« Il y a un double sentiment. D’un côté il y a le ouf de soulagement après un peu plus de deux ans de travail. Mais de l’autre côté il y a le stress. On pense souvent que lorsque l’album sort c’est la fin, mais en fait c’est le début de l’histoire ». C’est par ces mots qu’Ask’Em tente de nous transmettre ses premières émotions. Depuis le 13 mars dernier, cet auteur interprète peut enfin palper son oeuvre, son premier album, « Farewell ». « Quand on reçoit l’album pour la première fois, c’est une vraie fierté », explique-t-il.

Lyriciste depuis son plus jeune âge, Ask’Em se frotte rapidement au public essonnien lors de Jam session organisées notamment sur les scènes des MJC du département. Muni de ses instrus trouvées sur internet, il pose ses textes et expose ses rimes au fil des soirées. Petit à petit les choses s’accélèrent pour l’artiste, il est choisi pour être l’une des têtes d’affiche du spectacle son et lumière organisé à Evry pour les 50 ans de l’Essonne. C’est là que sa musique prend une toute autre tournure. En plus de lui assurer une nouvelle visibilité, cet événement lui permet de rencontrer des musiciens avec qui il décide de s’associer. Rapidement, Alice Tréla (clavier/voix), Marc Delaval (Basse), Mozen (Batterie) et Ask’Em ne font plus qu’un, avec un objectif commun, sortir un album. Voilà qui est fait.

« Depuis le moment où on a commencé à entrer en studio, à créer des musiques… ça fait deux ans. Mais en terme d’écriture, c’est depuis mes 18–19 ans », se souvient l’artiste. De ses écrits, ses musiciens et lui travaillent pour créer de multiples univers. Fini le rap pur et dur, place à un mélange de Soul, de Jazz, de Funk, et de Hip-Hop. « C’était intéressant de ne pas être entouré que de beatmakers où de gens qui ne sont que dans le rap. Là j’étais obligé de voir plus loin, et eux aussi puisqu’ils (ndlr, les musiciens) n’étaient pas du tout dans l’univers rap. On a tous appris les uns des autres et c’est hyper enrichissant », détaille Yousseïf, de son vrai prénom.

Une soirée aux multiples surprises

Deux années de travail acharné, non pas sans moments difficiles pour les artistes. De la sélection des morceaux, à l’écriture de nouveaux textes, le doute a parfois pu s’installer. « Il y avait des morceaux que je voulais dans l’album, mais on a dû faire des concessions. Il y a des moments où on travaillait sur des morceaux et on ne savait pas où on devait aller. Il y a aussi les moments où il fallait un morceau un peu plus pêchu, mais où il n’y avait juste pas d’inspiration », énumère l’artiste. Seuls trois des textes composant l’album avaient été écrits en amont, d’autres sont arrivés plus tardivement, notamment « Merci », lors de la dernière semaine d’enregistrement.

Au final, des morceaux aux couleurs artistiques bien différentes, difficile d’ailleurs pour l’artiste d’en sortir un du lot. « Il y a des morceaux dont je suis fier pour différentes raisons. Comme « Amani » où je chantonne légèrement dessus et c’est le seul morceau où je le fais. Des morceaux comme « Ben & Jenny » où je suis complètement conquis par la couleur musicale qui a été donnée à cette histoire, ou « 6 mai » où je change totalement ma façon de rapper », explique-t-il. « En fait les morceaux je les préfère selon les conditions. Il y en a que j’ai préféré enregistré, d’autres que je préfère à ma façon de les faire sur scène, et d’autres à la façon dont je les ai écrits ».

Le 5 mai dernier, l’artiste de tout juste 27 ans a franchi un nouveau cap. Son album « Farewell » est depuis ce jour disponible sur toutes les plateformes de téléchargement légales aux côtés de grands noms de la musique. « Je savais qu’il allait arriver le 5 mai. Je me suis levé à 3h du matin par réflexe. Je me suis cherché, et je me suis trouvé », raconte Ask’Em. « C’est bizarre. D’un coup j’avais envie d’écouter l’album comme si je ne l’avais jamais entendu avant. Je l’ai écouté en allant au travail ».

S’il a visiblement aimé réécouter son propre album, Ask’Em devra surtout aimer le faire écouter. C’est en sortie de concert qu’il est allé lui même distribuer des flyers pour évoquer sa « Release Party » . « Le fait de le faire soit même, il y avait peut-être une forme d’humilité. Les gens étaient contents de voir ma tête sur le flyer et de voir que c’est moi qui les distribuais. Au début j’avais peur d’être frustré par rapport à ça, mais au final j’ai trouvé ça marrant », se souvient-il. Prévue le 12 mai prochain au Plan de Ris-Orangis, cette soirée co-produite par Le Plan et la Halle du Rock (producteur de l’album) aura pour fil conducteur l’échange. Un concert gratuit animé par de multiples surprises, des sons inédits, et même des cadeaux à gagner. « Il ne s’agit pas de faire l’album et de partir ensuite. On veut discuter avec les gens, leur faire découvrir de nouvelles choses. Dans l’énergie ce sera quelque chose qu’on va construire au fil de la soirée », précise-t-il alors que le trompettiste Alexandre Hagenmuller sera lui aussi de la partie.

Dans l’attente de découvrir son premier public, Ask’Em s’interdit de voir plus loin. S’en suivront plusieurs concerts pour présenter l’album, seul projet en réflexion, la création de son premier clip. Mais avant ça, l’auteur et interprète de « Farewell » vous attend nombreux pour sa première grande soirée dans le monde de la musique le vendredi 12 mai prochain à 20h, au Plan de Ris-Orangis.

« Je tiens à remercier la Halle du Rock, sans qui on aurait pas cet album. Je remercie aussi Ad Lib studio, où on a pu enregistrer cet album. Le Plan, les personnes qui nous suivent et les premières personnes à avoir téléchargé mon album. J’espère qu’il y en aura d’autres ».