Ce samedi 15 avril, il y a comme des bourdonnements qui s’échappent du Palais des Sports de Corbeil-Essonnes. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un essaim d’abeilles, pas même d’une invasion de moustiques. L’origine de ces vrombissements s’explique par le biais de la mécanique. En effet, il s’agit en réalité de petites machines volantes : des drones. « Des multirotors, précise Vincent Boisselier, le président de l’association Sénart multirotors racing. C’est une déformation du langage, car quand on parle de drones, cela fait référence aux engins utilisés par l’armée ». Vous l’aurez compris, ce samedi il n’était pas question de frappes de destruction massive, mais bien de s’amuser. Il s’agissait ainsi d’une compétition de vitesse. « Au total, 40 pilotes sont là pour s’affronter dans deux catégories de multirotors. L’objectif est simple, être parmi les plus rapides pour espérer accéder à la finale et la remporter », explique le président de l’association organisatrice. Zoom sur ce sport qui fait de plus en plus d’adeptes.

Le parcours en LED (JL/EI)

Le parcours en LED (JL/EI)

Pour l’occasion, le Palais des Sports de Corbeil-Essonnes est plongé dans la pénombre, histoire que les pilotes puissent mieux voir le parcours proposé. Ce dernier est d’ailleurs bien visible. Composé de LED aux couleurs vives, il propose une série de virages plus ou moins serrés, voire même d’obstacles à contourner. Equipés de leurs lunettes spéciales qui leur permettent d’être directement connectés à la caméra placée sur leur machine, les pilotes effectuent différentes reconnaissances du parcours avant de se lancer pleinement dans les séances de qualifications. « C’est comme pour un grand prix de formule 1, concède l’un d’entre eux. Le parcours est très beau, mais les obstacles arrivent très rapidement. Avec la pénombre, le rendu de la vidéo n’est pas extraordinaire, mais on va vite prendre nos marques ».

Le vol est ainsi le point d’orgue recherché par tous ses pilotes. « C’est tellement fun de voler !, lance Benoît. Je vole au moins une heure par jour. Ça représente près de dix batteries, chacune nous permettant de voler entre 4 et 5 minutes. Il m’arrive même de voler sur mes temps de pause à mon travail. Avec mon drone, je m’amuse à passer sous les tables, les chaises, bref, je me fais mon petit parcours d’obstacles », ironise ce dernier.

40 pilotes étaient présents au rendez-vous (JL/EI)

40 pilotes étaient présents au rendez-vous (JL/EI)

Toutefois, la casse n’est jamais très loin. « Dès le premier virage, j’ai cogné un élément du parcours qui m’a fait dévier sur un autre concurrent. Nous sommes sortis du parcours tous les deux. J’en ai abîmé une hélice », lâche un autre participant, quelque peu déçu de sa performance. « Habituellement, ces machines peuvent dépasser les 100 km/h, mais là, je n’ai même pas eu le temps d’accélérer une seule fois que mon drone était déjà à terre ».

À l’instar des compétitions de sports mécaniques, un espace réparations est prévu pour les pilotes qui ont connu de la casse. Hélices de rechange, fer à souder, glu, tout est là pour permettre à ces petites machines de concourir dans les dernières épreuves de la journée. « La casse fait partie du jeu », poursuit Benoît. Ce jeune passionné de multirotors qui concoure depuis peu n’en est pas à son premier arrêt aux stands pour « problèmes mécaniques ». « La semaine dernière, j’ai tapé une poutre d’un hangar. Mon drone est tombé de plusieurs mètres de hauteur. Il a fallu le réparer dans la foulée ». Mais pour lui comme pour les autres pilotes, les réparations sont partie intégrante de cette passion. « J’aime la rigueur et cette passion me permet de faire beaucoup de mécanique sur de petits engins. C’est l’autre aspect intéressant en plus de la course », continue Benoît, qui affirme recevoir assez régulièrement des colis avec de nouvelles pièces pour améliorer son drone.

Benoît, mordu de multirotor (JL/EI)

Benoît, mordu de multirotor (JL/EI)

«  Ici, nous ne bénéficions pas de supports techniques. Chaque pilote s’entraide pour réparer les casses des autres. Il y a une communauté extrêmement soudée et solidaire ». Une communauté assez large en termes d’âges. « La moyenne d’âge de notre association est de 32 ans, mais globalement, ça va de 13 à 60 ans », se félicite Vincent Boisselier. L’évènement qui a accueilli plusieurs dizaines de curieux aura peut-être fait des émules ?