Ils sont une petite centaine ce vendredi midi sur le parvis de la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis à s’être mobilisés. L’objet principal de ce rassemblement, l’agression survenue la veille sur six surveillants du quartier réservé aux mineurs, par plusieurs jeunes détenus. Transportés dès que possible au Centre Hospitalier Sud Francilien de Corbeil-Essonnes, les agents pénitenciers souffrent de multiples contusions, après avoir été roués de coups. « C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase », lâche Didier Kandassamy, secrétaire local adjoint FO, et surveillant à la prison.

Après la mobilisation du personnel des prisons de Fresnes (94), ou encore de Bois d’Arcy (78), où des surveillants ont notamment été agressés il y a quelques jours, c’est au tour du personnel de la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis de se révolter. Un blocage de la Maison d’arrêt est d’ailleurs programmé ce lundi 10 avril à l’appel de l’intersyndicale Ufap, FO et CGT. L’occasion pour les employés de la prison de faire entendre leurs multiples revendications à l’approche des élections présidentielles. « Il n’y a pas un candidat qui parle de la pénitentiaire », s’insurge Didier Kandassamy, qui n’oublie pas non plus d’évoquer les conditions difficiles en outre-mer face à la délinquance, et notamment en Guyane. « Il va falloir poser les modalités. Nos politiques doivent prendre leurs responsabilités ».

Manque de personnel et de sécurité

En première ligne de ces revendications, le manque conséquent de personnel dans le plus grand centre pénitentiaire d’Europe au taux d’occupation de 180%. « La politique pénitentiaire est à revoir dans son ensemble. En France, on ne sait pas s’organiser pour que les prisons fonctionnent », regrette M. Kouby, secrétaire local CGT, qui prend notamment pour exemple l’ouverture prochaine (24 avril) d’un quartier d’évaluation à la radicalisation alors qu’il manque encore de personnel encadrant. « C’est un ras-le-bol. Il y a un épuisement du personnel, de l’absentéisme. Les gens viennent travailler avec la boule au ventre », poursuit son collègue FO.

La Maison d’arrêt de la ville compte plus de 4 200 personnes incarcérées pour environ 1 500 agents, un ratio bien évidemment insuffisant pour assurer la sécurité du personnel. « On est 2 surveillants pour 100 détenus », précise David Derrouet, maire de la ville, attaché au milieu carcéral. « L’humanisation passe par l’augmentation des surveillants ». L’élu (DVG) souhaite notamment voir sortir de terre d’autres établissements pénitentiaires, ainsi que bien plus de moyens afin d’améliorer la sécurité. « Il faudrait des plus petits établissements, des brigades canines au parloir, des portiques à ondes millimétriques ou encore un vrai plan de recrutement du personnel », idéalise-t-il alors qu’Arnaud Arame, lui aussi syndicaliste CGT, pointe à son tour le manque de sécurisation à l’entrée du domaine.

L’intersyndicale locale appelle donc à un blocage de l’établissement dès ce lundi 10 avril à partir de 19h30, avec notamment l’intention de rencontrer la direction de l’administration pénitentiaire (DAP). « Pour défendre nos vies et nos conditions de travail ».