Vendredi dernier a été inaugurée la ferme de Favreuse, située dans la commune de Bièvres sur le plateau de Saclay. En plein débat sur le devenir des espaces naturels au sein du plateau, cette initiative va dans le sens d’une production agricole bio tournée vers les besoins des populations locales.

La ferme de Favreuse était ouverte à la visite des curieux vendredi 10 juin

Au détour d’un chemin, en suivant la route des écuries de Favreuse, se trouve une nouvelle exploitation agricole, en fonctionnement depuis seulement quelques mois. A la tête de cette petite exploitation familiale se trouve Charles Monville, la quarantaine, qui a bénéficié de quatre hectares de terres pour lancer son projet.

Après un passage en Touraine, il s’est engagé dans l’élevage de poulet bio sur le plateau de Saclay. Vendredi dernier, lors de l’inauguration de son exploitation, une visite de ses installations était organisée. L’occasion pour le porteur du projet de revenir sur les circonstances de la création de sa ferme.

Une clientèle très locale

Il s’agit d’un projet qui a été lancé fin 2008. A son origine, la volonté conjuguée de Charles Monville, attiré par l’élevage bio, la mairie de Bièvres, et l’Agence des Espaces Verts de la région Ile-de-France. C’est cette dernière, véritable « bras armé de la région«  pour son président Olivier Thomas, qui possède les terrains et a financé une partie du projet.

La toute jeune installation est composée d’un hangar de travail, dans lequel se trouve la boutique de vente directe, ouverte tous les jeudis après-midi, une maison et six bâtiments d’élevage. Le tout a été réalisé selon des normes écologiques, qui permettent à l’exploitation d’être autonome en matière énergétique.

En ce qui concerne la vente de ses poulets bio, Charles Monville explique réaliser « 50% en AMAP » , et une bonne partie en « vente directe au consommateur » . La commune de Bièvres achète quant à elle 48 poulets par mois pour ses cantines et sa restauration collective. « Les choses bougent pour que les produits soient vendus dans un circuit local » se réjouit l’agriculteur, qui attire une clientèle de voisinage en recherche de qualité, et qui grossi grâce au bouche à oreille.

« Il y a vraiment de quoi faire »

Vendus 10,50 € au kilo, alors qu’un poulet fermier se négocie aux alentours de 9,5 €, Charles Monville croient en l’avenir de ses poulets bio, et justifie leur prix supérieur par le choix de leur alimentation, à base de céréales bio. « L’alimentation de mes poulets revient à 6 €, alors que cela coûte 3 € pour un poulet normal » indique-t-il.

Malgré le rythme de travail prenant – 65 ou 70h hebdomadaire – il conseille à de jeunes agriculteurs de se lancer dans le bio. « Il y a vraiment de quoi faire » affirme-t-il, en ce qui concerne l’Ile-de-France où existe une vraie demande. L’éleveur parle de « multiplier ces expériences » . L’aménagement du plateau de Saclay, notamment, pourrait être bien inspirée par ce genre d’idées. Si ce projet se révélait concluant à moyen terme, cela pourrait influer sur l’orientation à donner aux terres cultivées dans les prochaines années. A commencer par Charles Monville lui-même, qui pense à « se diversifier » et pourquoi pas s’agrandir à terme.