C’est à Montgeron que nous rencontrons Martine Boulay, bientôt 65 ans et une vie déjà bien remplie. Mais ce n’est pas pour autant que cette femme, ancienne directrice dans l’informatique notamment, va « se la couler douce ». Engagée dans la vie associative de sa commune, dont elle a été maire adjointe en charge des finances pendant près de deux, elle a choisi de s’investir pleinement dans la campagne présidentielle, pour soutenir activement l’un de ses voisins, un certain Nicolas Dupont-Aignan. Depuis plusieurs années, en effet, elle milite pour le député-maire de Yerres, dont elle se dit proche. De la présidentielle de 2012 en passant par les législatives, les départementales, elle est quasiment de tous les combats. Et elle remet le couvert pour cette nouvelle échéance électorale, pour laquelle concourt son champion.

De Chevènement à Dupont-Aignan

Mais avant d’être une des plus ferventes militantes de Nicolas Dupont-Aignan, Martine Boulay a commencé son investissement politique auprès d’un certain Michel Berson, alors au Parti socialiste. « J’ai longtemps habité à Crosne et je me suis engagée pour la première fois en politique auprès de Michel Berson. J’étais d’ailleurs sur sa liste qui a remporté les élections à la fin des années 1980. J’ai fait un mandat comme maire adjointe en charge des sports et de la jeunesse, se souvient-elle. C’était mon premier engagement politique sérieux », ajoute cette dernière qui avait auparavant manifesté pendant les événements de Mai 1968. Durant ce mandat, celle-ci prend goût à l’action politique. Elle est notamment un élément moteur de la création de la célèbre course à pied locale, le 17,89km de Crosne, en référence au Bicentenaire de la Révolution française. Une compétition qui fêtera par ailleurs sa 28e édition en octobre prochain.

Après cette première expérience qu’elle juge « très concluante et enrichissante », elle quitte Crosne et emménage à Montgeron. Peu de temps après cet épisode communal, elle choisit de passer un cap. Elle s’engage ouvertement en 2002 pour soutenir la candidature de Jean-Pierre Chevènement dans le cadre de l’élection présidentielle. « J’ai beaucoup apprécié l’homme, son intégrité, son parcours et son courage vis-à-vis du PS », raconte Martine Boulay, faisant référence au fait que l’ancien maire de Belfort se soit présenté face à Lionel Jospin notamment. « Durant quelques mois, j’ai fait sa campagne au service communication à la Cité Paradis de Paris. Il était souverainiste, patriote et républicain. Il voulait mettre la République au-dessus des partis. Des choses que je partageais pleinement ». Mais suite à ce scrutin où le candidat va finalement recueillir 5,33% des suffrages, le parti de Jean-Pierre Chevènement se fond au sein du Pôle républicain dans la perspective des élections législatives prévues le mois suivant. Et pour Martine Boulay, c’était trop. « On ne peut pas dire tout et son contraire. C’est pourquoi j’ai choisi de quitter le mouvement ».

Riche de cette expérience, la Montgeronnaise ne va pas attendre très longtemps avant de se mettre au service d’une nouvelle cause. « Entre mon mandat à Crosne et la campagne pour M. Chevènement, je suivais toujours ce qu’il se passait au niveau de la politique locale. Lors des élections législatives, c’est là que j’ai découvert Nicolas Dupont-Aignan », confie-t-elle. En effet, fraîchement élu maire de Yerres en 1995, l’homme alors encarté au RPR rafle la huitième circonscription de l’Essonne à Michel Berson en 1997, à la suite de la dissolution de l’Assemblée par Jacques Chirac. Plus remarquable encore, il est le seul à faire basculer une circonscription de gauche à droite à cette période. « C’était un jeune talentueux, j’ai commencé à m’intéresser à lui ». Il est ensuite réélu au premier tour en 2002 et en 2007 dans cette circonscription et c’est à cette époque que Martine Boulay s’engage auprès de lui. Les valeurs du souverainisme et du patriotisme présentes chez Chevènement se retrouvaient dans celles portées par celui qu’on surnomme alors NDA. « C’est finalement un parcours assez naturel pour moi », lâche l’adhérente de Debout La République (DLR), première mouture de ce qui deviendra alors Debout La France (DLF).

La quête des parrainages

Engagée dans la campagne présidentielle de 2012, Martine Boulay se voit attribuer un rôle encore plus important par NDA. Celui de devenir candidate aux élections législatives qui suivent. Elle est alors parachutée en Indre-et-Loire, du côté de Tours. « Je quadrillais toute la circo et je collais mes affiches moi-même. Parfois, des gens me voyaient coller, et ils regardaient l’affiche. Ils me reconnaissaient alors et ils m’interpellaient : ‘’alors comme ça c’est vous qui collez vos propres affiches ? Vous n’avez personne pour le faire ?’’ Je leur répondais qu’on faisait avec les moyens du bord », ironise-t-elle.

Ainsi, elle a assisté de près à la naissance de ce mouvement politique initié par le député-maire de Yerres et elle l’a vu peu à peu grandir. Si bien que pour cette nouvelle élection présidentielle qui se profile, son champion est une nouvelle fois en selle. Mais cette année, une nouvelle tâche lui a été confiée. « Étant à la retraite, je dispose de plus de temps pour la campagne, souligne-t-elle. On m’a donc intégré à l’équipe qui cherche les parrainages sur le terrain ». La Montgeronnaise a donc pris sa voiture et est partie sillonner quelques départements comme l’Orne, la Somme, la Marne ou encore la Seine-et-Marne à la recherche des fameuses signatures de maires ou de parlementaires, précieux sésames pour être candidat à l’Élysée. Une mission que celle-ci a prise à bras le corps pendant près de neuf mois. « J’ai débuté en mai 2016 en rencontrant les élus qui avaient soutenu M. Dupont-Aignan en 2012. Un premier travail de recherches s’imposait, car certains n’étaient plus au pouvoir et d’autres étaient même décédés ». Plusieurs jours par semaine, celle-ci arpente les routes de campagne de ces départements majoritairement ruraux. « Je peux vous assurer que je ne comptais plus les kilomètres », sourit-elle. Une période qui a particulièrement touché la « chercheuse de signatures ». « J’allais dans les villages, à l’écoute des maires de petites communes. J’ai pu voir les difficultés du monde agricole, et ça m’a émue ». En réponse aux inquiétudes des maires, la sexagénaire distillait alors les propositions de son candidat. « Ça n’était pas facile d’obtenir les parrainages, car certains maires ne voulaient pas avoir d’histoires dans leur conseil municipal, voire même dans leur commune. J’ai d’ailleurs rencontré des maires en présence de leurs conseillers municipaux pour tenter de les rassurer », affirme-t-elle.

Après avoir rencontré au moins 200 maires sur six départements, la militante de DLF a pu ramener une trentaine de parrainages au Conseil constitutionnel. « Les derniers jours avant l’ouverture des dépôts, j’ai refait un tour chez les maires qui avaient fait une promesse de parrainage, afin de voir s’ils allaient vraiment le faire. J’aillais même les aider pour qu’il n’y ait pas d’erreur sur les documents officiels. Écrire au stylo noir en capitales, pas de « T » à « Aignan »et un trait d’union entre les deux noms. Une faute aurait invalidé le parrainage ». Ainsi, son candidat a réussi à obtenir, assez rapidement d’ailleurs, la barre sélective des 500 parrainages. Une nouvelle campagne s’ouvre maintenant pour la militante. Entre meetings de son candidat, séance de collage et de tractage, la fin de la campagne ne s’annonce pas de tout repos. Pas de quoi inquiéter cette stakhanoviste, pleinement dévouée à son engagement et à son candidat.