Il est environ deux heures du matin ce lundi lorsque six personnes cagoulées s’introduisent sur le site Europe Services Déchets (ESD) situé à Wissous. Le gardien ligoté, ces derniers mettent le feu aux camions bennes de l’entreprise. « Ça a duré environ 45 minutes », relaie Roudot Thierry, directeur de l’entité (7 sites) depuis 2013. A l’arrivée des pompiers, suite à l’appel du gardien parvenu à se libérer, les dégâts sont déjà très importants. Pas moins d’une quarantaine de véhicules sont touchés, huit camions bennes sont totalement hors d’usage.

Un bilan assez lourd pour cette entreprise privée qui n’en est malheureusement pas à sa première fois. Si une simple grève des salariés avait perturbé ce même site en juin 2016, en novembre dernier, c’est le site de Rambouillet qui avait fait l’objet d’une attaque similaire. Dix camions bennes avaient alors été mis hors d’usage. « En 4 mois on a perdu 18 camions bennes, sans compter les dommages collatéraux », comptabilise le chef du site de collecte d’ordures. Une enquête a rapidement été ouverte, alors que l’incompréhension règne autour des faits. « Il n’y a aucune revendication. On n’arrive pas vraiment à comprendre. On se pose des questions, on n’a pas les réponses », poursuit Thierry Roudot qui estime les dégâts à plus de 500 000 euros. « On n’a pas encore tout estimé, des véhicules légers ont aussi été brûlés ».

Du retard vite comblé

Spécialisée dans la récolte de déchets type ordures ménagères, encombrants, emballages ou encore végétaux, ESD fait partie du Groupe ESG (Europe Service Groupe) composé de trois entités avec Europe Services Propreté et Europe Services Voiries. Après plus de 20 ans d’existence, ESG est devenu l’un des tauliers l’un des tauliers de la région. Son entité ESD, créée en 2004, collecte environ 140 000 tonnes de déchets par an pour environ 350 000 habitants. L’Essonne représente une grosse partie de son secteur d’activité, avec une quarantaine de communes dont Evry, Courcouronnes, Bondoufle, Ris-Orangis, Massy ou encore Marcoussis.

Ce lundi, du fait des dégâts de la nuit, l’entité n’a pu assurer correctement le service. « Le lundi c’est la plus grosse journée en général. Juste après le week-end », rappelle le directeur. Si les camions bennes entament habituellement leurs rondes dès 4h30 du matin, ils ont cette fois dû attendre l’arrivée des prestataires de services affectés au nettoyage pour pouvoir finalement quitter le site sous les coups de 11h30. Un retard de plusieurs heures donc pour la journée la plus chargée de la semaine, mais un retard qui ne devrait causer de soucis qu’à court terme. « Ce mardi on va rattraper le plus gros et mercredi, si tout va bien, on devrait avoir tout rattrapé », rassure Thierry Roudot. « Tout en sachant qu’on a huit véhicules immobilisés ».

A priori plus de peur que de mal au niveau de l’exploitation, les esprits sont eux un peu plus touchés pour les 300 salariés de l’entité avec cette deuxième attaque en moins de 4 mois. « Ça fait 25 ans que je suis dans le métier, je n’ai jamais vu ça », regrette le directeur de l’entité ESD. « Si ça continue ils vont réussir à faire ce qu’il veulent, nous empêcher de travailler ». « Ils » ? Pas ses salariés selon Thierry Roudon. La concurrence ? « C’est vrai qu’on a pris beaucoup de marchés. Peut-être qu’on nous en veut », s’interroge-t-il.