Le Plateau de Saclay s’est placé en quelques années au centre d’enjeux nationaux, liés à l’avènement de ce que l’on nomme le ‘cluster’. Mais au delà de la seule question scientifique et universitaire, s’imbriquent des problématiques d’aménagement, de transports, d’emploi ainsi que de qualité de vie pour les habitants.

Fédérant plusieurs associations opposées à l’urbanisation du Plateau, le collectif Saclay citoyen a ouvert plusieurs fronts pour s’opposer à la construction de nouvelles entités sur place, et milite contre la venue du métro annoncée pour 2024. Il a interpellé les candidats des circonscriptions concernées, en Essonne et dans les Yvelines, leur demandant de se prononcer sur leur demande de « moratoire » sur les projets en cours et à venir. « On leur demande de nous expliquer leur position, nous sommes ouverts à la discussion » résume Michel Meunier, membre du collectif, à l’occasion d’une journée dédiée à « l’envers du décor » du Plateau, qui a réuni 200 personnes le 1er juin dernier sur le campus d’Orsay. Avant une nouvelle réunion, en présence de plusieurs candidats, ce vendredi soir à Villiers-le-Bâcle, Essonne Info vous propose un point sur les différentes positions défendues.

On arrête tout

Le moratoire demandé par Saclay citoyen, ils le signent des deux mains. Plusieurs candidats ont exprimé leur convergence de vue avec le collectif, en affirmant ou réaffirmant leur opposition à la poursuite de l’urbanisation. A l’image du candidat EELV Didier Missenard. Celui-ci milite ainsi pour « un projet de territoire plus respectueux des habitants », en reprenant à son compte les différents arguments des militants associatifs, comme sur la candidature du site de Corbeville pour l’exposition universelle 2025 : « on doit renoncer aux grands projets inutiles comme cette dispendieuse exposition ».

« On s’arrête et on réfléchit, c’est mieux que de continuer » abonde Sylvère Cala (FI), qui se positionne « singulièrement contre » les projets en cours : « on est opposés au rognage des terres agricoles, au métro et à l’expo » tranche-t-il, « ils ont fait des conneries pendant 30 ans, il faut maintenant faire tout autre chose, pour l’intérêt général ».

On continue

Pas question de remettre en question le cluster pour les candidats de plusieurs partis. Cédric Villani (EM) se dit prêt à signer « un moratoire pour la zone protégée (la ZPNAF) », mais ne veut pas remettre en cause l’urbanisation du Plateau, bien qu’il se dise « sensible » aux questions environnementales : « on a conscience des dangers, et l’EPAPS aussi, je crois qu’on a la possibilité de mettre en avant ces deux volets, l’innovation et l’écologie, sur place ». « Je ne peux pas être pour le moratoire » confie pour sa part Laure Darcos (LR-UDI, « et j’ai dit aux associations que je serai très vigilante, mais pour moi, la protection de l’environnement et le développement du cluster peuvent coexister, ce sera d’ailleurs un des thèmes de l’expo universelle ».

Même topo pour la député sortante (PS), Maud Olivier, qui voit le territoire comme possible modèle « de la transition écologique et énergétique ». Ousmane Sarr, candidat du mouvement La France qui ose, affirme lui « soutenir à fond » les projets en cours sur le Plateau, en voulant accentuer la dimension « culturelle » du site : « il faut sur place un grand espace dédié à la culture, pour des séances de cinéma, des concerts ».

Le « oui, mais » pour certains

D’autres candidats n’ont pas de position tranchée sur la question de l’urbanisation du Plateau. La candidate Annick Le Poul (PCF), se dit pour un moratoire, mais uniquement sur la question du regroupement hospitalier. Du côté de Luc Foubert (UPR), on ne se prononce pas sur le moratoire, « j’aimerais leur dire que je suis d’accord » indique-t-il, « mais je ne veux pas faire de promesse en l’air et dire qu’on arrêtera les pelleteuses ».

Pour Didier Paxion (LO), « il est bien difficile de se positionner sur tout ça ». Le candidat se dit « assez partagé sur l’urbanisation » du Plateau, en spécifiant : « construire des logements, oui, mais pas à n’importe quel prix ». Il reconnait également qu’en tant que « petit parti, nous ne pouvons pas nous positionner sur tous les sujets ». Enfin, le candidat sans étiquette Patrick Simon se prononce « pour le développement du Plateau de Saclay, tout en surveillant le respect de l’écosystème ». Cet habitant d’Orsay se dit pour « la réalisation de la ligne 18 du métro », mais contre « le transfert de l’hôpital d’Orsay » à Corbeville.