La situation continue de s’empirer en Essonne en ce premier jour de juin. La grève des transporteurs de carburant continue de pénaliser un grand nombre de stations-service essonniennes. Pourtant, si le Nord-Essonne semble lentement ralentir jusqu’à l’immobilisme pour certains, le Sud du département paraît quelque peu épargné. À Etampes, les grandes surfaces Carrefour, Intermarché et Leclerc continuent d’alimenter normalement les véhicules en carburant. En revanche, les deux stations Total Access de la commune accueillent les clients avec des plots orange puisqu’elles sont en rupture totale d’essence. Du côté de Dourdan et de ses environs, si certaines petites stations ont temporairement fermé boutique, les grandes surfaces restent également opérationnelles. « Honnêtement, la pénurie ce sont les gens qui la font en se ruant sur l’essence. Nous sommes livrés comme d’habitude donc je ne rencontre pas plus de difficultés que ça  », indique Léa*, employée de station-service à Intermarché à Dourdan.

À la station Carrefour à Etampes, Christine, 44 ans, s’agace de cette situation : «  Je ne me suis pas ruée sur les pompes quand j’ai entendu cette histoire de pénurie. Chaque année c’est la même chose, on prévoit une possible pénurie et les gens finissent par la créer en faisant un plein dont ils n’ont pas besoin et en remplissant des jerricans. C’est ridicule et embêtant  ». Si un grand nombre d’automobilistes se désolent de cette pénurie qui fragilise le quotidien, ne serait-ce que pour se rendre sur son lieu de travail, d’autres ont préféré se tourner vers des solutions alternatives : « Je fais du covoiturage avec une collègue depuis quelques jours. On alterne entre sa voiture et la mienne, ça nous fait économiser pas mal d’essence en attendant que le problème soit résolu », explique Marine, une Etampoise de 28 ans.

En route sur la RN20, dans les deux sens, des longues files d’attente de voitures peuvent s’apercevoir, parfois même dépassant sur la route nationale elle-même. Une situation désagréable pour Hugues, un Arpajonnais de 34 ans : « Mercredi, j’ai attendu 25 minutes à Arpajon dans une station pour mettre un peu d’essence. Si la pénurie doit continuer et que je me retrouve à sec, je pense que ce ne sera pas compliqué de régulariser mon absence auprès de mon travail mais on se rend surtout compte que sans carburant, la terre s’arrête de tourner ».

Un peu loin dans le sud du département, pas d’inquiétudes du côté des communes comme celles de Méréville et Angerville. Là-bas, le carburant continue d’affluer et de remplir les jauges des véhicules. Les grandes stations sont livrées et normalement approvisionnées en Gazole, « pour l’instant tout va bien », déclare même avec le sourire l’employé de la station Leclerc à Angerville. Pour Dominique, 32 ans et habitante de Méréville, la situation n’est pas perturbée : « Honnêtement, nous n’avons pas vraiment ce problème par ici, les stations sont presque toutes approvisionnées, on ne subit pas encore les conséquences de cette grève  ».