Costco Wholesale, littéralement Costco « de gros », vient de faire son apparition sur le sol français. Après Starbucks en 2004 et Burger King en 2012, un nouveau géant américain de l’alimentaire arrive donc au pays du vin, du fromage, et de la nourriture raffinée. Un cliché me direz-vous ? Pas tant que ça, et vous allez comprendre pourquoi.

Cette fois-ci, pas de café ou de fast-food donc, ou plutôt si, puisqu’on y trouve tout à la fois. Seconde enseigne mondiale de grande distribution derrière Wal-Mart, Costco affiche plus de 115 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2016. Des bons résultats qui poussent aujourd’hui la société à conquérir de nouveaux marchés en Europe.

13 750 m2 de produits

Installé depuis le 22 juin à quelques mètres du Grand Dôme de Villebon-sur-Yvette, le premier Costco du pays s’étend sur 120 mètres de long, 100 m de large et 9 m de haut pour une superficie totale de 13 750 m2. Le « club-entrepôt », comme il convient de  l’appeler, est un véritable temple de la consommation où s’amoncellent des tonnes de produits divers et variés, en des quantités inimaginables. De quoi faire passer les grandes surfaces habituelles pour des épiceries de quartier : « Là-dessus, c’est fidèle à ce qu’on trouve aux Etats-Unis, sourit Mary. Même si le parking est beaucoup plus petit ! ». Originaire du Texas, cette professeure d’Anglais vit en France depuis plus d’un an. Après quelques mois passés à Lyon, elle s’est établie en région parisienne. Elle peut donc aisément faire la comparaison entre les deux modes de consommation : « Je trouve ça dommage, glisse-t-elle. La France perd de son essence en s’ouvrant à ce genre de magasins ».

Avant d’entrer dans la caverne d’Ali Baba, pas de célèbre formule à prononcer mais un précieux « sésame » à contracter. Beaucoup moins classe et surtout beaucoup plus long. Car c’est là la première différence avec les Etats-Unis : impossible d’accéder au magasin sans avoir auparavant souscrit à une abonnement annuel : « Chez nous, on peut entrer dans le magasin sans être abonnéprécise Mary. En revanche, et c’est pareil en France, on ne peut payer que si on possède la carte du magasin ». Cette dernière, obtenue via un abonnement annuel de 36 euros, est en effet incontournable pour faire ses courses : « Nous ne permettons plus à nos clients de rentrer sans abonnement car nous nous sommes rendus compte durant les premiers jours que beaucoup n’avaient pas compris le principe et se retrouvaient à bloquer les caisses sans pouvoir payer », explique pour sa part le magasin.

La particularité de Costco : tout est présenté dans son emballage de livraison. Pas de publicité et de packaging et des coûts cassés pour l'entreprise (MB/EI).

La particularité de Costco : tout est présenté dans son emballage de livraison. Pas de publicité et de packaging et des coûts cassés pour l’entreprise (MB/EI).

À défaut de faire la queue à la fin, il faut donc la faire au début : trente minutes d’attente pour un lundi matin, imaginez ce que ça doit être le week-end… Le temps de remplir un formulaire*, d’être pris en photo et de payer, vous voilà détenteur du laissez-passer « privilège » qui vous permet – en sus ! – de faire vos courses dans tous les Costco de France et de Navarre ! « C’est un peu étrange, s’interroge Mary, on a quand même l’impression d’être obligé de payer même si on veut juste découvrir les lieux, ce qui est normal lorsqu’un magasin arrive comme ça dans un nouveau pays ». Pas de panique, l’enseigne promet le remboursement intégral de votre cotisation si vous n’êtes pas satisfait, et ce, dès le premier jour. Le cas échéant, vous repartez avec un sac dont les dimensions n’ont d’égales que la taille de la maison, et pouvez également obtenir gratuitement une « carte additionnelle » pour un membre de votre famille.

Une fois à l’intérieur, c’est le Ikea de la grande distribution, tout est présenté sur de grands échafaudages. À l’entrée, de l’électroménager, des frigos XXL et des téléviseurs qui frôlent les trois mètres de large. Au centre, des vêtements et des jeux (géants) pour enfants. Le reste, lui, n’a pas encore d’équivalent en France : boîtes à outils d’un mètre de haut, packs de Coca-Cola de 30 cannettes, pots de bretzels d’1,3 kg, bidons de jus d’orange de 3,78 litres, bidons d’essence de 20 litres… On se croirait dans Arthur et les Minimoys. 
Pour réduire les coûts et dégager le plus de marges possibles, le géant américain a volontairement opté pour le gros. Il a également délaissé la pub et la notion de packaging au profit du « brut de décoffrage ». Résultats, des prix parfois (mais pas toujours) attractifs si vous avez de quoi stocker. En revanche, il faudra repasser pour les produits à l’unité.

Assez impressionnants ces réfrigérateurs géants... (MB/EI).

Assez impressionnants ces réfrigérateurs géants… (MB/EI).

« Le rayon des vins est plus fourni »

Sur les côtés, entre les immenses congélateurs et l’espace « fruits et légumes », certains rayons fleurent bon le « made in USA ». Au plus grand bonheur de Mary : « C’est typique ! s’enthousiasme-t-elle. C’est la première fois que je vois ça en France ». Et nous aussi. Face à elle, des palettes entières de Gatorade, célèbre boisson énergétique outre-Atlantique, du sirop de chocolat Hershey’s, du jus de fruit Tree Top et Jarritos, ou encore du café Kirkland et… Starbucks. Sans oublier la Budweiser, la traditionnelle bière américaine, vendue –avec modération – par packs de 24 bouteilles.

Dans cet océan d’abondance où on trouve tout, mais avec peu de choix (seulement 3 800 références contre 70 000 dans un Hypermarché standard), reste les produits « frenchies », discrètement mis en avant par l’enseigne : « Le rayon des vins est beaucoup plus fourni qu’aux Etats-Unis, remarque Mary. Celui des produits laitiers également ». Encore heureux, pour un pays qui, selon le général de Gaulle, compte 365 sortes de fromages. Et le béret ? le saucisson ? La baguette ? « Pour le pain, la partie boulangerie est sensiblement identique. On y retrouve les gros gâteaux d’anniversaire, poursuit Mary. Par contre, il y a davantage de viennoiseries comme les croissants et les pains au chocolat. À mon avis, ce n’est pas par hasard ». La viande, elle, est aussi vendue en gros. Et là encore, les poulets américains (sans chlore, bien sûr !) côtoient le jambon français.

Le fromage tient une place importante dans le magasin. En revanche, le camembert se vend au kilo ! (MB/EI).

Le fromage tient une place importante dans le magasin. En revanche, tout se vend au kilo ! (MB/EI).

 

Finalement, en sortant, on se dit que ça vaut le coup d’être venu, mais peut-être pas d’y revenir. Une question de culture, sans doute, mais aussi de « place », que ce soit dans la voiture, le frigo ou l’estomac.
Au fait, après avoir effectué vos achats, le caddie rempli de quoi tenir un siège, vous pourrez toujours passer récupérer votre voiture ou changer votre sonotone (chacun son truc). Car oui, Costco fait aussi garage et centre auditif. « Les Etats-Unis représentent le consumérisme, l’abondance, conclut Mary. Mais en France, c’est plutôt la qualité qui prime sur la quantité. Je préfère encore faire mes courses au marché ou chez les petits commerçants. Il ne faut pas perdre ça ». L’un n’empêche pas l’autre, bien sûr, mais avouez que c’est quand même agréable à entendre.

*Le formulaire et le paiement peuvent également se faire sur le site du magasin.
Le premier Costco de France a ouvert le 22 juin à Villebon-sur-Yvette (MB/EI).
Le centre du magasin est consacré aux vêtements (MB/EI).
Kayaks, bouées géantes et structures pour enfants (MB/EI).
Le pot de bretzels d’1,3 kg, pratique pour l’apéro ! (MB/EI).
Au rayon patisseries, les célèbres gâteaux américains sont bien présents (MB/EI).
A l’image du fromage, la viande ne se vend qu’au gros (MB/EI).
Coca-Cola, en veux-tu, en voilà… (MB/EI).
On trouve de tout à Costco : la Budweiser côtoie… (MB/EI)
… les meilleurs vins français (MB/EI).
Et il y en a pour tous les goûts, et toutes les bourses ! (MB/EI).
On peut même y acheter des bidons d’essence (MB/EI).
Ou des bidons de jus d’orange (MB/EI).