Le « court-voiturage », ça vous parle ? Si le principe de covoiturage a trouvé preneur dès son arrivée sur le sol français il y a quelques années, notamment avec la plateforme BlaBlaCar, le « court-voiturage », lui, peine à se faire une place dans le coeur des Français. Pourtant, il n’a de différent que le nombre de kilomètres parcourus, si le covoiturage basique amène ses utilisateurs à sillonner la France entière, le « court-voiturage » se limite à de courtes distances. En Essonne, il est estimé que 59% des déplacements s’effectuent en voiture, dont 78% au sein même du département, alors même que le taux d’occupation moyen des voitures ne serait que d’une seule personne. Perte d’argent, manque d’optimisation de la place dans le véhicule, affluences sur les routes, pollution… Et s’il y avait une solution à tout cela ?

L’heure est à l’expérimentation en Essonne : du 18 avril au 30 juin 2017, les habitants du département pourront bénéficier d’un service de covoiturage « courte distance » gratuit, ce qui fait de l’Essonne le premier département à subventionner ce type de trajet. En partenariat avec la société Karos, spécialiste dans le secteur du covoiturage sur courtes distances, le Conseil Départemental prévoit un budget de 100 000 euros consacré à la prise en charge des frais de 50 000 trajets prévus pour la période expérimentation. Pour les futurs utilisateurs du dispositif, le Département limite sa prise en charge à deux trajets maximum par jour et par personne, dont chacun est à 35 km, et à hauteur de 20 trajets en tout et pour tout durant cette période.

« Ni un moyen de s’enrichir, ni un commerce »

Cette expérimentation intervient notamment dans le cadre du Plan de déplacements urbains Ile-de-France qui vise, à l’avenir, la réduction considérable de l’usage des transports individuels motorisés. Si l’usage de la voiture reste obligatoire et essentiel pour bon nombre de Franciliens, le Plan d’évolution de la mobilité axe l’une de ses mesures sur le « développement d’usages partagés de la voiture ». La commune des Molières, voisine de Limours, s’est décidée à intégrer le « court-voiturage » dans le quotidien de ses quelques 2 000 habitants, ce qui fait d’elle la première collectivité locale à proposer un tel service de transport collectif. Pour Yvan Lubraneski, maire de la commune, « l’auto-partage, c’est moins d’embouteillages, plus de convivialité et de solutions de mobilité complémentaires aux quelques transports en commun dont on dispose dans la commune ». Grâce à l’application Karos, il suffit simplement aux Essonniens de s’inscrire et se connecter, indiquer ses besoins en matière de transport et la plateforme se charge de trouver les profils de conducteurs les plus adaptés ! « On a l’envie d’accompagner les créateurs de Karos. Dans 10 ans, ce modèle sera sûrement considéré comme classique, il fera partie du quotidien, ils en sont les précurseurs. Aux Molières, on aime tester de nouvelles choses, partir à l’aventure ! », confie Yvan Lubraneski.

Le conducteur sera indemnisé, par le Conseil Départemental, des 10 centimes d’euros au kilomètre que le « covoituré » est censé payer. Alors que la moyenne des tarifs s’affiche à 20 centimes d’euros, « ce dispositif n’est donc pas un moyen de s’enrichir, ni un commerce, ni une concurrence aux taxis, c’est de l’indemnisation », précise Yvan Lubraneski. À terme, l’élu de la commune compte faire évoluer le concept, au-delà des frontières des Molières : « Le but ce n’est pas de le faire dans notre coin. Nous sommes traversés par deux routes départementales. Les voitures amènent quelques nuisances, donc, si elles s’arrêtent pour emmener quelqu’un de la commune à son travail, on met à profit quelque chose qui, au premier abord, peut être désagréable pour proposer une offre de mobilité idéale pour les habitants  », conclut-il. Alors, à vos téléphones pour un « court-voiturage » réussi !