Trois salles pour un total de 324 fauteuils, le tout installé sur une superficie d’environ 5 000 m², Mennecy aura bientôt son complexe cinématographique. Le bail emphytéotique a d’ailleurs été signé le 30 mars dernier entre la mairie et le constructeur. Début des travaux ? Dans une semaine. Livraison ? Courant septembre si l’on en croit les dires du maire de la ville, Jean-Philippe Dugoin-Clément.

Acheté à Sogarem* pour une bagatelle de 400 000 euros par la commune, le terrain du futur complexe, situé dans le prolongement du restaurant « Le Grill » de la zone Montvrain II, est désormais entre les mains du constructeur. « L’exploitant investit 2 millions d’euros, dans un premier temps », indique l’édile, alors que le constructeur devrait racheter le foncier à la commune pendant la durée de l’exploitation. Dans un premier temps ? Oui, car les négociations sont déjà en cours afin d’acquérir une seconde parcelle permettant d’agrandir le complexe de quelques 6 000 m², soit, 3–4 salles supplémentaires.

Une demande importante

Placé notamment entre le Gaumont de Carré Sénart et le Méga CGR d’Evry, tout porte à croire que le futur Cinéma Confluences de Mennecy aura de quoi souffrir de la concurrence. A priori seulement. En témoigne par exemple l’ouverture il y a 5 ans de Ciné Toile, l’unique salle de cinéma de Ballancourt. « On fait 50 000 entrée chaque année. On en a fait 55 000 l’année dernière pour une seule salle de 185 sièges », se réjouit Jacques Mione, maire de Ballancourt. « Je constate que le mono écran de Ballancourt est à saturation, une vraie potentialité existe », surenchérit M. Dugoin-Clément. Et si la fréquentation de l’Arcel de Corbeil-Essonnes ne devrait pas réellement être impactée ce nouveau complexe, des questions pourraient justement se poser autour de celle du cinéma ballancourtois. Ces dernières ne devraient cependant pas rester trop longtemps sans réponse.

En avril 2016, c’est bien à l’unanimité que la Commission Départementale d’Aménagement Cinématographique (CDAC) avait voté le projet. Fait rare qui prouve notamment l’intérêt d’un tel investissement, y compris aux yeux de M. Mione. « Il y a une appétence pour le cinéma dans le secteur. Un réel besoin, on doit y répondre », lâche-t-il alors qu’il aurait pu craindre des retombées négatives sur son édifice municipal. « On réfléchit à comment on va pouvoir travailler avec eux. On est en discussion avec M. Aubry, on avait déjà un peu travaillé avec lui pour le cinéma de Ballancourt ».

Dynamiseur culturel et commercial

Plusieurs options sont actuellement à l’étude, et notamment une location de gérance comme l’indique Jean-Philippe Dugoin-Clément. « L’important c’est de ne pas plomber le cinéma de Ballancourt. On aura deux structures qui s’appuieront l’une sur l’autre, avec une offre culturelle cohérente ». Plus que la simple implantation d’un complexe cinématographique, le Cinéma Confluences saura en effet contribuer un peu plus au développement culturel de la ville. « On fait un peu de cinéma dans le théâtre, mais la salle est bien trop grande pour être remplie. Là, ça nous permettra par exemple de récupérer des créneaux au théâtre pour organiser des événements », détaille par exemple le maire menneçois.

Les commerçants, eux aussi y trouveront leur compte. Le complexe sera une force supplémentaire d’attractivité dans une zone où l’on trouve déjà une panoplie de restaurants, une boîte de nuit ou encore un bowling. Tout le monde se réjouit donc de ce nouvel établissement, le troisième de la sorte chapeauté par M. Aubry, après ceux de Varennes-sur-Seine (77), et Sens (89). A la pointe de la technologie, le complexe devrait néanmoins privilégier le côté humain aux dépens des machines électroniques. Et si au niveau de la fréquentation, pas moins de 100 000 entrées sont attendues par an, reste à savoir si les nouveaux complexes prévus à Massy et surtout à Brétigny ne lui voleront pas la vedette.

*Sogarem : Société en charge de l’aménagement de la ZAC de Montvrain II.