Orly appelé à disparaître, pour laisser la place à une nouvelle zone d’habitat et de vie? Cette possibilité a priori folle devrait pourtant être débattue à l’assemblée nationale. Une soixantaine de députés, avec à leur tête le député-maire de Villeneuve-le-Roi Didier Gonzales ont déposé une proposition de loi allant dans ce sens. En Essonne, l’éventualité de fermer l’aéroport du sud de Paris ne laisse pas indifférent.

La voie piétonne qui relie les terminaux Sud et Ouest de l’Aéroport de Paris-Orly, sera-t-elle déplacée en dehors du territoire Francilien ?

Et si les aérogares Orly-sud et Orly-ouest, les pistes et la zone aéroportuaire étaient remplacés à terme par un nouveau quartier de logements et d’activités? C’est l’objet d’une proposition de loi déposée par Didier Gonzales, député-maire UMP de Villeneuve-le-Roi (Val de Marne), et soutenue notamment par trois députés essonniens du nord du département, donc concernés par les nuisances aériennes. Françoise Briand (Athis-Viry), Guy Labordes (Plateau de Saclay) et Guy Malherbes (Longjumeau) sont en effet signataires de la proposition de loi.

Pour Didier Gonzales, cette proposition de loi vise à « lancer le débat sur l’avenir des aéroports parisiens » . Il souligne que jusqu’en 2028, avec une hausse annuelle du trafic du trafic aérien de 4,7%, la région parisienne devra « absorber 600 000 mouvements supplémentaires dans les vingt prochaines années » . Il propose ainsi « la relocalisation de l’aéroport d’Orly vers un site moins nuisant » .

Levée de bouclier en Essonne

Cette proposition semble faire l’objet d’une véritable fronde de la part de nombreux élus et acteurs essonniens. « C’est une proposition totalement incohérente au regard des projets gouvernementaux et régionaux de développement des transports en commun » affirme Jérôme Guedj, le président du Conseil général, qui souligne que « depuis dix ans, l’aménagement de ces territoires a été pensée autour de l’aéroport d’Orly » .

Du côté de la Chambre de Commerce et d’industrie, on met en avant le rôle d’Orly dans le projet de développement du Grand Paris. Pour Gérard Huot, son président, « toutes les grandes métropoles ont au moins deux zones aéroportuaires » , et de souligner la « proximité » du site d’Orly, qui permet « le développement économique des territoires qui constituent la richesse du département et les échanges entre les entreprises » .

Même son de cloche pour Thierry Mandon, jusqu’à peu chargé du développement économique pour le département, pour qui Orly représente « une plate forme d’emploi et de développement essentielle à la stratégie d’aménagement de l’Essonne » .

Pourtant, dans l’entourage de Didier Gonzales, on est très sérieux quant au débat lancé. « Il s’agit de donner mandat au gouvernement pour prévoir une solution dans vingt ans, car avec le Grenelle sur l’environnement, il n’est pas possible de créer de nouvel aéroport, la solution est donc de transférer un site existant » précise-t-on.

Après les présidentielles, les législatives…

Lors de la commission permanente du Conseil général, qui a eu lieu lundi, les élus de l’opposition du groupe UMP se sont désolidarisés de cette annonce, laissant entendre qu’il s’agissait d’une initiative à laquelle ils n’étaient pas associés. Pourtant, la question des couloirs aériens continue de faire débat, notamment dans les villes concernées par les nuisances actuelles de l’aéroport. Il pourrait donc s’agir d’une pierre jetée à l’adresse de tous ceux qui se sont saisis, ces derniers mois, des enjeux concernant les nuisances aériennes.

Après les présidentielles de 2012 aura lieu le renouvellement des sièges de députés, dans les dix circonscriptions de l’Essonne. Quand on sait la tension qu’il existe auprès des habitants à chaque annonce de déplacement des couloirs aériens, cette proposition pourrait susciter un certain intérêt chez les associations environnementales locales. Un débat devrait être organisé lors de la prochaine séance du Conseil général, lundi prochain, par Francis Chouat, vice président au développement du département.