, pas pour stigmatiser, mais pour clarifier les faits, les causes, les responsabilités. Les victimes ont besoin de cela pour passer à autre chose ».

De son côté, la nouvelle secrétaire d’Etat aux transports Elisabeth Borne a assuré que « les leçons ont été tirées » de l’accident de Brétigny, et que l’entretien et la remise à niveau du réseau « sont un incontournable » qui figurent au sommet des priorités.

Notre dossier sur l’accident de Brétigny : quatre ans d’archives, de reportages et d’analyses