Ils sont une cinquantaine ce jeudi matin à manifester sur le parvis de la mairie. Lancé le 13 mars dernier, le débrayage a pris de l’ampleur ces derniers jours suite au manque de réaction du maire de la ville, David Derrouet. « On a eu une réunion lundi (27 mars) avec les élus de la majorité. Ils nous ont écouté et nous on dit merci », affirme Philippe Ramos, représentant CGT et salarié au centre technique municipal de la ville. Ce jeudi, après plus de deux semaines de grève, le dénouement est proche. Une délégation intersyndicale est reçue par le maire pour donner suite aux revendications des agents municipaux.

Au menu de ces revendications, l’absentéisme des agents communaux, que la mairie tenterait de combattre par des mesures financières et la mise en place du RIFSEEP*. « Sous couvert de lutte contre l’absentéisme, la mairie veut mettre en place des sanctions arbitraires », rappelle Chakir Farissi, représentant CFDT et actuellement au pôle santé de la ville. « Le maire veut supprimer les primes au bout du 16e jour de maladie ordinaire, au bout du 6e mois d’accident de travail, et en cas de maladie longue durée type cancer… », précise Philippe Ramos. Des ponctions allant de 6 à 22 euros selon le grade des agents municipaux, qui jugent ces mesures totalement inacceptables et « anti-sociales ». « Les premières victimes seront les plus faibles d’entre nous. Les plus bas salaires. Ceux qui n’ont pas les moyens de se soigner, ceux qui sont déjà dans la précarité », poursuit Chakir Farissi.

Un travail commun

Des mesures tout aussi incompréhensibles puisque le maire David Derrouet aurait il y a peu voté pour la conservation de ces mêmes primes au sein de Cœur d’Essonne Agglomération dont il est vice-président. « On demande le retrait de la mesure d’indexation des primes sur l’absentéisme, une négociation sur le nouveau régime indemnitaire, et une amélioration des conditions de travail », ajoute le représentant CFDT. C’est d’ailleurs sur ce dernier point que les agents communaux souhaitent insister, affirmant que l’absentéisme est fermement lié aux mauvaises conditions de travail. « Malgré les alertes des syndicats, il n’a rien fait. Il y a même eu un audit sur la souffrance au travail, rien n’a été fait », explique de nouveau Philippe Ramos alors qu’il assure que la ville est passée de 225 à 175 titulaires.

Par le biais d’une lettre à ses salariés, le maire de la ville avait déjà tenu à se défendre le 17 mars dernier, en insistant sur le fait que 3 millions d’euros ont été dépensés en 5 ans afin justement d’améliorer ces conditions de travail, de mettre en place des primes ainsi que de favoriser les titularisations et les contrats CDI. « Oser dire que la ville a pris la décision de lutter contre l’absentéisme de son personnel en mettant en oeuvre des mesures répressives qui touchent directement à la rémunération des agents, est totalement intolérable quand la majorité municipale a proposé d’augmenter de 90 euros bruts mensuel la rémunération des bas revenus », s’insurge t-il notamment.

Ce jeudi, après une bonne demi-heure de négociations, les deux délégués syndicaux reçus par le maire sortent enfin du cabinet. « La manifestation a porté ses fruits« , lance sourire aux lèvres, Xavier Aouchar, secrétaire syndical FO local. « Le maire et les élus accèdent à notre demande et acceptent de supprimer le projet du régime indemnitaire indexé sur l’absentéisme », poursuit-il. Une victoire après plus de deux semaines de grèves pour les agents communaux, qui, en contre-partie ont dû stopper leurs actions ce jeudi midi, après la pause déjeuner. « Nous les avons entendu, nous avons décidé d’accéder à leur demande », confirme-t-on dans l’entourage proche du maire qui souhaite repartir « dans une logique constructive ». « Ils doivent participer à des groupes de travail pour tenter d’améliorer les conditions de travail. On va prendre rendez-vous avec eux après les vacances pour mettre en place tout ça », conclut-il.

*Régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel.