Souvenez-vous : fin décembre, 11 familles syriennes s’installaient à Athis-Mons, Cité de l’air, dans des maisonnettes de fortune près des pistes de l’aéroport d’Orly. Parmi d’autres réfugiés de plusieurs nationalités, ces femmes, ces hommes et ces enfants avaient entrepris de longues et difficiles démarches administratives. Avec au bout, un objectif : retrouver une stabilité, une vie normale et que les enfants soient scolarisés.

Si la plupart des membres de ces familles syriennes ont au moins un récépissé légalisant leur présence sur le territoire, à défaut d’un titre de séjour, la route est semée d’obstacles.

Ce jeudi 22 juin, une décision d’expulsion demandée par l’Etat a conduit les concernés, de même que les associations dont Droit au logement (DAL), à manifester devant la sous-préfecture de Palaiseau.

Au milieu des manifestants, Yasmine*, Amal* et les autres, que nous avions rencontrées tout début février. Elles et d’autres familles sont concernées par l’expulsion des habitants de la Cité de l’air. Le frère de Yasmine, parent d’un enfant handicapé, est dans le même cas. Une autre des familles syriennes a eu plus de chance, un logement leur a été attribué « pas loin d’ici » par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii).

En attendant le départ, prévu ce vendredi, les maisons de fortune sont toujours occupées, et sont restées les mêmes. Dans la maison qu’habite Yasmine, des matelas tapissent toujours le sol, au milieu des jouets et des peluches. Ce jour-là, des membres de la famille de Yasmine, venus de Strasbourg, participent à la conversation.

« On a manifesté parce qu’on n’avait pas d’autre alternative, raconte Yasmine, qui dit aussi « ne pas savoir où aller » une fois que l’expulsion aura eu lieu. Pourtant, sur le plan des démarches, Yasmine et sa famille sont à jour. « Nous n’avons pas encore de titre de séjour, mais un récépissé », poursuit la jeune femme. C’est pour la plus petite, née en janvier à Longjumeau, que c’est plus compliqué. Née en France, elle n’est pas encore prise en compte dans les effectifs familiaux.

A sa naissance, Najoua*, le bébé, a souffert d’une bronchiolite et d’infections urinaires. Quant au mari de Yasmine, il doit se faire opérer dans les prochains jours. Le plus grand, Younès*, doit rentrer au collège l’année prochaine. Sa scolarité devrait être assurée.

« Je voudrais juste une solution de relogement, poursuit Yasmine. Je voudrais qu’on se stabilise.  De tous les pays où je suis passée, c’est en France que j’ai eu le plus de problèmes », reprend celle qui, passée par l’Algérie, a été surprise par « la solidarité des gens là-bas ».

En attendant, l’association juvisienne Ajar continue de fournir couches, nourriture et produits d’hygiène aux familles. La conversation dévie sur la Syrie. Un retour là-bas sera-t-il un jour possible ?

« Quand la Syrie sera calme et quand ce ne sera plus la guerre, répond Yasmine. Quel que soit le pays, rien ne vaut celui dans lequel on grandit. »

(*) Les prénoms ont été modifiés.