Vieillir chez soi n’est pas un rêve impossible

Il n’est pas étonnant que peu de personnes souhaitent passer leurs vieux jours dans un établissement de soins de longue durée géré par l’État.

Les chambres stériles et les soins impersonnels prodigués par un personnel surmené ne sont pas vraiment des choses à attendre avec impatience. Il est de loin préférable de passer du temps avec ses proches, dans sa propre maison.

Lorsqu’un sondeur a interrogé les Québécois, par exemple, il a constaté que plus de sept sur dix espéraient rester chez eux après 75 ans. En revanche, moins d’un pour cent d’entre eux préféraient vivre dans des établissements de soins de longue durée gérés par le gouvernement.

Comme ailleurs au Canada, les systèmes de soins de longue durée au Québec n’ont malheureusement pas la capacité de fournir des niveaux adéquats de soins à domicile, car cela n’a jamais été une priorité. En réorientant le système de soins de longue durée pour qu’il se concentre davantage sur les services de soins à domicile, on pourrait donner aux aînés ce qu’ils veulent – et les modèles de  » paiement à l’acte  » pourraient en être la clé.

Ces modèles, répandus dans toute l’Europe, offrent aux personnes âgées le choix entre des services financés par l’État et de l’argent à dépenser comme bon leur semble pour leurs besoins en soins à domicile. Les personnes âgées bénéficient ainsi d’une plus grande autonomie et ont leur mot à dire sur les soins qu’elles recevront en fonction de leurs besoins, plutôt que sur les procédures institutionnelles standardisées.

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Bien que le niveau exact de contrôle sur la façon dont l’argent est dépensé varie d’un pays à l’autre, lorsqu’on leur offre cette possibilité, les personnes âgées préfèrent ces modèles qui leur permettent de vieillir dans la dignité et dans leur propre maison.

Mais au Canada, une personne âgée institutionnalisée sur neuf aurait pu rester chez elle si elle avait bénéficié d’un soutien adéquat.

Ce soutien pourrait être rendu possible par des modèles de type « cash-for-care » grâce à l’indemnisation des aidants naturels, comme cela se fait aux Pays-Bas et en Allemagne. Cela permet de réduire le coût supporté par les proches pour la prise en charge de leurs êtres chers, tout comme cela peut aider à couvrir les arrangements avec les travailleurs à domicile.

N’oublions pas qu’environ les trois quarts des services de soins à domicile pour les personnes âgées au Canada sont fournis par la famille. Il ne fait aucun doute que de tels arrangements informels de compensation aideraient les parents qui veulent fournir des soins mais qui n’ont pas les moyens de le faire.

Un autre avantage clé des modèles de soins en espèces est l’introduction de la concurrence dans le système de soins de longue durée. Pour être franc, les établissements de soins gérés par l’État ne sont pratiquement la vision de personne d’une manière digne de s’occuper des personnes âgées à long terme. Malheureusement, pour beaucoup, ils sont la seule option sur le marché.

Cela signifie que les établissements de soins de longue durée gérés par le gouvernement du pays peuvent s’attendre à obtenir un financement, peu importe s’ils font un excellent travail ou s’ils satisfont à peine aux normes minimales établies par les ministères de la santé.

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Avec un modèle de soins en espèces, le financement suit la personne âgée plutôt que l’établissement. Cela signifie que pour que les foyers de soins de longue durée gérés par le gouvernement obtiennent un financement, ils doivent être en mesure d’attirer des clients en fonction de la qualité des services offerts.

L’argent comptant pour les soins n’est pas une panacée. Il doit être accompagné de mesures de soutien telles que des programmes de formation pour les aidants naturels et des visites périodiques à domicile par des professionnels agréés, comme cela se fait en Allemagne. Cela permet de combler le manque de qualité lorsque les soins sont fournis par des proches plutôt que par des professionnels qualifiés.

Ce que les modèles de soins en espèces montrent, cependant, c’est qu’il existe un moyen de rendre les soins à domicile accessibles à un plus grand nombre de personnes âgées.

Lorsqu’ils en ont le choix, les gens préfèrent finir leurs jours chez eux, parmi leurs proches, plutôt que dans des institutions gouvernementales impersonnelles avec un nombre déterminé de bains à l’éponge par semaine.

Notre pays a les moyens de respecter ces préférences, et ceux qui ont construit la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui ne méritent rien de moins. Remercions-les en les laissant vieillir chez eux, dans la dignité.

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