Lundi 19 juin, dans l’après-midi, Adam Djaziri, 31 ans, au volant d’une Renault Mégane Blanche, fonce délibérément sur une fourgonnette de la Gendarmerie qui remontait l’avenue des Champs-Elysées, sans faire de blessés. Lors de l’impact, la voiture chargée de deux bonbonnes de gaz, d’une kalashnikov, d’armes de poing et de munitions prend feu. Une épaisse fumée jaune se dégage alors du véhicule.
Aussitôt, les forces de l’ordre sortent l’assaillant de sa voiture en feu. Il décédera d’un arrêt cardiaque quelques instants plus tard. Accompagnée par les militaires, la police nationale dresse un lourd dispositif de sécurité sur l’avenue des Champs-Elysées.

Sylvain Tanguy, le maire du Plessis-Pâté (WH/EI)

Sylvain Tanguy, le maire du Plessis-Pâté (WH/EI)

Plus tard dans la soirée, c’est dans la commune pavillonnaire du Plessis-Pâté, cette petite commune pavillonnaire d’environ 4 000 habitants, que la BRI (Brigade de Recherche et d’Intervention) aux alentours de 17h30, lance une perquisition au domicile d’Adam Djaziri. où il vivait avec ses parents tous deux infirmiers libéraux, ainsi que ses deux sœurs, son frère et leurs enfants. Le quartier est rapidement bouclé par les forces de l’ordre et le gymnase voisin est évacué. Lourdement armées les forces de l’ordre tentent alors d’entrer en contact avec les occupants de la maison sans résultat. C’est après plusieurs minutes que les occupants obtempèrent. Trois jeunes enfants en bas âge sont alors emmenés par les services de police.
La scène se passe sous les yeux de nombreux voisins. Tous se disent « très choqués » des faits qui se sont déroulés non loin de chez eux. Ils décrivent une famille « qui ne parlait pas avec le voisinage » et qui « ne disait pas bonjour ». La voiture ayant servi lors de l’attentat n’a quant à elle jamais été vu sur le parking.
Un commerçant du quartier avait l’habitude de croiser Adam dans sa boutique, il nous décrit un « homme normal, souriant, sur qui aucun soupçon n’aurait pu peser ».

Le père d'Adam Djaziri (WH/EI)

Le père d’Adam Djaziri (WH/EI)

Certains voisins indiquent avoir signalé à la commune des allées et venues étranges dans cette maison ce que réfute le maire de la commune, Sylvain Tangy (PS). Pour lui, la famille avait « une pratique rigoureuse de la religion mais rien ne laissait présager quoi que ce soit » il reste outré que l’on puisse délivrer un permis d’arme à un individu fiché S.

Alors que la perquisition a débuté depuis quelques heures, un homme à bord d’une Peugot 206 grise se présente au niveau du barrage de police et insiste pour passer. Le gendarme refuse à plusieurs reprises mais l’homme insiste, avant d’indiquer au gendarme que la perquisition a lieu chez lui et qu’il n’est qu’autre que le père d’Adam. Une tension se fait alors sentir. L’homme est alors sommé de couper le contact et d’enclancher son frein à main. Le quinquagénaire, va alors apprendre par le biais d’une journaliste que son fils vient de foncer sur une fourgonnette de police. Sa stupéfaction est lisible sur son visage. Il sera finalement conduit par les enquêteurs à l’intérieur de la maison puis mis en garde à vue afin de s’expliquer sur les faits qui se s’étaient déroulés plus tôt dans la journée.
L’oncle de l’assaillant, arrivé sur place quelques heures plus tard au domicile de son frère (ndlr : le père d’Adam) pour obtenir des informations sur la triste situation, nous indique qu’il avait peu à peu pris des distances avec la famille. Selon son oncle, Adam a évité à de nombreuses reprises les mauvais chemins et avait retrouvé depuis quelque temps « le droit chemin avec la religion ».
« C’est vrai, il (Adam Djazir) était peut-être islamiste »
, concède finalement Jawad, l’oncle de Adam Djaziri.

Plus tard dans la soirée, un camion de déminage a été appelé sur les lieux. A l’intérieur de la maison, les démineurs ont retrouvé des armes, des munitions et du matériel pouvant servir à la fabrication de bombes.

Propos recueillis et rédaction par Willy Hubentz.