TRANSPORT > Avec les projets Métro Grand Paris et Arc Express, sommes nous à l’aube d’une révolution des transports franciliens ? Etapes importantes pour le gouvernement et la région Ile-de-France, deux enquêtes publiques soumettent leur projet respectif à l’avis des franciliens.

Il s’agit d’une véritable compétition que se livrent depuis plusieurs mois le gouvernement et la majorité de gauche au Conseil régional d’Ile-de-France. Au cœur de cette compétition, l’enjeu des transports en commun dans la région capitale, avec d’un côté l’idée du Grand Paris et de son grand huit initié lors d’un discours tenu le 29 avril 2009, par le Président de la République, Nicolas Sarkozy. Et de l’autre le projet Arc Express, élaboré dans la concertation par la région, qui prévoit un cercle de métro automatique en proche banlieue, entourant Paris.

Même si depuis plusieurs semaines nous pouvons apercevoir, ici et là, plusieurs points de convergence sur certaines parties des trajets – certains parlent de fusion entre les deux projets – du Métro Grand Paris et Arc Express, les différences sont notables, notamment sur le coup financier (23 milliards d’Euro pour le Métro Grand Paris contre 8 milliards pour Arc Express). Mais la différence la plus flagrante se trouve sur les objectifs de chacun. Tandis que le Métro Grand Paris a pour vocation de relier les pôles économiques et les aéroports franciliens (Orly et Roissy), Arc Express se tourne vers une irrigation de la proche banlieue avec des arrêts fréquents, reliant un maximum d’interconnexions.

Près de soixante-dix réunions en quatre mois

Le Métro Grand Paris et Arc Express sont soumis à une enquête publique depuis le 30 septembre dernier, et cela jusqu’au 31 janvier 2011. Il s’agit en réalité de deux consultations portées par la Commission nationale du débat public (CNDP), une autorité administrative indépendante institué en 1995. La CNDP et ses deux commissions particulières ont la mission de veiller au respect de la « participation au processus décisionnel en ce qui concerne les grandes opérations publiques d’aménagement d’intérêt national » que sont les projets du Métro Grand Paris et Arc Express.

Dans le cadre de ces consultations, ce ne sont pas loin de 70 réunions qui seront organisées sur l’ensemble des territoires concernés, pour donner la possibilités aux franciliens de s’informer et de donner leur avis sur chacun des deux projets. Les deux trajets du Métro Grand Paris et Arc Express ayant plusieurs points de convergences, six réunions seront organisées conjointement pour les deux projets à Paris, Saint-Denis, la Défense, Champigny-sur-Marne, Rosny-sous-Bois et Créteil.

Le métro du grand paris, « un projet de développement économique, urbain et social »

Avec la création de 155 km de lignes nouvelles de métro automatique pour une quarantaine de gares, le réseau de transport du Métro Grand Paris propose un « réseau composé de deux rocades s’enroulant autour d’un axe central ». Il est donc question dans le projet du gouvernement de trois lignes desservant les grands pôles économiques de la région et les aéroports d’Orly et de Roissy.

Les lignes dites « rouge » et « verte » (voir le plan ci-dessous) sont des rocades autour de Paris qui relieront Le Bouget à la Défense, ainsi que Roissy à Orly par l’ouest francilien (Ruel, Versailles et Saclay). La ligne rouge aura un tracé de 60 km pour 24 gares et un trafic estimé entre 800 000 et 1,1 millions de voyageurs par jour. La ligne verte aura quant à elle un trajet de 75 km de long, pour 16 gares et un trafic estimé entre 400 000 et 500 000 voyageurs par jour.

Une dernière ligne, dite « bleu » sera l’axe central du réseau, en reliant les zones aéroportuaires de Roissy et Orly en passant par Paris. Elle sera la prolongation de la ligne 14 du métro parisien, au nord et au sud. Son trajet est de 50 km pour 22 gares et un trafic estimé à plus d’un million de voyageurs par jour.

Arc Express, le projet phare du Conseil régional

L’Arc Express est le projet phare du plan de mobilisation de la région Ile-de-France. Par l’intermédiaire d’un métro automatique, le Conseil régional souhaite répondre aux besoins de déplacement de banlieue à banlieue. L’instance régionale se base sur le constat que « la proche couronne de Paris concentre de nombreuses activités, une forte densité de population et un large potentiel de développement. Cependant, les déplacements en transports en commun restent « très faibles ».

Pour palier ce déficit, la région et le Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF) ambitionnent, avec le projet Arc Express, de « desservir efficacement et rapidement ces pôles d’activités existants ou en développement », en proposant dès 2017, une rocade de métro automatique en proche banlieue parisienne, d’une distance de 60 km pour une vitesse commerciale élevée de 40 km/h, avec un trafic estimé à 1 million de voyageurs chaque jour. Les lignes de métros automatiques Arc Express permettront, selon la région, « un report massif des utilisateurs de voiture vers les transports publics (…), il profitera également aux habitants de la grande couronne ».

Et l’Essonne dans tout cela ?

Cependant, les bénéfices pour l’Essonne ne sont pas jugés, pour de nombreux élus du département, aussi positifs, que ce soit pour le Métro Grand Paris ou pour Arc Express. Seul le projet Métro Grand Paris concerne directement l’Essonne avec des stations sur Massy, le plateau de Saclay et la zone aéroportuaire d’Orly.

De nombreux élus se sont exprimés lors de la réunion publique organisée par la Commission particulaire du débat public sur les transports du Grand Paris, sur Evry, vendredi dernier (lire notre article), pour une véritable rénovation des lignes de RER. La fédération de l’Essonne du Parti Socialiste a ainsi lancé la campagne Gare à l’Essonne, pour faire entendre la voix du département, notamment pour « l’affectation immédiate de 6,3 milliard d’Euros servant (…) à un véritable plan RER pour l’Essonne » (lire notre article).