Les élections législatives, c’est le choix pour les électeurs d’une circonscription de porter une femme ou un homme à l’Assemblée nationale. 10 députés représentent l’Essonne, issus de chacun des territoires du département. A côté des candidats promus par les principaux partis, qui espèrent disposer d’un groupe parlementaire au soir du second tour, c’est aussi l’occasion pour des mouvements plus petits de faire entendre leur voix.

Double enjeu pour ces candidats moins connus que les têtes d’affiche : inscrire leurs thématiques dans le débat public, et engranger des suffrages pour obtenir des financements publics au nom de leur parti. La survie ou le développement de certaines forces politiques en dépend directement. Ce qui explique le nombre élevé de candidats sur certaines circonscriptions. La cinquième de l’Essonne n’échappe pas à la règle, puisque parmi les forces en présence, la plupart sait d’avance que l’accession au deuxième tour du scrutin s’annonce compliquée.

C’est par exemple le cas pour Lutte ouvrière. Son candidat Didier Paxion assume sa présence lors de ce vote « pour se compter dans les urnes ». Sa candidature s’inscrit donc « dans la suite de la campagne présidentielle ». Il s’agit pour cet enseignant dans le secondaire « d’exprimer des idées » à travers cette élection, pour que « le monde du travail se défende », en mettant par exemple en avant la proposition de Nathalie Arthaud qui veut « interdire les licenciements ».

Macron et ses soutiens dans le viseur

Autre candidature qui fait le lien avec le scrutin présidentiel, celle de Luc Foubert (UPR), qui se présente comme « l’anti-Villani et l’anti-Macron ». Ce chercheur en neurosciences entend dénoncer « 30 ans de politiques néolibérales, dont Macron est la cerise sur le gâteau ». Il dit avoir vécu comme « un traumatisme » le référendum de 2005, et affirme comme François Asselineau que l’Europe est responsable « d’un véritable vol de la parole démocratique ». Bien qu’il se dise « persuadé de faire au mieux 1% », il ne regrette pas de se porter candidat : « au moins j’aurais été au charbon ».

Autres critiques à l’endroit du nouveau président de la République, celles du Front national, et de sa représentante sur la cinquième circonscription, Milvia Mangano, qui fait campagne sur les thématiques de son parti. Tout en s’en prenant à la candidate LR : « Laure Darcos se vante d’être macron-compatible, électeurs de droite, ne vous laissez pas berner par ces nouveaux soldats du gouvernement » déclare-t-elle sur les réseaux.

Patrick Simon, ophtalmologiste à Orsay, se présente lui comme « une alternative citoyenne et apolitique aux partis traditionnels qui ont été rejetés lors des dernières présidentielles et à En Marche qui présente un candidat quelque peu parachuté puisque vivant depuis 3 ans seulement dans notre région et semble t il, un peu déconnecté de nos réalités ». Enfin, Ousmane Sarr, pour le mouvement de Rama Yade, La France qui ose, entend mettre en avant son « combat pour la reconnaissance du vote blanc ». Cet habitant de Verrières-le-Buisson, investi dans la vie associative, se décrit comme « un électron libre », et souhaite que « les élections ne soient pas réservées qu’à une élite ». Il entend se placer comme « avocat du territoire » et promet de tout faire si il est élu pour « soutenir les projets qui émanent des communes et des habitants ».

Sont aussi présents pour ce premier tour un représentant du Parti antispeciste, Eric Courtin, qui milite contre l’exploitation animale. Nicolas Dupont-Aignan aura également sa représentante sur le territoire, en la personne d’Aurélie Martin. Son parti Debout la France espère obtenir un score national aussi élevé qu’à la presidentielle, ce qui lui permettrait de se développer. Evan Jorssen portera lui les couleurs du Parti pirate, dont les combats se concentrent notamment autour des libertés numériques.