C’est un courrier, bouclé dimanche soir et envoyé dans la foulée au président, dans lequel 8 maires (tous moins Dupont-Aignan) et le président du Département demandent à NDA de « remettre [son] mandat » à la tête de la CAVYVS. La nouvelle agglo, née de la fusion des anciennes Val d’Yerres et Sénart Val de Seine avait mis à sa tête Nicolas Dupont-Aignan début 2016. Après plus d’un an de discussions difficiles, les élus avaient fini en ce début 2017 à s’accorder sur des orientations communes, traduites dans un protocole financier accouché dans la douleur (Notre dossier sur les tractations de l’aggloabonnés)

Deux jours après l’annonce de son soutien à Marine Le Pen pour le second tour, les maires lui rappellent que son rôle est de représenter les différents élus des communes membres, en faisant en sorte de « rapprocher les points de vue », et en cherchant « l’equilibre » et le « consensus ». Ce choix « heurte violemment les valeurs qui nous rassemblent et qui fondent justement le pacte républicain » écrivent les maires, reflétant ainsi la position adoptée ce week-end par une grande partie des élus essonniens ainsi que les principaux appareils politiques.

Son « ralliement » à Marine Le Pen au second tour, ne lui « permet plus de créer les conditions de la confiance et de la concorde dans notre assemblée et donc d’exercer [ses] fonctions de président » ajoute-t-il, réclamant une réponse rapide de sa part. Nicolas Dupont-Aignan (qui n’a pas répondu à nos sollicitations), a rappelé dans plusieurs interviews de week-end qu’il assumait pleinement son choix et les conséquences qui en découleraient, même si il ne s’est pas encore étendu sur le choc local, dont la série de manifestations organisées à Yerres depuis samedi (lire notre article).

« Il nous a mis dans une situation pas vivable, qu’il en tire les conclusions » résume Georges Tron, le maire de Draveil. Ce dernier ne se dit pas étonné par la position prise par NDA, et n’hésite désormais pas à le qualifier de « type sans foi ni loi ». Concernant sa présidence de l’agglo, pas question pour les élus locaux d’être assimilés au maire de Yerres : « il a franchi le rubicon, c’est son problème, pas le notre ». Même tonalité pour François Durovray, le président du Département et premier vice-président à l’agglo, également signataire de la missive. « Tous les maires ont jugé que sa position n’était plus compatible avec la notre » raconte-t-il, refusant « de justifier auprès de nos habitants la position de NDA ». Cette demande de démission est aussi selon lui, « un message important pour les agents de l’agglo, car ils s’inquiètent et c’est normal ».