Qui a dit qu’il fallait venir de Bretagne pour faire des crêpes et des galettes ? Cindy Abichou le dit elle-même, si ce n’est la formation et certains de ses produits, elle n’a rien d’une Bretonne. Pourtant, elle a su donner à l’Essonne un petit goût d’Armorique ! La jeune femme n’était pourtant pas spécialement destinée à tenir cette activité. Alors infographiste depuis quelques années, l’idée de se lancer dans l’aventure des food-trucks a mûri grâce à… ses enfants. Après en avoir eu quatre, Cindy s’est par la suite lancée dans le « cake design », comprenez la décoration de gâteaux, jusqu’à ce qu’elle réalise enfin : « À force de faire des gâteaux pour les anniversaires et surtout des crêpes, j’ai eu naturellement envie d’ouvrir un food-truck de crêpes », indique-t-elle. Avant d’être infographiste, la jeune femme œuvrait dans les domaines de l’événementiel et de l’accueil. Donc, en matière de restauration, de service, d’accueil… elle était déjà rodée !

Après une formation, octroyée par le chef Gilles Isola, au centre culinaire de Rennes, Cindy aura attendu que le petit dernier de ses quatre enfants soit à l’école pour enfin se lancer. Septembre 2015, sa plus jeune fille fait son entrée en maternelle, le camion a été livré en octobre, et en novembre 2015 l’aventure démarrait et officialisait la naissance de « Coeur de Crêpes ».

C’est aux côtés de sa mère, Monique, que Cindy a débuté l’original projet culinaire. Face au campus massicois de la Faculté des métiers, au croisement de l’avenue de Paris et la rue Galvani, les deux femmes se distinguent de la vingtaine de food-trucks présents à Massy. Ici, l’offre diffère des autres camions, on ne propose principalement que des crêpes et des galettes. Si la carte déborde d’originalité, elle ne manque pas d’apporter son lot d’inconvénients : « Il ne faut pas oublier que c’est de la cuisson minute. Ça met donc un petit peu plus de temps à préparer qu’un burger. De plus, les crêpes et les galettes ça demande aussi du temps au préalable. Les préparations de galettes, c’est 8h de fermentation. Ça nécessite beaucoup de tournage, ce sont des mouvements répétitifs. Ça se fait à la main avec des gants, c’est rébarbatif. De plus, c’est du frais et il y a des œufs, la pâte ne peut donc pas se conserver plus de 48 heures  », avoue-t-elle. Ne pas en faire trop pour ne pas en perdre, en faire assez pour combler les attentes de tous les clients du jour, les deux femmes ont su trouver leur équilibre au fil du temps. Le seul inconvénient, à Massy, c’est l’absence de borne : « On est en autonomie sur cet emplacement  », indique Cindy. L’autonomie, cela signifie alors que l’électricité du camion fonctionne grâce à un groupe électrogène. Ainsi, les cafés et les gaufres ne sont pas envisageables sur cet emplacement essonnien : «  Il faudrait un groupe électrogène beaucoup plus puissant et ça me ferait consommer beaucoup trop d’essence. De plus, il serait beaucoup trop lourd  », confie Cindy.

Brunchs, anniversaires et mariages : Cindy et sa maman enchaînent les événements à côté de leurs différents services en Essonne. Si aucun signe rappelant la Bretagne n’habille le camion et son intérieur, l’Armorique s’est tout de même invitée dans les produits. Bio sans gluten pour le sarrasin, bio avec appellation IGP pour le froment : les farines viennent toutes d’un transporteur de Bretagne. Pâtes, desserts et confiseries (chocolat et caramel notamment), Cindy se plaît à faire le maximum de choses de ses propres mains. Pour les amoureux des traditions, « Coeur de Crêpes » vous propose même du cidre ! La boisson non-alcoolisée conçue par la société Les Celliers Bretons offre aux amateurs un authentique voyage dans l’Ouest de la France, le temps de quelques gorgées. Dans la liste des artisans bretons collaborateurs du food-truck se trouve également l’entreprise « les Fruitpotines », qui confectionne des petits pots de confitures. Originaux, ces bocaux proposent des mélanges de saveurs surprenants comme l’assemblage du cassis avec de la violette ou encore de la poire avec de la châtaigne.

Après plus de deux ans d’activité, Monique, la maman de Cindy, ne regrette pas de s’être lancée aux côtés de sa fille, avouant même que l’idée du food-truck résonnait comme un rêve dans sa tête depuis quelques années. Elle aussi formée au centre culinaire de Rennes, elle se plaît dans cette activité qui lie le social avec la cuisine : « J’aime parler aux gens. Le food-truck, c’est un concept très convivial  », explique-t-elle, avec ce même grand sourire qu’elle arbore sans difficulté et très naturellement tout au long du service. La carte qui trône devant le grand comptoir est à l’image des deux femmes : original et jovial. Les noms des galettes proposées, un peu loufoques, posent question. Yass, Meli, Brine, Kiko… Ils renvoient en fait à des prénoms d’enfants de clients, à la suite de naissances récentes notamment, sauf pour Kiko… « Notre chat », ironise Dominique. L’originalité ne s’arrête pas là. Prochainement, la jeune femme prévoit de mettre en avant ses origines antillaises au travers d’une recette inédite, notamment à base de chiquetaille de morue.

Si les conditions ne sont pas toujours idéales et les services pas toujours faciles, les deux femmes s’accordent à dire que « Coeur de Crêpes » est une belle aventure, qu’elles espèrent prolonger le plus longtemps possible.