Cela fait d’abord sourire, voire rire, et puis on finit par rire jaune, tellement la configuration qui s’annonce semble lunaire. Les habitants des communes de la 1ère circonscription* vont devoir départager une foultitude de candidats le 11 juin prochain, jour de premier tour des législatives.

Il y a eu d’abord l’annonce du candidat indépendant, Jacques Borie. Cet Evryen membre de réseaux citoyens a en quelques sortes réussi un « coup » en dévoilant l’identité de son suppléant, le chanteur engagé Francis Lalanne. Celui-ci a eu beau expliquer, lors d’une visite à Evry, vouloir assumer son rôle d’artiste qui n’est « pas seulement de créer, mais de mettre sa notoriété au service d’une noble cause », sa présence symbolique en Essonne est clairement annoncée comme anti-Valls.

Et puis la confirmation, le lendemain, de la présence dans ce scrutin de deux autres « personnalités » en binôme : l’activiste identitaire breton Nolan Lapie, affublé de l’humoriste plusieurs fois condamné Dieudonné. Ce dernier annonce la couleur sur sa page Facebook : entre deux spectacles à promouvoir et ses produits dérivés à écouler, il a régulièrement dans son viseur l’ancien maire d’Evry et ex-Premier ministre. Il lui rend ainsi la pareille, trois ans après le bras de fer entamé par Manuel Valls pour faire interdire ses spectacles (lire dans nos archives).

Le sketch ne serait pas complet sans la participation des partis et leurs lamentables décisions, entre tractations nationales et querelles de personnes. Les Insoumis partent ainsi divisés, avec pas moins de deux candidatures se revendiquant du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

Et si En marche!, le parti du nouveau président de la République n’a pas investi de candidat pour laisser le champ libre au député sortant Manuel Valls, cette décision semble loin de satisfaire les militants locaux d’Emmanuel Macron. Ils devraient être ainsi au moins deux à concourir au premier tour face à lui. Une confusion qui règne depuis plusieurs semaines au sein du jeune parti, qui présente pour l’occasion toutes les caractéristiques des vieilles officines.

Quant au député sortant, qui ne s’attendait vraisemblablement pas à recevoir autant de publicité de la part de ses adversaires, l’imbroglio entre le PS et En marche! lui donne en principe le champ libre. Il signe ainsi son dernier tract de « candidat de la majorité présidentielle », en reprenant le code couleur des candidats labelisés par Emmanuel Macron. De quoi entretenir un peu plus la confusion, pour des électeurs dont on est en droit de se demander, qui s’intéresse vraiment à leurs problèmes.

*Bondoufle, Corbeil-Essonnes, Courcouronnes, Evry, Lisses, Villabé