Du 25 juillet au 31 août 2017. Voici la période sur laquelle vont se dérouler les travaux sur les pistes principales de l’aéroport d’Orly. Il s’agit ainsi de la deuxième phase de « ces travaux exceptionnels », comme le rappelle Franck Mereyde, le directeur de l’aéroport. « Les derniers travaux de cette envergure se sont tenus en 1963, poursuit le directeur du site. Il va s’agir de faire une mise aux normes par rapport à la sécurité notamment. C’est un chantier nécessaire avec des changements extrêmement profonds, mais pas sur la fréquence. Après 2019, tout sera fini, et les prochains travaux de ce type n’interviendront pas avant une cinquantaine d’années ».

Balisage, tapis, pentes, zones de sécurité en bout de piste, 300 km de câbles à installer, bref le chantier s’annonce une fois de plus pharaonique. Mais le problème de ces travaux, c’est qu’ils se dérouleront sur l’une des pistes les plus empruntées, la piste 4 avec son axe Est-Ouest. Déjà en travaux l’été dernier, celle-ci avait été entièrement neutralisée. Et cet été, c’est le même schéma qui se profile, au grand dam de certains riverains du sud de l’aéroport.

Car la fermeture de cette piste va entraîner un redéploiement des vols sur les autres pistes d’Orly. La piste 3 parallèle à la 4 tournant déjà à plein régime, c’est donc vers la piste 2 avec son axe Nord-Sud que la direction de l’aéroport se penche une nouvelle fois. « Comme durant les travaux de l’année dernière, à défaut de pouvoir transvaser du trafic sur un autre aéroport, nous ouvrirons la piste 2. Mais cette année, nous l’emprunterons moins qu’en 2016 », insiste ainsi Franck Mereyde.

« C’est tout bonnement l’horreur ! »

Présent à Juvisy-sur-Orge, dans le cadre d’une réunion publique, Franck Mereyde est venu en personne présenter les travaux qui impacteront directement l’aéroport et de manière indirecte, les riverains du sud d’Orly. Et celui-ci s’est quelque peu fait chahuter par une partie de ces derniers. « L’été 2016 a été une véritable souffrance pour nous, lance une riveraine excédée par les survols des avions. Nous n’avons pas pu profiter de notre jardin. Ce que nous recherchions en nous installant ici, c’est du calme près de Paris. Mais depuis l’été dernier, c’est tout bonnement l’horreur ! ». « Pourquoi choisir à chaque fois l’été, le moment où chacun veut profiter de son jardin ? », reprend un Juvisien. Ne se laissant pas désarmer, Franck Mereyde assume ce choix. « L’été est la période de l’année où le trafic aérien est le plus faible. Également, il s’agit d’une période où il y a rarement de brouillard. C’est important pour la bonne tenue des travaux ». Avant d’annoncer : « Par rapport à 2016, nous nous sommes battus pour rendre le chantier plus court de trois jours. Cela peut paraître peu, mais trois jours de travaux, 24/24h, ça représente plusieurs semaines de travaux de voirie en ville », relance le directeur d’Orly, qui appuie encore sur l’aspect exceptionnel de ces travaux. Un argument qui ne suffit cependant pas à recueillir l’unanimité.

Autre interrogation des riverains : ces travaux serviront-ils à accueillir plus de vols ? « Non, répond simplement Franck Mereyde. Pour 2016, il y a eu près de 235 000 mouvements à Orly, alors qu’il y en avait 245 000 en 1998. Toutefois, il y a plus de voyageurs qu’avant, car les avions sont plus fournis », résume le directeur de l’aéroport.

Fin des travaux en 2019

Ainsi, le directeur l’assure, pendant un mois, les Essonniens qui seront survolés ne pourront que prendre leur mal en patience. Le couvre-feu allant de 23h30 à 6h du matin sera respecté. De quoi en rassurer quelques-uns.

Toutefois, une autre information a quelque peu refroidi l’ambiance. Quand s’arrêteront ces travaux exceptionnels ? « En 2019 », affirme Franck Mereyde. « Ça veut dire qu’on devra encore supporter ça pendant trois étés », s’inquiètent alors plusieurs riverains. « Pour cet été, la piste 4 sera entièrement neutralisée. Les travaux sur la piste 3 se feront à l’été 2019. En 2018 donc, il n’y aura pas de recours à la piste 2, mais en 2019, oui », informe le directeur de l’aéroport d’Orly. « Ah bah c’est bon à savoir. Vendez vos maisons Messieurs, Dames, raille une femme présente dans l’assemblée. Ou au moins, offrez des boules Quiès à toutes les pharmacies du coin ».

La réunion se termine, la plupart des participants en ressort abattu. Seuls quelques-uns semblent comprendre. « C’est normal qu’il y ait des travaux. C’est pour la sécurité de l’aéroport. Il faut les faire, on ne peut pas y remédier autrement. Prenons notre mal en patience. Ceux qui sont survolés H-24 ne se plaignent pas plus que ça, alors pourquoi le ferait-on pour seulement quatre mois de survols dans toute notre vie. Et vu la fréquence de ces travaux, je ne serai plus là pour souffrir des nuisances lors de la prochaine phase qui se fera dans 50 ans », conclut avec une pointe d’ironie un jeune retraité.