Didier Deschamps doit faire preuve de prudence pour préparer la défense de la France à la Coupe du monde au Qatar.

Plusieurs millions de Français suivront avec un intérêt particulier le journal télévisé de mercredi sur TF1, la chaîne publique française. C’est devenu une tradition pour le sélectionneur de l’équipe nationale d’annoncer, en direct au plus grand nombre, les noms des joueurs qui représenteront les Bleus en Coupe du monde.

Cette mise en scène rituelle n’est pas forcément de bon augure. En 2010, lorsque la Fédération française a instauré le dévoilement en direct, à l’heure de pointe, des sélections pour la Coupe du monde, les joueurs cités ont, en quelques semaines, organisé une grève, refusant de s’entraîner dans leur malheureuse et hargneuse base d’entraînement en Afrique du Sud.

Didier Deschamps, nommé entraîneur pour la Coupe du monde suivante, doit encore faire face aux retombées de cette campagne toxique quatre ans plus tard.

Au moment du tournoi de Russie en 2018, Deschamps se sentait plus confiant dans ses hommes. Lorsqu’il a énuméré cette équipe, une partie avec quelques omissions notables, il a senti qu’ils pouvaient aller loin. Il se rend à sa troisième Coupe du monde en tant que sélectionneur – et sa quatrième en tout ; il a été capitaine des vainqueurs de la France en 1998 – à la tête des champions en titre.

On peut se demander combien de ces champions il emmènera au Qatar. Vingt-quatre heures avant que Deschamps ne lise sa liste de 26 joueurs – ou peut-être 25 ; il pourrait ne pas utiliser la totalité de l’allocation élargie par la Fifa s’il soupçonne qu’un joueur de champ en queue de peloton pourrait être mécontent de n’être sur le banc que pendant toute la durée de la compétition – il vérifiait encore les problèmes de forme physique importants.

Le défenseur français de Manchester United, Raphael Varane, en larmes après s'être blessé à Stamford Bridge, à Londres, le 22 octobre 2022. AFP

Parmi eux, Raphael Varane, qui, il y a deux semaines et demie, a quitté en boitant le terrain lors du match nul de Manchester United contre Chelsea, en larmes. Il craignait qu’une vive douleur à la cuisse ne mette en péril sa Coupe du monde. Varane ne jouera aucun des deux derniers matches de Manchester United avant la pause du football de club pour le tournoi du Qatar, mais il a indiqué à Deschamps que sa convalescence se déroule bien.

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Deschamps apprécie Varane, un pilier de la défense des Bleus en Russie, et il sait bien pourquoi le joueur s’est senti si désemparé lorsque la blessure a frappé contre Chelsea. En 2016, Deschamps a dû exclure Varane de sa sélection pour le Championnat d’Europe, un tournoi organisé en France, car le défenseur avait souffert d’une blessure musculaire pendant la période précédant le tournoi.

L’entraîneur a une ligne stricte. Avec l’expérience que j’ai accumulée », a déclaré Deschamps, faisant référence à sa carrière de joueur et de dirigeant, « je sais qu’il ne faut jamais mettre le feu aux poudres ». [for a tournament] avec un joueur qui n’est pas prêt à débuter le premier match. »

Définitivement exclus de la tentative de remporter des Coupes du monde successives sont N’Golo Kante, avec un problème aux ischio-jambiers, et Paul Pogba, dont la blessure au genou et les complications ultérieures l’ont même empêché de faire ses débuts avec la Juventus, qu’il a rejoint en provenance de United cet été. Leurs absences signifient que le cœur du milieu de terrain des Bleus du succès de 2018 doit être remplacé.

Adrien Rabiot, de la Juve, assumera une partie de leurs responsabilités. Lorsque son nom sera lu, un curieux parcours aura été accompli. Il y a quatre ans, Rabiot avait été désigné comme réserviste de secours, en cas de blessure tardive de l’un des 23 nommés dans la sélection pour la Russie. Il a refusé d’être considéré, ce qui lui a valu une période d’exil des plans de la France et une relation glaciale avec Deschamps.

Rabiot n’est pas le seul Bleu à avoir une histoire trouble avec le manager. Karim Benzema n’est revenu à la compétition qu’il y a 20 mois, après cinq ans d’absence, suite à une grave brouille avec Deschamps.

Benzema, détenteur du Ballon d’Or, cause aujourd’hui un autre genre de maux de tête. Il a manqué huit matches du Real Madrid cette saison en raison de problèmes musculaires et n’a pas été aligné lors de la défaite de lundi contre le Rayo Vallecano.

Le défenseur du Paris Saint-Germain Presnel Kimpembe n’a été en forme que pour 70 minutes d’action au cours des deux derniers mois, Lucas Hernandez du Bayern Munich pour seulement 26 minutes depuis la mi-septembre, et Wesley Fofana pas du tout depuis qu’il s’est blessé au genou en jouant pour Chelsea début octobre.

Avec le Barcelonais Jules Kounde qui lutte également pour sa forme physique, cela fait quatre partenaires défensifs potentiels de Varane – ou de ses remplaçants – avec des points d’interrogation. La forme récente de William Saliba, d’Arsenal, offre une certaine compensation.

De même, si Benzema se montre prudent, les récents exploits d’Olivier Giroud pour l’AC Milan constituent une bonne nouvelle pour Deschamps. Giroud en avant-centre, avec Kylian Mbappé et Antoine Griezmann dans son dos, était un élément incontournable de Russie 2018, même s’il n’a pas disputé la Coupe du monde.

Sa place dans la hiérarchie a glissé avec le retour international de Benzema, mais Giroud est un éternel recommençant. À 35 ans, il vise le record de buts de l’histoire de la France. Il lui en faut trois pour dépasser les 51 de Thierry Henry. Il vise le plus grand événement sportif comme étape pour atteindre cette marque.

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