En début de semaine, nous vous interpellions sur les conditions d’accueil des résidents étrangers en Essonne, suite aux intempéries de dimanche soir. Au centre des critiques de la part des usagers et des riverains, l’administration préfectorale se trouve en position délicate. Ce mercredi, la rédaction d’Essonne Info a été reçue par Pascal Sanjuan, secrétaire général de la préfecture de l’Essonne.

Pascal Sanjuan, secrétaire général de la Préfecture de l’Essonne à Evry.

Tous les soirs, cela recommence. Malgré les mesures mises en place pour désengorger son accueil des étrangers, la préfecture de l’Essonne n’arrive toujours pas à canaliser ces centaines d’essonniens. Ils passent la nuit devant la cité administrative pour obtenir la possibilité d’entrer. La situation est critique, comme le montre plusieurs témoignages, et les riverains se considèrent comme « victimes au quotidien » de la situation. Pourtant, depuis le 23 mai dernier, des mesures ont été mises en place pour réduire la queue, et faciliter l’accès au guichet pour une partie des usagers.

Pascal Sanjuan, le secrétaire général de la préfecture à Evry, est bien au fait des queues nocturnes devant les grilles de la cité administrative. « C’est une situation qui n’est pas satisfaisante pour les riverains et les usagers » déclare-t-il à la rédaction d’Essonne Info. Dans un entretien qu’il nous a accordé, il a souhaité expliquer les causes du problème, qui se répète quotidiennement à Evry.

Pour le représentant de l’Etat, tout s’explique par « la mise en place de l’arrivée de la biométrie » sur les cartes de séjour, qui « rend obligatoire le passage en préfecture » pour de nombreuses personnes. « Notre premier souci était de comprendre » indique-t-il, en précisant s’être « rendu sur place » pour saisir le problème. C’est ainsi que selon la préfecture, « des aménagements intérieurs, comme la réorganisation des guichets, ont été effectués ».

« Nous n’avons pas suffisamment communiqué »

Le secrétaire général de la préfecture estime que plusieurs personnes qui dorment sur place peuvent maintenant se présenter directement en préfecture, selon les demandes. « Pour des renseignements, nous avons mis en ligne plusieurs informations, et des formulaires à télécharger » précise-t-il. Il s’agit des « cas simples » , tels un changement d’adresse ou pour récupérer un récépissé. Pour Pascal Sanjuan, « ce n’est plus la peine de faire la queue » pour ces situations, ainsi que pour les personnes qui sont convoquées pour obtenir un titre. « Nous en délivrons entre 80 et 120 par jour, directement au guichet, ouverts de 9h à 16h » affirme-t-il.

Si il reconnaît que la « formation des agents » aux nouvelles procédures, « pendant les vacances d’avril » , a entrainé du retard dans le traitement des dossiers, Pascal Sanjuan parle d’un délai de trois mois pour un retour effectif à la normale. « Toute l’équipe de la préfecture est mobilisée » indique celui qui considère la situation comme « une priorité du préfet » . Il regrette cependant la manque d’informations qui parviennent aux usagers, contraints selon lui à passer la nuit dehors alors que beaucoup pourraient s’en passer. « Nous n’avons pas suffisamment communiqué sur les nouvelles procédures » reconnait-il. La situation devrait donc durer encore quelques temps, à en croire le secrétaire général de la préfecture, et les files d’attente se résorber peu à peu.