Le MEHB ne pouvait pas finir sa saison de plus belle manière. Le 3 juin dernier, les Massicois ont obtenu leur ticket pour la Lidl Starligue en s’imposant sur le fil 26–24, trois jours après s’être inclinés 28–26 en terre chartraine. Une performance remarquable de la part de Benjamin Braux et ses joueurs, après une saison de grande qualité et une belle 4e place à l’issue de la saison régulière. Cerise sur le gâteau ce lundi, la CNACG (Commission Nationale d’Aide et de Contrôle de Gestion) a validé le budget massicois pour la saison 2017–2018. Il n’y a donc plus aucun doute, le MEHB jouera l’an prochain aux côtés des vice-champions d’Europe, du HBC Nantes… ou encore du Montpellier Handball. « On travaille pour depuis des années. On ne pensait pas y arriver, on a renversé les pronostics. C’est un petit exploit », se réjouit Gilles Desgrolard, Président du club. « Ça fait 10 ans que j’attendais ça. Je suis heureux, mais fatigué », lâche quant à lui Junior Réault, au club depuis une quinzaine d’années. Avant de fouler les parquets de première division, reste néanmoins un gros chantier pour le staff du club, malgré quelques points importants, déjà réglés.

Le premier d’entre eux, l’entraîneur. Le départ inéluctable de Benjamin Braux n’a pas laissé le club essonnien orphelin bien longtemps, puisque Tarik Hayatoune, ex-pensionnaire de Billère (Proligue) et d’Amiens (N2), a rejoint le club francilien en avril dernier. « Gilles  (Desgrolard, le président ; ndlr) m’a contacté. J’avais le choix d’aller à Massy, ou à Valence en tant que numéro 2. Je n’ai pas du tout hésité », explique l’ancien numéro 2 de Billère. « A Massy il y a une mentalité qui me plaît, un niveau de jeu qui me plaît… ». S’il a tenu à rester à distance de l’équipe durant cette fin de saison afin de « ne pas la perturber », le nouveau coach massicois de 35 ans est désormais impliqué à fond dans le projet des Lions. Sa mission, constituer une équipe compétitive pour la saison prochaine. Un challenge compliqué étant donné le nombre de départs.

Objectif maintien

Steins, Pedersen, Part, Perisic, Dumoulin… et Conta : pas moins de 6 départs, dont plusieurs titulaires indiscutables, à l’instar du demi-centre hollandais et du futur portier de Toulouse. « J’ai déjà entamé le recrutement. On a remplacé les 6 départs initiaux par 4 joueurs », affirme le coach. Jules Portet, Welsau Bungué, Samir Bellahcene et Jonathan Mollerup, sont pour l’heure les 4 recrues. « Pour la Lidl Starligue, il nous faut 14 joueurs professionnels à temps plein, pour l’instant on en a 9. On va en recruter 5 de plus », poursuit Tarik Hayatoune. Plusieurs dossiers sont étudiés pour renforcer les Massicois, pas le droit à l’erreur pour le coach et son staff. « Les pistes sont diverses », reconnait le Président du MEHB. « Mais on sera à un niveau où il faut prendre des produits finis ».

S’il laisse plus ou moins la main à son nouveau coach sur les dossiers transferts, le Président du club travaille actuellement sur d’autres terrains. C’est d’ailleurs très peu de le dire puisqu’un nouveau gymnase d’accueil est recherché. Avec ses quelques 700 places, dont environ 400 places payantes, le Centre Omnisports Pierre de Coubertin de Massy n’est pas à la hauteur des grands événements qui attendent les Essonniens la saison prochaine. « La télé ne viendra pas à Massy, les gros clubs ne viendront pas jouer ici », assure Gilles Desgrolard. « Il faudra trouve une grande salle qui nous accueillera, une salle avec deux tribunes ».. En Essonne, les possibilités sont moindres, et les négociations sont en court. Espérons alors qu’elles aboutissent le plus rapidement possible afin d’enlever un nouveau poids sur les épaules du MEHB, qui doit en parallèle s’activer pour répondre à l’ensemble du cahier des charges de la LNH, ou encore pour trouver des fonds supplémentaires afin d’être compétitif pour la saison prochaine.

Avec un budget qui devrait avoisiner les 1,3 millions d’euros, notamment grâce à l’apport de la mairie, du Conseil Départemental et des collectivités locales, Massy sera vraisemblablement le plus petit budget de l’élite. Un handicap de taille qui n’entache cependant pas les ambitions Massicoises. L’objectif, c’est le maintien, chose qu’aucune équipe montée en Lidl Starligue en gagnant les playoffs n’a réussi à faire. Une statistique que Tarik Hayatoune connait parfaitement puisqu’avec Billère, il a fait partie, il y a peu, de ces équipes redescendues dans la foulée en Proligue (0 victoires en 26 matchs). « J’ai la chance d’avoir vécu une montée. C’est une expérience qui va vraiment me servir », assure-t-il. « Il faut prendre la statistique dans l’autre sens. Il faut se dire qu’en commençant on aura 100% de chances d’être la première équipe à monter en gagnant les playoffs de Proligue et qui parvient à se maintenir ». Un optimisme largement partagé notamment par Junior Réault qui, à 30 ans, va enfin connaître le très haut niveau. « C’était un rêve de joueur pour moi. Je pourrai me dire que j’ai réalisé mon objectif de carrière », se réjouit l’ailier massicois. « Pour un club comme nous ça sera jouable la saison prochaine. Il y aura des clubs à notre portée, et il y aura une bataille entre 3–4 équipes en fin de championnat ».

Une année tremplin pour ce club de Massy qui n’avait plus connu l’élite depuis 19 ans, une année de structuration assurément décisive pour l’avenir des Lions. « Ça va faire progresser le club. Que ce soit au niveau des joueurs, des infrastructures, du fonctionnement, il ne peut y avoir que du positif », surenchérit le coach. « C’est la meilleure année pour monter », s’accordent-ils tous à dire. « Si on était restés en Proligue, ça aurait été très difficile », poursuit le président. « Si on était pas montés cette année, je pense qu’on ne serait pas montés de si tôt », conclut Junior Réault. Ne reste alors qu’un mois à tout ce petit monde avant la reprise de l’entraînement (24 juillet) et une préparation ultra importante avant une saison de haut vol.