Les deux hommes se sont déjà vus dans l’espoir de s’unir, mais leur rencontre avait été infructueuse. Malgré ces échecs, certains croient encore au rassemblement des deux candidats de gauche que sont Benoît Hamon (PS) et Jean-Luc Mélenchon (FI). Parmi eux, on retrouve notamment Philippe Rio. En effet, le maire communiste de Grigny faisait part de son positionnement sur la campagne présidentielle dans une lettre ouverte publiée par le journal Libération le 2 mars dernier, celui-ci lançait alors un cri d’alarme, un coup de gueule dénonçant l’abandon de certains territoires, qui avaient besoin selon lui de « plus de Gauche ». Toujours dans cette même optique, ce dernier organisait une réunion publique dans sa commune ce mardi 4 avril pour interpeller directement Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, sur la nécessité de présenter un candidat unique pour la Gauche.

Tout le monde se connaît, se serre la main. Ils sont tous là dans un seul but : trouver une solution, pour avoir un président à la hauteur mais surtout pour que la Gauche résiste et passe au second tour. Les premières paroles sont fortes et directes « Il nous faut plus de liberté, plus d’égalité, plus de fraternité », lance Philippe Rio aux 150 personnes présentes dans la salle. Toutefois, l’ambiance se tend, une femme coupe la parole des intervenants : « on va perdre c’est ça ? On va perdre donc autant partir maintenant ! », martèle cette dernière. La solution est vite énoncée et semble « assez simple » pour celui qui la prononce : «  il faut un accord entre Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon. », scande Gérard Filoche, avant d’ajouter « 79% des gens sont pour l’accord Hamon/Mélenchon. Sans cet accord, alors ils resteront chez eux. » Selon lui, cette gauche « divisée » n’est plus possible, il faudrait plutôt laisser place à une unité de la Gauche et la salle semble plutôt satisfaite de cette idée. Eliane Assassi, sénatrice PCF de Seine-Saint-Denis, prend la parole et nuance les propos de Gérard Filoche. « Il est trop tard pour que Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon recule, il faut créer cette majorité pour les législatives ». « Nous pouvons encore trouver un accord, rétorque Gérard Filoche. Nous n’en sommes plus à un coup de théâtre près dans cette campagne ». Les politiques invités ce soir là appellent la population à se battre, à continuer de soutenir le projet et à ne pas lâcher.

Après la réunion, Pierrette et Marie-France, 70 ans toutes deux présentes à la réunion discutent. A la question « qu’en avez-vous pensé ? » , leur réponse est sans appel, « les candidats de gauche s’entendent très bien et ont le grand mérite de s’intéresser aux autres. Il y a une unité immédiate et ce qui a été dit ce soir était très important. » Si l’ensemble des représentants a l’air plutôt déterminé à réussir ce « mariage » avant le premier tour, ce n’est pas certain que cet accord aboutisse…