Officiellement à la tête du pays depuis sa passation de pouvoir avec François Hollande ce dimanche 14 mai, Emmanuel Macron a déjà lancé plusieurs bribes sur son gouvernement futur. Avec l’investiture d’Édouard Philippe (LR) en tant que premier ministre, le chef de l’état a notamment démontré son ouverture et confirmé quelque peu cette notion de rassemblement tant évoquée lors de sa campagne. 

Ce lundi, via un communiqué de presse, quelques vingt élus LR/UDI ont décidé de répondre à la « main tendue » du président de la République, et ont appelé tous les membres de leur parti à en faire de même. « Nous demandons solennellement à notre famille politique d’être à la hauteur de la situation de notre pays et de l’attente des Français… », peut-on y lire.

L’appel a visiblement été entendu par de nombreux élus, puisqu’ils sont près de 200 (173 ce mardi soir) à y avoir favorablement répondu. L’Essonne n’a évidemment pas échappé à cette vague, plusieurs élus du département ont à leur tour donné leur accord. Stéphane Beaudet, maire (LR) à Courcouronnes, est l’un des premiers à avoir signé ce communiqué. Il en est l’un des investigateurs. « Si notre boulot c’est juste d’être des Républicains, d’être dans l’opposition… ça ne me convient pas. Les Français ne veulent pas de cette rivalité stérile. Je ne veux pas perdre 5 ans », ajoute le vice-président en charge des transports, aux propos mentionnés dans le communiqué. « Je ne laisse pas tomber mes candidats. Je ne soutiens pas les candidats de Macron, il n’y a pas d’ambiguïté », nuance ensuite le président de la fédération Républicains 91.

Le secrétaire de la fédération, aussi maire de Palaiseau, semble visiblement sur la même longueur d’onde. C’est par un communiqué de presse que Grégoire de Lasteyrie s’est exprimé ce lundi 15 mai. « Ne nous opposons pas de manière stérile. Travaillons au contraire en bonne intelligence au service des Français », lance le conseiller régional d’Île-de-France. « A ce titre, je réaffirme mon plein soutien aux 10 candidats investis en Essonne qui portent les couleurs de la droite et du centre. Leur élection permettra d’amplifier cette orientation en garantissant la majorité la plus large possible pour notre famille politique ».

Aurélie Gros, vice-présidente du Conseil départemental n’a pas attendu cette initiative pour tenter de rassembler. Si elle a bien évidemment rejoint le mouvement, elle est surtout depuis le 2 mai dernier à la tête de « La France Vraiment », une association nationale basée principalement sur l’échange. « L’idée était en réflexion depuis plus d’un an », assure l’édile. Avec environ 150 adhérents sur toute la France depuis son lancement, cette association espère pouvoir un jour changer les choses. « Si les concitoyens portent cette association, on aura beaucoup plus de voix que moi toute seule », poursuit la vice-présidente de l’Essonne. Elle qui, par ailleurs, affirme continuer de soutenir des candidats LR « de très grande qualité« , estime aussi que son parti pourrait s’ouvrir pour le bien des Français. « J’espère que l’intelligence prendra le pas sur les intérêts de partis ». Mais si certains élus du département devraient rapidement suivre le mouvement, le positionnement de François Baroin, un des chefs de file LR aux Législatives, divise quelque peu le parti. Reste à savoir quelles en seront les conséquences.