Le projet était dans les tuyaux depuis près de deux ans. Le 24 juin 2015, les élus de l’ancienne communauté d’agglomération du Val d’Orge se prononçaient pour une régie publique de l’eau en lieu et place d’une délégation de service public comme c’était le cas jusqu’à maintenant (Suez et Veolia). Une décision renforcée par la volonté des habitants du territoire, concertés en juin 2015 et en majorité favorables au projet (78% sur plus de 7 000 votants).

Depuis le 1er mai dernier, dix communes* de l’agglomération Cœur d’Essonne sont donc approvisionnées en haut potable par la nouvelle régie publique qui en gère la distribution. Une nouvelle organisation qui doit permettre de mieux gérer ce bien commun mais aussi de faire baisser les prix : « Faire le choix d’une régie c’est aussi s’engager pour préserver au mieux ce bien public tout en le proposant au prix le plus juste, explique Sylvain Tanguy, vice-président de l’agglo et président d’Eau Cœur d’Essonne. Cet engagement se retrouvera au moment de la facturation avec, par exemple, des frais d’abonnement de compteur revus à la baisse ».

Concrètement, si les charges fixes étaient jusqu’alors différentes d’une commune à l’autre, elles sont désormais harmonisées, avec un abonnement à tarif unique pour tous : « La création d’Eau Cœur d’Essonne va permettre de regrouper dix contrats en un seul, poursuit Sylvain Tanguy. L’objectif est de proposer un tarif au m3 inférieur à ceux qui existaient auparavant, pour au moins 8 communes sur dix car Le Plessis-Pâté et Fleury-Mérogis bénéficient déjà de contrats récents et de réseau en bon état  ».
Ainsi, les charges fixes, qui s’échelonnaient jusqu’ici entre 20 à 70 euros par an (pour 1 diam. 15) suivant les communes, seront désormais de 19 euros par an pour les 33 300 abonnés et les 130 000 habitants concernés. Idem pour les factures annuelles abonnement/consommation qui devraient être moins élevées (environ 166 euros par an pour 120 m3).

Outre les économies sur la facture, le passage à une régie publique doit permettre d’associer davantage les consommateurs et d’investir en toute transparence. Ces derniers seront par exemple représentés au sein du conseil d’administration par l’intermédiaire de trois associations. « En tant qu’opérateur public, la régie ne réalisera aucun bénéfice, ni rémunération de ses élus, assure Sylvain Tanguy. Chaque euro versé pour payer l’eau sera transformé en investissement pour entretenir et moderniser notre réseau et plus largement nos services. Ce principe que l’on pourrait résumer par ‘L’eau paye l’eau’ est un véritable engagement et un gage d’efficacité et de proximité ».

Quant aux consommateurs qui s’interrogeraient sur le suivi de leur dossier, l’agglomération précise que tous les contrats souscrits avec Veolia ou Suez sur le périmètre concerné seront « automatiquement transférés  » à la nouvelle régie publique Eau Cœur d’Essonne. Le siège de la régie, situé 20 Rue Denis-Papin à Saint-Michel-sur-Orge, sera également un lieu d’information : « On va pouvoir se rapprocher de nos concitoyens avec des bureaux et du personnel d’accueil pour répondre aux tracas du quotidien de nos usagers », souligne le vice-président de l’agglo. Les consommateurs concernés recevront leur première facture en septembre 2017. Avec la possibilité d’opter pour une e-facture ou un prélèvement automatique mensuel.

« Nous resterons vigilants »

Du côté de l’association de consommateurs Aggl’eau Publique Val d’Orge, on accueille le passage à Eau Coeur d’Essonne positivement : « Le principe de tarification progressive est sur trois tranches (de 1,22€/m3 pour la première, à 1,63€/m3 pour la dernière tranche, ndlr) encourage à éviter le gaspillage, notamment dans l’usage courant de l’eau, reconnaît Pascal Grandjeat, son représentant au conseil d’administration de la nouvelle régie. Les plus petits consommateurs paieront donc moins que les plus gros ».
En revanche, il émet quelques réserves quant à la différence entre logements collectifs et individuels : « Durant les discussions du groupe de travail de la régie sur les tarifs, un recensement des collectifs devait être fait début 2017 grâce à la double relève des compteurs effectuée par les agents de Suez et ceux de la régie. Elle devait permettre d’identifier les abonnés à des gros compteurs correspondant aux ensembles collectifs de logements, de façon à leur appliquer le même tarif qu’aux abonnés habitants dans des logements individuels. Or, ce travail a été fait de manière imprécise, et les communes nous disent aujourd’hui qu’il est impossible pour elles de réaliser ce recensement. Il faudra donc voter une nouvelle délibération pour que les tarifs soient alignés. Ça peut être fait dans les trois mois. Nous resterons vigilants », prévient-il.

« C’est une histoire qui va continuer et nous mobiliser dans les mois qui viennent  », conclut Olivier Léonhardt, président de Cœur d’Essonne agglomération. Certaines communes du territoire de l’ex-Arpajonnais, intégré à l’agglomération Cœur d’Essonne en janvier 2016, pourraient en effet profiter du dispositif à l’avenir.

*Les villes gérées depuis le 1er mai 2017 par la nouvelle régie publique Eau Cœur d’Essonne: Brétigny-sur-Orge, Fleury-Mérogis, Leuville-sur-Orge, Longpont-sur-Orge, Le Plessis-Pâté, Morsang-sur-Orge, Saint-Michel-sur-Orge, Sainte-Geneviève-des-Bois, Villemoisson-sur-Orge et Villiers-sur-Orge.

Information au numéro vert 0 800 500 191 ou via l’adresse suivante contact@eaucoeurdessonne.frSiège de la régie publique Eau Cœur d’Essonne : 20 Rue Denis-Papin, Saint-Michel-sur-Orge (ouvert du lundi au vendredi, de 8h à 12 et de 13h30 à 18h).