Plusieurs milliers de Français attendaient ce mercredi 5 juillet avec impatience. Et pour cause, il s’agissait du jour où étaient diffusés les résultats du baccalauréat. Un jour que chacun gardera en mémoire. Mais certains jeunes bacheliers en garderont un goût amer. Bien sûr, les quelques « recalés » figurent parmi ces derniers, mais dans certains lycées de l’Essonne, plusieurs élèves ayant obtenu le bac se retrouvent dans le flou le plus total quant à leur avenir. En effet, nombreux sont ceux qui se retrouvent sans affectation post-bac. Comment cela est-ce possible ?

Durant quelques mois à partir du 17 janvier dernier, les élèves de terminale qui ont passé le bac cette année devaient remplir sur une plateforme numérique leurs choix d’orientation pour la rentrée 2017. Ceux-ci pouvaient émettre plusieurs vœux, allant du BTS, à l’université en passant par les grandes écoles avec admission sur dossier. « Nous en avons fait près d’une dizaine pour mon fils. Mais il n’a reçu que des réponses négatives, même au sein des facultés », lâche une mère sur un ton désabusé, dont l’enfant est scolarisé au lycée Corot de Savigny-sur-Orge.

Plus de 70 élèves sont dans ce cas (JL/EI)

Plus de 70 élèves sont dans ce cas (JL/EI)

Car oui, au sein de cet établissement, pas moins de 72 élèves ont été recensés dans ce cas, sans affectation pour la rentrée prochaine. « Et encore, le proviseur tablerait même sur 100 élèves », révèle Fouzia Settahi, présidente de la FCPE à Corot. « C’est tout simplement scandaleux », tonne cette dernière. « Ma fille veut entrer en psycho, mais partout elle est sur liste d’attente, reprend une mère dont la fille a obtenu un bac économique et social (ES). Si ça continue comme ça, elle va perdre une année entière, et peut-être même toute sa scolarité. C’est dramatique ». Même cas pour une autre mère d’un jeune bachelier qui se destine à étudier le droit. « On lui a mis la pression pour qu’il ait son bac, et maintenant qu’il l’a, il est accepté nulle part. Dans les grandes écoles, l’entrée se fait sur dossier. S’il n’est pas pris, les universités doivent être en capacité de l’accueillir, mais il n’a eu aucune proposition favorable non plus », déplore cette mère qui affirme que les attributions des places de 169 licences se seraient jouées au « tirage au sort ». « A l’inverse des grandes écoles, les notes ne comptent pas. On tire au sort. C’est encore plus dommage pour mon fils qui était parmi les meilleur de sa classe ».

Ainsi, les parents d’élèves ne baissent pas les bras. Après avoir eu le soutien du député de la circonscription, Robin Réda, ceux-ci ont demandé en urgence d’avoir des rendez-vous avec les syndicats étudiants et surtout avec le recteur en charge du dossier. « Il va falloir faire vite, car les universités vont bientôt fermer », s’inquiète la représentante FCPE, qui assure que d’autres lycéens de l’Essonne sont dans ce cas. « Il doit y avoir une trentaine d’élèves dans ce cas au lycée Doisneau de Corbeil-Essonnes et pareil aux Loges à Evry ».