Au départ, c’est une rencontre, qui s’est transformée en rêve, et qui, 4 ans après, est en passe de se concrétiser avec le lancement de la gamme cosmétique Mawena. Ce projet fou, c’est Helena Mendès, habitante d’Evry, qui le porte depuis le début.

C’est en se rendant dans la région du Chiapas, pour un road-trip avec sa soeur qui vivait alors au Mexique, que la jeune femme a commencé une véritable « aventure humaine » raconte-t-elle. « On a vécu 15 jours sur place, cette région est particulière car en révolte, les personnes vivent dans des conditions dramatiques, ils n’ont souvent pas l’eau potable » décrit-elle, « j’ai fait la connaissance de femmes de la communauté, avec lesquelles nous avons beaucoup échangé sur les plantes et leurs bienfaits. Quand je suis repartie, j’ai voulu trouver le moyen de commercialiser ces plantes, pour elles ».

Helena Mendès se lance alors dans un ambitieux projet, et va se donner à fond pour qu’il voit le jour : « je me suis mis en quête de partenaires, je ne connaissais rien au monde des cosmétiques » confie la jeune femme, « en plus je n’arrivais de nul part et je n’avais pas le budget de Chanel ». Dans son cahier des charges, celle qui se présente comme « bio-convaincue » voulait trouver un laboratoire qui sache travailler ces plantes qui n’existent que dans cette région du monde. « J’ai galeré pendant 2 ans » explique la dirigeante de Mawena, « j’étais vraiment désespérée, puis j’ai fini par trouver un labo dans le sud de la France, dont la spécialité est d’aller chercher les molécules les plus intéressantes au coeur du végétal ».

Vers une coopérative solidaire au bénéfice des femmes mayas

Débute alors un travail plus profond de mise en forme de son projet, la recherche d’un modèle économique, et bien sûr, la quête de financement pour que l’idée voit concrètement le jour. Elle est accompagnée en 2015 par l’Adie, à Evry, et part dans un premier temps dans l’optique de « monter mon propre laboratoire, en Essonne, avec une volonté très locale » indique-t-elle. Elle participe à un concours à l’éveil entrepreneurial, mais doit ensuite se résoudre à poursuivre son chemin à Paris : « j’ai tapé aux portes, notamment à la CCI, mais je n’ai jamais eu de deuxième rendez-vous ni d’interlocuteur de niveau supérieur » regrette-t-elle.

C’est dans un incubateur de la capitale qu’elle poursuit ainsi sa route. « J’ai fait une levée de fond avec des ‘business angel’, sachant que je découvrais tout ce monde là, c’est ma première boite, je me suis lancée sur le tard » sourit-elle. Le projet murit encore, et c’est en 2017 que Mawena lance finalement sa première gamme de produits cosmétiques. Intelligemment, Helena Mendès a lancé courant mai un financement participatif sur le site Ulule, ou crowdfunding, afin de populariser le concept et son sens, et ainsi « enregistrer de premières pré-commandes ».

Une opération qui se termine dans quelques jours, et qui a déjà permis de convaincre 70 contributeurs. Ils recevront en contrepartie des produits de la première gamme Mawena. Quant à la suite, la jeune cheffe d’entreprise ne se donne pas de limite. Elle se réjouit déjà qu’un brevet sur ses produits et les plantes utilisées soit déposé, et tient à en donner les détails : « ce sera un brevet international, dont les royalties seront reversés aux communautés mayas ». L’aboutissement de sa démarche en quelques sortes, et peut-être le début d’une grande aventure économique pour la jeune start-up portée par cette Evryenne.