Il se dit « impatient de travailler », et sa présence à l’Assemblée nationale s’annonce déjà comme l’une des principales attractions de cette nouvelle mandature, la 15ème de la cinquième République. Cédric Villani fait son entrée dans le Palais Bourbon. Il fait partie des 308 députés élus sous l’étiquette La République en marche, et intègre donc ce groupe, parmi les plus pléthorique jamais vu à l’Assemblée. Après ses premières démarches comme député, dont la visite des lieux et la remise de la ‘mallette du député’, le jeune élu constitue son équipe, qui l’entourera à Paris comme sur l’Essonne, et a participé ce week-end au premier séminaire des députés En marche. Il affirme avoir apprécié « l’excellente ambiance dans ce groupe », mais se dit d’emblée lucide sur « l’ampleur de la tâche à accomplir ».

Et le nouveau député essonnien aura certainement loisir à la commenter, l’expliquer ou bien l’argumenter, car comme pendant la campagne (lire notre articleabonnés), sa silhouette n’est pas prête de quitter les radars médiatiques. Il enchaîne ainsi les interventions dans les télés ou radios depuis son élection, le 18 juin. Ce qui contribue à lui donner une exposition nationale. Ce qu’il reconnait volontiers : « oui je suis un personnage médiatique, par le fait que j’y avais déjà une présence pour mes activités avant (mathématicien de renom, il obtenu la médaille Fields en 2010), par le fait de ce score très fort de 69%, et par quelques débats, comme l’histoire du tweet avec Jean-Luc Mélenchon ». Le début de cette mandature a notamment été marqué par les piques lancés de part et d’autre entre l’ancien candidat à la présidentielle et le député En marche, au sujet des prochaines réformes du droit du travail.

Des démissions en chaîne

Il sait également qu’il est un « profil atypique » et qu’il est « très rare » de voir un scientifique se lancer dans la politique. Au sujet de ses activités et responsabilités diverses liées à ses recherches ou dans les revues scientifiques, Cédric Villani annonce à Essonne Info qu’il s’apprête à tirer un trait sur la majorité d’entre elles. A commencer par la direction de l’Institut Henri-Poincaré, qu’il occupe depuis 2009, et qu’il s’apprête à quitter, « mais je reste président du fond de dotation » précise-t-il, en détaillant les autres fonctions qu’il arrête pour se consacrer à son mandat : « je vais démissionner de 5 ou 6 conseils scientifiques, ce n’est d’ailleurs pas une mince affaire, je démissionne aussi de mon poste de directeur de revue ». En somme, il y a « un grand nettoyage à faire » selon ses mots.

Par contre, il restera professeur d’université, « le statut d’indépendance de la fonction le permet » indique-t-il, tout en spécifiant qu’il discutera « avec le déontologue de l’Assemblée pour ne pas être trop occupé et éviter les conflits d’interêt », et ainsi faire des cours « à l’occasion, pas de manière régulière ». De quoi lui permettre de s’installer durablement sous les feux des projecteurs de la politique nationale, certains lui prédisant même un futur ministère. Une forte exposition qui possède aussi quelques inconvénients, pour l’homme qui s’est récemment trouvé au milieu d’une polémique sur des propos tenus à la radio, assimilant les problèmes d’éducation à l’immigration. « Je m’en suis expliqué sur mon blog, sur la forme c’était maladroit, je m’en suis excusé, mais la minute incriminée a été diffusée hors-contexte, il n’y a pas de polémique, c’est un malentendu » détaille le député déjà bien rompu au jeu politico-médiatique.

Notre dossier sur la 5ème circonscription de l’Essonne