Le festival AREA 217 n’aura pas lieu. Très attendu, l’événement devait être le rendez-vous clubbing de l’été en Essonne. Prévu les vendredi 30 juin, samedi 1er et dimanche 2 juillet prochains, ce week-end musical devait réunir près de 80 artistes répartis sur six scènes différentes. Les amateurs de house, techno, transe et autres sous-genres de musiques endiablées se réjouissaient de pouvoir enfin se mouvoir sur l’immense terrain de 70 000 m2. En effet, la première édition avait initialement été prévue à l’été 2016. Cependant, pour des raisons de sécurité, l’événement avait été annulé. À cette période de l’année, les forces de l’ordre avaient été principalement mobilisées pour l’Euro de football en raison de l’état d’urgence dont la France fait l’objet depuis 2015.

A une semaine de l’ouverture des festivités, la préfecture de l’Essonne a annoncé l’annulation du rendez-vous, pour les mêmes raisons que celles évoquées en 2016. «  Le projet de festival AREA 217 […] a fait l’objet de nombreuses expertises des services de l’Etat afin de déterminer sa faisabilité en matière de sécurité et d’ordre public », explique Josiane Chevalier, la préfète de l’Essonne, avant de poursuivre : « Les éléments convergents qui ont été portés à ma connaissance en matière de sécurité ainsi que les demandes insistantes des élus concernés […] m’ont conduite à considérer dans le cadre de l’État d’urgence, l’impossibilité à garantir la sécurité de nos concitoyens  ». Ainsi, un arrêté d’interdiction de la manifestation a donc été pris, ce vendredi 23 juin. De son côté, la commune du Plessis-Pâté, assure qu’on ne « peut pas se féliciter d’être contraint d’interdire un événement culturel attendu par des milliers de festivaliers, mais compte-tenu du contexte local et national, la sécurité des personnes prime », confie Sylvain Tanguy le maire de la commune. Pour la commune voisine de Brétigny-sur-Orge, on pointe du doigt « les conditions de sécurité » qui ne seraient « pas garanties par l’organisateur du festival ». Sans doute y a-t-il un lien avec la perquisition survenue ce lundi 19 juin au domicile d’Adam Djaziri, l’homme qui avait foncé sur les forces de l’ordre sur l’avenue des Champs-Elysées ?  

Au début du mois, du 9 au 11 juin, l’ancienne base militaire avait pourtant accueilli près de 120 000 festivaliers à l’occasion de la deuxième édition française du rendez-vous rock de l’année, le Download festival. Pourquoi autoriser l’une des manifestations et interdire l’autre ? Interrogés, les services de la préfète restent évasifs : « il n’y pas de rapport entre les deux, c’est une décision de la préfète ». Du côté des organisateurs, on ne réagit pas pour le moment, préférant attendre quelques jours, même si on assure que « les détenteurs de billet seront remboursés ». Un message a été posté sur leur page Facebook ce vendredi soir.

Le message laissé sur Facebook par les organisateurs (Capture)

Le message laissé sur Facebook par les organisateurs (Capture)