Il était attendu, sa décision était attendue. Et s’il a longtemps laissé planer le doute sur sa prise de position, Manuel Valls a finalement tranché. Lui qui avait signé avant la primaire, la charte « Belle alliance populaire » l’engageant à soutenir le vainqueur, avait déjà avoué qu’il ne parrainerait pas Benoit Hamon le 15 mars dernier, lors d’une interview accordée à Paris Match. Ce matin, en direct sur l’émission « Bourdin direct » d’RMC, il a officiellement apporté son soutien au candidat du mouvement « En marche ! », Emmanuel Macron. « Oui je voterai pour Emmanuel Macron », a-t-il lâché. « Rien n’est joué pour le premier tour, ni pour le second, dans un climat nauséabond. Je crains une abstention forte, je m’étonne aussi qu’on ne souligne pas plus le risque du Front national (…) Je ne prendrai aucun risque pour la République, pour la France ». Une décision qui a provoqué de vives réactions pour le moins négatives.

Vu comme un « traître » par bon nombre des membres de son parti, l’ancien premier ministre s’est justifié sur sa décision. « C’est vrai, j’ai évidemment réfléchi (…) L’intérêt supérieur de la France va au-delà des règles d’un parti, d’une primaire, d’une commission. Quand on a la conviction qu’est la mienne, quand on croit aux valeurs de notre pays, quand on est un patriote, un républicain, un homme de gauche… on prend ses responsabilités, on dit pour qui on vote. Je prends mes responsabilités », poursuit-il au micro d’RMC. Pour l’heure, les soutiens de Manuel Valls sont très peu à s’être manifestés. En Essonne, seul Francis Chouat, successeur de Manuel Valls à la mairie d’Evry, s’est exprimé. « La décision qu’a pris Manuel Valls est un acte de courage, c’est un choix de responsabilité et d’homme d’état ».

Plusieurs questions se posent désormais, Manuel Valls va-t-il rester au PS, sous quelle étiquette va-t-il se présenter aux Législatives, ou encore que vont décider ses proches et notamment Carlos Da Silva, premier secrétaire fédéral de la fédération de l’Essonne du Parti socialiste ? « Je suis triste de ne pas avoir réussi à convaincre Manuel Valls de ne pas soutenir Emmanuel Macron », réagit Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, dans un communiqué. « Je combats cette position. Notre candidat, après la primaire et la convention unanime des socialistes, est Benoît Hamon. Il doit représenter tous les socialistes, les radicaux, et les écologistes ». A priori, pas de sanction pour le moment, mais les prochains jours devraient donner de plus amples informations.

Le PS évryen fera-t-il campagne pour Hamon ?