La soirée de dimanche a été dure à digérer, pour Laure Darcos et son équipe de campagne, qui ne s’attendaient pas à ce que le favori et représentant d’Emmanuel Macron sur la 5ème circonscription, Cédric Villani, réalise 47,46% des voix dès le 1er tour (lire notre articleabonnés). Une fois le choc passé, la candidate LR-UDI est repartie en campagne ce lundi, bouclant ses derniers documents de campagne, et organisant à la hâte une réunion publique ce mardi soir à Bures-sur-Yvette (20h30 en mairie – salle du Conseil) avec Xavier Bertrand, le président (LR) de la région Hauts-de-France.

Ce mardi matin, elle était au marché des Ulis, pour tenter de rallier à elle les abstentionnistes et autres électeurs du 1er tour. « Les gens étaient perdus avec 15 candidats, je pense qu’à deux, les notoriétés personnelles ressortent plus » croit-elle, indiquant par ailleurs que « les abstentionnistes se sentent coupables et vont pour certains se déplacer dimanche prochain, et puis il y a des gens de gauche qui ne vont pas forcément voter pour En marche ».

La tâche s’annonce pourtant immense, pour celle qui a récolté 6 691 voix au premier tour, contre 18 883 pour son concurrent. Rattraper 30 points (elle réalise 16,82% au 1er tour) en une semaine serait une performance jamais vue. « Je cours bien évidemment après les abstentionnistes » précise Laure Darcos, en annonçant « être sur les marchés tous les matins » jusqu’à vendredi. Il s’agit selon elle de « remettre l’accent sur le terrain » en tentant de convaincre « ceux qui s’inquiètent qu’on se retrouve avec une assemblée mono-colore », avec le risque, d’après elle, « que les seuls opposants qu’on aura soient Mélenchon et Le Pen ».

« Rien ne change » chez Villani

Le travail de terrain, c’est le pari qu’a fait la candidate pour cette campagne, quadrillant les communes de la circonscription depuis l’hiver. « J’ai fait de 4 à 7h de porte à porte par jour, ce depuis 6 mois » insiste-t-elle, détaillant au passage sa conception locale du rôle de député : « j’ai pris l’engagement de ma présence sur le territoire, et je m’occupe déjà d’énormément de dossiers personnels, j’ai connu ça comme attachée parlementaire, un député doit en permanence gérer des problèmes ». Pas question ainsi d’être une députée « hors-sol » argumente-t-elle à chaque discussion.

Le possible rejet d’une candidature considérée comme trop éloignée du territoire suffira-t-il à ramener en masse des électeurs du côté de Laure Darcos ? « C’est une femme de terrain, exceptionnelle, et c’est au pied du mur qu’on reconnait les vrais » assure Claude Souriau, ancien président de l’association des commerçants de Bièvres qui l’accompagnait lors de sa dernière tournée des boutiques de la ville. Du côté de Cédric Villani, si le favori assurait « garder la tête froide » après l’annonce de sa confortable avance dimanche soir, ses soutiens se montrent euphoriques à l’idée de son élection au second tour.

Pour son suppléant et conseiller municipal de Verrières (ex-PS) Baptiste Fournier, « rien ne change » dans les plans du candidat dans cet entre-deux tours : « la campagne continue, on a des réunions tous les soirs, à Vauhallan hier (lundi), à Saint-Aubin ce mardi. Il faut qu’on arrive à montrer que notre démarche va s’inscrire dans le temps » spécifie-t-il, comme pour balayer les critiques. Et si la députée sortante Maud Olivier, éliminée au premier tour (10,46%), ne veut pas se positionner avant dimanche prochain, le maire PS d’Orsay David Ros indique qu’il votera pour le candidat En marche « à titre personnel », sans lancer d’appel au vote : « je suis déçu pour la députée sortante, et je ne donne pas de consigne de vote, d’ailleurs les habitants ne demandent pas ça, et Villani n’en a pas besoin, mais j’estime qu’en tant que scientifique, il sera sensible aux enjeux du cluster ».