A 10h30 aux abords de la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, le calme est revenu. Quelques visiteurs pénètrent dans l’édifice, pendant que les agents municipaux ramassent les débris de la veille. Des parcelles de routes sont encore calcinées, preuve de la chaude tension qui gravite autour de l’établissement pénitentiaire le plus grand d’Europe. Ce lundi soir, aux alentours de 19h30, le rassemblement prévu par l’intersyndicale (UFAP, FO, CGT) a bien eu lieu. Ils étaient près de 400 à venir dénoncer de vive voix leurs mauvaises conditions de travail. « On voulait mettre l’accent sur la violence grandissante à l’intérieur comme en dehors des murs », rappelle Didier Kandassamy, secrétaire local adjoint FO. « Tous corps et grades étaient représentés. Les personnels médicaux et les CPIP* aussi. La profession est touchée dans son ensemble ».

Au cœur des revendications, la surpopulation carcérale qui ne cesse de croître. Les personnels sont dans le dur moralement, démissions et absentéisme se multiplient. Ce mardi matin, 7h, les surveillants pénitentiaires sont de nouveau dans la rue. Au menu du jour, une tractation devant le Leclerc de Viry-Chatillon dans le but de sensibiliser la population. Une action nommée « La marche des oubliés de la République », pendant laquelle plus de 1 500 tracts ont pu être distribués. « On parle beaucoup des droits des prisonniers, mais personne ne parle des ouvriers de la pénitentiaire », poursuit le syndicaliste FO. Par le biais des ces différentes manifestions, et à l’approche des élections, les surveillants pénitentiaires réclament beaucoup plus de moyens, afin notamment de sécuriser les lieux. « A l’intérieur de la prison on a des caméras aveugles, il y a des angles morts », lance Didier Kandassamy en guise d’exemple.

Les débris sont encore visibles aux abords de la Maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (GD/EI).

Les débris sont encore visibles aux abords de la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (GD/EI).

Plusieurs autres éléments sont au centre des débats, une fouille générale de l’établissement ainsi que l’abrogation de la loi 57, interdisant les fouilles au corps systématiques, sont ainsi demandés. Tout autant de réclamations qui attendent des réponses rapides et efficaces. « On a exigé une rencontre avec la Direction de l’Administration Pénitentiaire. On veut des mesures concrètes. Il faut mettre les moyens pour pouvoir avancer et satisfaire le personnel pénitentiaire », poursuit celui qui est aussi Président de la commission Outre-Mer chez FO pénitentiaire.

Ce mardi, après de longues minutes de discussions, les surveillants pénitentiaires ont enfin pu avoir de quoi espérer quelques changements. La direction de l’administration pénitentiaire a fait parvenir les résultats de cette rencontre avec l’intersyndicale par communiqué de presse. La DAP s’engage donc à : « Amplifier l’effort de solidarité entre les directions interrégionales des services pénitentiaires pour désencombrer les maisons d’arrêt d’Île-de-France », « renforcer et encadrer la politique systématique de fouilles à la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis », ou encore de « renforcer les moyens mobilisés par le plan de sécurité pénitentiaire au profit de la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis » avec, par exemple, la mise en place d’une vidéosurveillance des parkings, pour les travaux les plus rapides.

Conseiller Pénitentiaire d’Insertion et Probation*