Victimes si l’on pourrait dire colatérales, les riverains de l’entrée de la préfecture subissent depuis plusieurs mois ce qu’ils considèrent comme de vraies nuisances. Certains peinent à trouver le sommeil, pendant que d’autres sont maintenant proches de la dépression.

La file d’attente des résidents étrangers devant les grilles de la préfecture de l’Essonne, rue des Mazières à Évry.

Depuis l’allongement des files d’attente pour entrer en préfecture, et la création de queues nocturnes devant les grilles, les riverains de la rue des Mazières subissent de plein fouet la situation. Tous les soirs, alors que se rassemblent les étrangers qui s’apprêtent à passer la nuit sur place, les habitants des immeubles adjacents ne peuvent que constater la présence sous leurs fenêtres de dizaines d’hommes, femmes et enfants.

Mélanie Miché est l’une de ces « victimes« . Etudiante en alternance de 25 ans et ayant ses fenêtres qui donnent sur la place où se rassemblent les étrangers qui patientent, elle décrit son quotidien.

« C’est inhumain de faire attendre une, deux parfois trois nuits des hommes et des femmes dans ces conditions. Ce n’est pas plus humain d’infliger au voisinage cette mauvaise gestion. Je me lève à 4h, sors de chez moi à 5h30 du matin, ils sont présents. Je rentre à 19h, ils sont déjà là. La vie dans ce quotidien de bruit entraine des dommages lourds sur la santé physique (fatigue engendrée par la difficulé à trouver un créneau plus calme pour s’endormir et perpétuels réveils aux moindres agitations de foule) et morale (le médecin traitant du batiment en face de la préfecture m’a confié l’état de tension de plusieurs habitants). Je décerne en mon conjoint les symptomes d’une dépression. Il doit se rendre au travail et témoigne de plusieurs endormissements brefs au volant depuis 15 jours » .

« On est fatigué, épuisé par la situation »

En pleine période d’examen, Mélanie Miché craint pour la réussite de son année, et parle des conséquences « très lourdes » pour tout le voisinage. « Les gens ici veulent partir, ce qui était considéré comme un quartier calme, proche de toutes les commodités, devient un enfer, certains se sont mis à vendre leur logement ou leur fond de commerce » précise-t-elle. Au sujet de la situation vécue par toutes ces personnes, elle se dit également « en souffrance » de voir ces drames humains vécus chaque jours.

Dans un courrier adressé aux riverains le 6 mai dernier, le maire Manuel Valls indique qu’il est au fait « des conditions d’attente indignes » infligée au étrangers. Concernant les conséquences pour le voisinage, il se dit « conscient de ces désagréments inacceptables » et prévient qu’il a alerté le préfet Michel Fuzeau sur la question. « L’Etat doit assumer son rôle » prévient le premier magistrat de la ville.

En attendant, sur place, la situation « s’empire » , à en croire cette autre habitante. « Les gens font leurs besoins, les détritus s’accumulent » pointe-t-elle. Mélanie Miché raconte elle le cas de ces mères de famille qui restent toute la nuit avec leurs enfants en bas âge. Une situation « intolérable » pour la jeune femme.