Des harengs et leurs pommes de terre à l’huile, une bavette Black Angus, une échine de porcelet à la badiane et au poivre de Sichuan… L’odeur qui se dégage de « La Caisse Popote » laisse une empreinte agréable. Juste au pied de la cathédrale d’Evry, Philippe Gauchon s’affaire dans sa cuisine ambulante. Officiellement, c’est en 2014 que le projet est né. Alors que Philippe était encore en poste en qualité d’ingénieur commercial au sein d’une industrie, l’idée d’un changement radical en direction du secteur culinaire s’est alors mise à lui fleurir en tête : « J’avais fait le tour de la question dans le métier dans lequel je me trouvais  », explique-t-il. Pourtant, officieusement, le projet lui vient de bien plus loin : « Je cuisinais déjà chez moi, j’ai toujours adoré ça et l’idée d’un restaurant c’était dans ma tête déjà depuis 25 ans, mais l’occasion ne s’était pas présentée  ». Arrivé en 1991 dans la capitale française pour y faire ses études, le jeune homme a rapidement changé ses plans de vie pour rentrer dans la vie active et… ouvrir un restaurant ! Le prix des fonds de commerce étant trop élevés, Philippe a fini par « lâcher l’idée, sur le coup ». Finalement, la porte aura fini par s’ouvrir, un peu plus tard.

Au cours de l’année 2014, Philippe quitte son travail du moment et se lance dans les formations nécessaires à l’élaboration d’un tel projet, dans l’idée de le faire démarrer au cours de l’année 2015. Diverses raisons, dont les difficultés rencontrées pour obtenir un camion, ont retardé l’ouverture du food-truck puisque ce n’est qu’en mars 2016, il y a bientôt une année, que « La Caisse Popote » ouvre enfin ses portes aux fins gourmets. Si le chemin parcouru aura été semé de quelques embûches, Philippe assure ne pas regretter : « C’est un projet qui me tient vraiment à cœur. Ma qualité de vie financière est différente mais la qualité de vie personnelle, au niveau de l’épanouissement, s’est améliorée, il n’y a pas photo. Même si c’est fatiguant, c’est enrichissant. On se réalise  », confie-t-il. Pourquoi donc un food-truck et pas le restaurant ? Le phénomène de mode aura aidé, oui, mais c’est surtout une question de budget, « en terme d’investissement, c’était trois fois moins qu’un restaurant classique », explique-t-il, avant d’ajouter : «  Le projet devait se faire par étape, et la première, c’était le food-truck  ».

Cela fait maintenant bientôt sept mois que Philippe Gauchon régale les papilles des évryens et autres curieux se trouvant sur le parvis de l’Hôtel de ville. Ici, ce qui séduit, c’est la qualité des plats proposés : « Le projet c’était de travailler du produit frais, du produit local et travailler de la vraie cuisine traditionnelle ». Philippe en vient même à comparer son concept à celui retrouvé dans les bistrots et brasseries françaises. À « La Caisse Popote », le burger est totalement banni, «  ça ne me disait rien ». Pourtant, Philippe a tout de même su s’adapter au plus grand nombre, si certains prennent et ont le temps de manger de bons petits plats en sauce à emporter, d’autres mangent bien souvent sur le pouce : « J’ai amélioré la carte avec des menus ‘petites faims’ ou des sandwichs plutôt élaborés  ». De la salade de pâtes au wrap, en passant par les club-sandwich, Philippe propose encore une fois des mets de qualité : « Cela permet de capter des gens mais ce n’est pas le concept donc j’en ai un nombre limité », rappelle-t-il tout de même.

Quasiment tous les midis, « La Caisse Popote » arpente les villes essonniennes comme Massy, Gif-sur-Yvette et Courtaboeuf, sans oublier Evry. De 6h00 du matin à 15h00, voire même 15h30, Philippe Gauchon s’occupe de faire la préparation du jour, ou bien du lendemain, et assure le service du jour avec réjouissance et bonne humeur. Les habitués le savent : Philippe réserve un bel accueil à tout un chacun mais surtout, ici, on mange frais et local ! Deux fermes, une en Seine-et-Marne et l’autre à Wissous en Essonne, s’occupent de fournir « La Caisse Popote » en fruits et légumes : « J’essaye d’avoir un circuit court au niveau des maraîchers ». Pour la viande, direction le marché de Rungis, où Philippe se fournit directement chez un boucher semi-grossiste. S’il n’y a qu’un seul menu par semaine, le food-trucker essonnien propose plusieurs plats, très variés. Chaque semaine, deux à trois entrées, deux à trois plats et deux à trois desserts composent la carte, et tout est fait maison !

Si, aujourd’hui les affaires semblent bien se passer, à l’avenir, Philippe compte bien faire évoluer son projet… en restaurant ! « Je me suis dit qu’avec le food-truck, j’allais faire un test pour voir si c’est le métier qui me plaît vraiment, si je veux en vivre. Et, si ça marche bien, le food-truck se transformera  », confie ce passionné avec le sourire aux coins des lèvres.