Vous avez été une quarantaine à vous déplacer pour venir à notre rencontre. Samedi 20 mai au Théâtre de l’Agora (qui nous a gracieusement mis à disposition ses locaux), la petite troupe d’Essonne Info s’est activée toute la journée pour préparer une rencontre-débat qui promettait de belles discussions. A l’occasion des un an de la mise en ligne de la nouvelle version d’Essonne Info, l’équipe a voulu marquer cet anniversaire en vous invitant, vous lecteurs, à discuter de la presse locale.

Comme vous avez pu le lire dans notre article sur les finances du journal, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir afin d’avoir une situation stable et viable. En gardant tout ça en tête, l’équipe d’Essonne Info a décidé de discuter plus globalement de la presse locale. A quoi sert-elle aujourd’hui ? Est-elle nécessaire ?

Julien Monier, rédacteur en chef d’Essonne Info, commence à présenter le journal. Son histoire, son modèle économique, les dossiers traités… « Essonne Info a été créé par des bénévoles qui croyaient que la vie en Essonne était importante, et que ce territoire méritait qu’on s’y penche, qu’on en décrypte les enjeux ». Un journal fondé, donc, sur l’amour d’un département riche culturellement, historiquement, politiquement et économiquement… Mais Essonne Info, c’est aussi «  faire un journal qui réponde aux aspirations à une info locale de qualité pour les lecteurs, et ainsi solliciter régulièrement les gens qui nous lisent  » poursuit Julien Monier. Après une large exposition du journal sur la recherche d’un modèle éditorial et économique, ainsi que ses finances et sa situation actuelle délicate, Julien accueille nos invités afin que le débat commence.

Quelle place pour la presse locale ?

Et nos invités connaissent bien la presse locale : Graziella Riou, ancienne journaliste du Républicain et de boocan.com, le premier pure-player essonnien, Bernard Gaudin, ancien journaliste du Parisien Essonne et fondateur de Corbeil Infos et Cécile Dubois, journaliste et fondatrice de 94 Citoyens, journal d’information numérique et indépendant du Val de Marne.

Tous s’accordent à dire qu’elle est d’une importance capitale. « C’est un relais associatif. Si la presse locale n’existait pas, les associations auraient du souci à se faire » explique Cécile Dubois. « Nous sommes souvent une source pour les journaux nationaux. On est les premiers sur le terrain » complète Mylène Hassany, journaliste à Essonne info.
Une discussion qui, même avec un fil conducteur, s’écarte un peu. Mais les grandes idées sont là : la presse locale a une importance pour les personnes du département. C’est un relais, un journal proche de ses lecteurs qui permet de connaitre mieux l’espace dans lequel on vit. « C’est un département plein de vitalité, je m’en suis rendue compte lorsque je travaillais » affirme Graziella Riou.

Vient la question économique. Il est difficile pour la presse locale, surtout numérique, de rester stable économiquement. Elle est souvent gratuite mais que se passe-t-il quand celle-ci devient payante ? Peu de personnes sont prêtes à payer. « Je n’ai pas réussi à tirer des ressources de Corbeil-Infos » confie même Bernard Gaudin.

« Il est difficile de faire payer les informations sur Internet, la faute aux grands médias ! Ils ont instauré la culture du gratuit déplore Graziella Riou. Tout le monde rame  ». Le défi est de s’imposer. S’imposer là où la presse nationale ne le peut pas. Un exemple simple que propose notre journaliste Jérôme Lemonnier : « Lors de l’élection présidentielle, au second tour, Nicolas Dupont-Aignan a annoncé qu’il rejoignait Marine Le Pen. La presse nationale était là pendant deux heures et après plus rien. Nous, presse locale, on est allé sur le terrain, on est allé voir les habitants de Yerres pour proposer des articles plus en profondeur  ».

Après l’intervention de quelques lecteurs, parfois sévères sur le monde de la presse en général, et le débat entre nos invités, l’événement s’achève.

Après cette rencontre-débat, que faut-il retenir ? La presse locale est importante mais, mais il est difficile de trouver un véritable modèle économique et de le maintenir.

Rémunérer son journal, c’est avant tout faire vivre une information indépendante et locale. Ce qu’Essonne Info s’efforce de faire depuis sa création. C’est à vous de nous aider et de nous faire vivre. Abonnez-vous !