Le centre technique Renault, à Lardy, s’est décidé à ouvrir les portes de son site à l’occasion de la semaine de l’Industrie. Les lundi 20 mars, mardi 21 et mercredi 22, trois classes de lycées essonniens ont été conviés à la visite des différents « moyens d’essais mécanique set véhicules ». Pour la 7e fois, le site Renault à Lardy profite de cette occasion annuelle pour accueillir la jeunesse au sein de ses ateliers, normalement extrêmement confidentiels. Cette année, la petite nouveauté réside dans le fait qu’un angle particulier aura orienté les visites, à savoir celui concernant la sécurité passive des voitures : « Nous avons souhaité mettre l’accent sur les conséquences d’un comportement incivique au volant, de la vitesse… Nous avons voulu montrer les dangers que peut aussi représenter un véhicule dans certaines situations », explique Fabrice Jouanny, directeur de l’établissement.

Un vent d’évolution dans l’industrie auto

La Semaine de l’Industrie tend à promouvoir et renforcer l’attractivité de l’industrie ainsi que des métiers qui l’entoure auprès des jeunes : «  C’est une bonne occasion pour montrer aux jeunes la complexité des métiers, leur faire découvrir ce qu’est un centre de développement. Et cela permet aussi d’en conforter certains dans leurs choix initiaux d’accompagner les métiers de demain  ». Des métiers d’avenir, qui n’en finissent plus d’évoluer. Car si la construction automobile traîne encore une image vieillissante de la sidérurgie, du travail et de la maîtrise des technologies basiques, un vent nouveau souffle aujourd’hui : «  L’industrie automobile, de nos jours, c’est aussi de l’informatique industrielle et de l’électronique », indique Fabrice Jouanny.

Arrivés en bus au cours de l’après-midi au centre Renault à Lardy, ce mardi, les 29 élèves de la classe STI 2D, Sciences et Technologies de l’Industrie et du Développement Durable, du lycée Geoffroy Saint-Hilaire à Etampes, ont pris place dans une salle à l’entrée du site. Après quelques minutes de visionnage d’une vidéo de présentation du centre technique, élèves et encadrants repartent en bus pour poursuivre cette visite rendue possible grâce au Bureau Information Jeunesse de la ville d’Etampes. Mais cette fois-ci, direction le pôle « essais électriques », où les tests de batterie sont effectués. Arrivés dans le bâtiment L32, l’un des collaborateurs présente son atelier au groupe très attentif aux explications. La batterie de la nouvelle Renault Zoé, première voiture électrique grand public : « Avec ces nouvelles technologies, il y a pas mal de recrutements. Ça peut être très intéressant, pour vous qui êtes encore à l’école  », a-t-il ajouté.

Les élèves dans la chambre semi-anéchoïque du pôle vibro-acoustique du centre Renault à Lardy.

Les élèves dans la chambre semi-anéchoïque du pôle vibro-acoustique du centre Renault à Lardy.

Pierre Grémont, responsable de la visite du centre technique essonnien, dirige ensuite la troupe vers le pôle vibro-acoustique, pour lequel Renault a investi près de 25 millions d’euros. Ici, on surveille et analyse le traitement vibratoire et acoustique de la partie mécanique des véhicules. Une fois tout le monde entré dans la chambre semi-anéchoïque, Jean-Noël – un collaborateur – interrompt ses activités pour en expliquer les fondements aux élèves. Inauguré en 2005, le pôle vibra-acoustique de Lardy est l’un des plus modernes d’Europe et l’un des seuls bancs caractéristiques pour le vibratoire moteur. Les murs, dont les 4 parois et le plafond sont dotés de dièdres, absorbent les ondes sonores : «  Il y a au moins 1m20 d’isolation pour chaque mur  », indique Jean-Noël. Ainsi, les rayonnements acoustiques des véhicules peuvent alors être convenablement mesurés et évalués dans cette chambre sourde. Les élèves ne cachent pas leur surprise et leur stupéfaction.

Pour la dernière partie de la visite, le tour se poursuit au pôle de sécurité passive. Dès leur arrivée dans l’entrepôt, le groupe semble impressionné : un crash test a été exécuté il y a peu, l’état de la Renault Kadjar accidentée témoigne de la violence de l’impact, après un choc frontal programmé à 50 km/h. Dans le bâtiment L42, les collaborateurs ne font pas que tester les véhicules, se trouvent également les ateliers de préparation où les voitures sont instrumentées. Diverses vidéos sont montrées à l’auditoire très attentif : des crash-tests à différentes vitesses, les effets d’une ceinture mal positionnée lors d’un choc… La puissance de l’énergie dégagée lors d’un impact est clairement expliquée aux jeunes gens, qui n’hésitent pas à poser des questions : « Pourquoi n’a-t-on pas deux ceintures comme les pilotes de formule 1 ? Pourquoi les sièges pour les enfants sont à l’envers ? Comment faut-il mettre sa ceinture pour diminuer le risque ? », autant de questions auxquelles le démonstrateur du jour n’a pas manqué de répondre. Finalement, les 29 jeunes adultes se sont dirigés vers la Clinique des mannequins, servant lors des crash-test. Si le tour du site aura permis de faire découvrir l’envers du décor aux étudiants, il aura surtout aidé à réveiller les consciences : « Je ferai plus attention maintenant, je pense », lance un jeune homme à son camarade la fin de la visite.

La classe de STI2D d'Etampes au pôle de sécurité passive du site Renault à Lardy.

La classe de STI2D d’Etampes au pôle de sécurité passive du site Renault à Lardy.